Id. : à nud manque
Au berger qui parut aimable
A la femme de Ménélas.
Chez moi tous les amusemens
Ont encor une libre entrée* ;
Mais fut-ce une chaîne dorée,
J'en hais tous les attacheinens.
Pour toi, qu'un teint vif et fleuri,
Et la perruque bien poudrée,
Flattent d'être le favori
Encor de quelque migeorée;
Goûte l'erreur des passions, Etends tout au plus loin les bornes du bel âge :
La moindre de tes actions
Vaudra bien mieux que la plus sage
De toutes mes réflexions.
Moi, qui sens qu'à grands pas la Vieillesse s'avance,
Et qui. par mille changemens,
Gonnois déjà la décadence
Qu'apporte le nombre des ans,
Dans une douce nonchalance Je jouis du printemps, du soleil, d'un beau jour; Je vis pour moi, content que ma seule indolence Me tienne lieu de biens, de fortune et de Gour.
Si j'ai du goût pour quelque Belle^, J'y trouve du plaisir, et n'en crains point de maux;
Je ne veux que boire avec elle.
Et me moquer de mes Rivaux.
Revenu des erreurs, après de longs détours,
Gomme moi, vous aurez recours Quelque jour aux leçons de la philosophie. Qui ne déçut jamais le Sage qui s'y fie, Et dont j'ai si souvent éprouvé le secours. G'esl elle qui me fait avec tranquillité Regarder fixement le terme de la vie, Occupé seulement du soin de ma santé, De goûter à longs traits ma chère liberté Qu'une foule d'Erreurs m'a si long-temps ravie ^; L'Avenir sur mon front n'excite aucun nuage.
Et bien loin de craindre la mort,
Tant de fois battu par l'orage,
Je la regarde comme un port Où je n'essuierai plus tempête ni naufrage.
1. 1724 : Je permets une libre entrée | Dans mon cœur aux amusemens.