‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 7 sur 202 · XII LE TRIOMPHE DU LIBERTINAGE · texte numérisé non relu

XII LE TRIOMPHE DU LIBERTINAGE

des sens sur la raison, par le refus de loule discipline, le mépris de la tradition et de Texpérience, en un mot par le dilettantisme. Il a son expression dans l'homme qu'on qualifiait au xvii'' siècle de « libertin ».

Comme la tète commande le corps, les souverains commandaient l'esprit public. Avec une tête saine, un corps sain.

Henri IV, Louis XIII et Louis XIV ont été des esprits équilibrés. Sous leurs règnes la noblesse — sauf pendant la régence d'Anne d'Autriche — a été consciente de son rôle : aussi le XVII*' siècle peut-il être considéré comme le siècle de l'ordre et de la mesure, lîoileau en quelque sorte le synthétise.

Le régent Philippe iTOrléans et Louis X^' ont été des déséquilibrés. En étalant avec cynisme leur libertinage de mœurs, ils ont entraîné dans cette voie néfaste les classes dirigeantes : la noblesse et la haute bourgeoisie'. Le xviii'' siècle a été le siècle du dilettantisme ou du libertinage.

Le germe de mort que contenait le calvinisme a pu alors se développer sans entrave, le libre-examen s'est exercé sur tout ce qui constituait les valeurs acquises et a mis en cause l'existence de la société comme celle de la religion^. Ni la royauté, ni la noblesse ne se sont sérieusement défendues. Au contraire les philosophes, aux gages des grands seigneurs, ont sapé l'édifice social et un gentilhomme du roi, A olfaire, s'est donné la mission d'écraser l'Eglise ; L'Infâme. Les ministres de Louis X\' et Louis XVI ont protégé les philosophes contre les défenseurs de l'autorité et de la tradition.

\. Avant la Révolution seules les classes cHriRcanles comptaient : clergé, noblesse cl bourgeoisie. Le peuple, en dehors de quelques grandes villes où se concentrait la vie intellectuelle, ne possédait aucune influence. I.c paysan, comme l'arbre des forets, vivait et mourait aux lieux où il avait pris naissance.

i. Pour ce qui est du proleslanlisme, le résultat n'est pas douteux : Aujourd'hui à Genève même — la Home calviniste — il est interdit de dcmander'au candidat au pastorat, s'il croit à la divinité de Jésus -(>hrisl Au pays de Luther, la négation est encore plus radicale. Le pasteur I.epsius écrit dans la ChrisUivhe Wclt (190a, p. 738). Q)ue nous <• resle-t-il du Jésus de l'histoire? Tout d'abord le fait qu'un » juif pieux, du nom de Jésus, a réellement existé, fait que la science ne saurait » infirmer; puis quelques propos, fables et anecdotes, qu'on ne peut dérober à ce n Monsieur,; enlin l'épisode scientifiquement établi, que cet homme a été exécuté, » enseveli, et que son corps repose encore dans sa tombe. Il y a aussi quehjue » chose à ajouter sur les causes de sa mort, i)ar-dessiis tout qu'il n'en a pas été » lui-mémp innocent. Une erreur entlujnsiasle l'a fait chuter; ça été une part de » cette illusion qui renferme l'idée du Messie et qui s'est étendue à lui, Par là, n malgré la piété de sa vie. Jésus a été la victime du conflit entre le contenu et la » forme de sa conscience! Pai.x à ses cendres. ! »

En fait nombre de protestants ne croient plus k la Divinité du Christ sans cesser, pour cela, d'appartenir à la rellgirm r'^f^rmcf.

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