‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 6 sur 202 · AU DIX-HUITIEME SIECLE XI · texte numérisé non relu

AU DIX-HUITIEME SIECLE XI

utopies. Ces utopies passent inaperçues en France, il ne vient k personne l'idée de les prendre au sérieux. Ce nest qu'en pays protestants : Angleterre, Pays-Bas, Allemagne, qu'elles seront traduites et commentées.

Les querelles religieuses entre jésuites eL jansénistes avaient ajouté un nouvel élément de faiblesse au catholicisme en troublant les esprits simples. Parallèlement le calvinisme n'avait pas progressé. Corps sans têle, il vivait par l'orgueil de ses adhérents et le zèle de ses pasteurs. Louis XIV venait de lui porter un coup fatal avec la révocation de TEdit de Nantes.

La noblesse et la bourgeoisie formaient encore un rempart solide autour du trône.

Telle était la situation en France, au point de vue religieux et social, à la fin du xvii" siècle. Elle se présentait dans des conditions meilleures que dans les dernières années du XVI*" siècle. Le libertinage des Théophile, des Des Barreaux, etc.. s'efTondrait avec Ghaulieu et La Fare dans Fépicurisme. L'esprit dit philosophique ou de libre-examen, lesprit antichrétien^ en un mot, naissait à peine. Le terrain sur lequel reposait la royauté était résistant, rien ne permettait d'entrevoir un cataclysme prochain.

Les idées, comme les plantes, nous l'avons dit précédemment, ne peuvent se répandre et fructifier qu'à la condition de rencontrer un milieu propice. Ce milieu, chez Ihomme, n'est autre, pour les abstractions, qu'une certaine débilité cérébrale manifestée par l'absence de toute discipline intellectuelle. Celui qui est incapable de maîtriser ses passions, se trouve dans l'impossibilité de distinguer le chimérique du réel. L équilibre de l'esprit naît, en efïet, de la maîtrise de soi, de la subordination des sens à la raison, d'une discipline volontairement consentie; il a son expression dans l'être normal qui prend pour guide le bon sens et l'expérience.

Le déséquilibre de l'esprit se manifeste par la domination

1. Le christianisme représenté par le catliolicisme est leniienii que l'esprit philosophique vise à abattre. La luUe n"a cessé contre la Papanté depuis deux siècles et la laïcisation n'a d'autre but que de déchristianiser complètement la France. Le christianisme est l'adversaire de tous les bateleurs et de tous les marchands d'orviétan qui, sous des formes diverses, exploitent la bêtise humaine.

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