LES PLAGIATS DE MAIRET DENONCES PAR DES BARREAUX
Des Barreaux avait été reçu conseiller au Parlement ' le 3i mai iGao, au matin : voiri la note tirée des registres du Conseil :
Ce jour, la Cour, loulcs les chambres d'icollc assemblées, après avoir ouy et examiné maistre Jacques des Vallées {sic i)our\ eu de Testât et office de conseiller lay en la dite Cour, sur la loy à l'ouverture des livres et sur la pratique, a arreslé et ordonné
(i) Arcli. nat.. X'-^ igSg, registre non folioté à la date.
Il nous a été impossible de déterminer la date à laquelle Des Harreaux a cessé d'ôlrc conseiller ; on ne pouvait que reculer de\anl rinnueusilé de la lâche. Les registres du l'ariement mentionnent les réceptions des conseillers qui donnaient lieu à de petites cérémonies, mais on n'y trouve pas trace de leur départ ou de lem- mort. Or au conseil seul du ParliMueut civil les années iC38-i64o sont représentées par 3o registres.
i3-.:> LA VIE ]m: des iuRui:vr\. iGaj-iGaG
([u'il sera rcccu à faire cl picsicr U> sciniciit au dit cslal et (tnico. A rinslant 11' (lit des Vallées iiiaiulé a l'aiei le dil sermeiiL jure liilélité au lU)y el \ a esté receu. »
Il j-t'inplll mal ou plutôt il nv riMupJit pas Ju tout ses loiuiions. Jl jida au Icu. si on cmi croit TalU'iiiaul ', runiqiie procès (pii lui tut dislrihur^ :
(( Vovaiil lanl de «^rinbnua^e à déehilTrer, il |)rit tous les sacs cl les l)riisla Ions l'un après l'aulre. Les [)arlies ('-lanl venues ])()ur sea\()ir s'il les ex|)('dierail, bieuliM : (^ela esl lail. leui' dit-il, wc. jiouvant lire vosire i)r()ccs, je l'ay brnslc. - Mil nous sommes ruinées, dirent-elles. — >.'c vous affligez pas lanl, il ne s'agissoil ([ucde ccnlocus, les voylà. et jccroyen cslrc quitte à bon maiclié. Depuis il n'en voulut plus ou'i'i- parler et dis(jil plaisanuiient que le Hoy alloil j)lus sou\enl que lu\ au Palais. »
Est-co à cet rial (rcsjirit. assez rare liourcusiuiicul, ([u'il faut altrihucr le sonnet suivant, nous n'osons alïinner (pie Des l)arreau\ en soit rauteur. mais, à coup sur, il ne l'aurait pas (b^sasoué :
J'csiimc mon nu'fief moins (/ne rrlny d'un chien. Il me faut loua les jours lever à lu e/i(ui<{elle. D'un malheurcu.r proeès me eluuyer In cervelle, El souvent (jiii jilns csl . je n'y profile rien.
Je vis incessamment (tans ce J'àdien.r lien
Sans jioiivoir espérer au})r('s d'une cruelle
En c(,/dn/d mon tourmeid luy dire (ja'elte est belle,
Et 'jue seule elle fait mon repos el mon tjien.
(î) T.'iUcinaiil dos Uéaiix : UidorieUc de Des Bnrrcnu.r. T. 1\. DViprès l'irrrc F^cf,'()nz, consoillpr ail i'nrk'ineiil de l$our;^o<Tnc(Sii|)|)' du Mnin/iiniin), la soiimic lilijricnsc était de A on 5oo livres. Celle aiiccdole ani.iil lomiii à La (lliausséc le sujet de sa coinédic La Guaveriianle, i-\~.
(9.) Si on vovdail vérifier celte asserlioii de Talleinanl, il ('au<lrail dépouiller lous les arrêts rendus an civil el au criminel pour nue période d'environ (piinze années à raison de 10.000 arrêts par au. snil ir)o.o()o arrêts.
LA VIK DE DKS 15A IlKE.Vt \ , iGliO-lG'i; l33
Sifélois condamné sans aucune ressource A passer de mes jours la malheureuse course Sans attendre jamais un plus fortuné sort,
J'aimerais mieux quitter mon honoratde place. Et n'être point compté parmi ceux de nui race Que souffrir plus longtemps une pareille mort.
La fin préniaUirée de Théopliilc l'as ail iiiijHc.s.sioiiiié, il passe assez Iristeinent les derniers mois de ifiaG et l'été de 1627 à Paris. Dans riidervalle, le 7 ievrier 1637, il assiste, en qualité de cousin, rue du Foino-, paroisse de Saint-Séverin, chez le sieur Durand de Saint-Hillier. conseiller du Roi en sa Cour de Parlement de Paris, à la signature du contrat de mariage' de Philippe de Prast, écuyer% conseiller, notaire et secrétaire du Roi, audiencier dans la Chancellerie de Paris, avec Anne de Jouy, fille du premier mariage de Françoise Pidoux et de déhmt Louys de Jou} . seigneur de Chaufferye, demeurant en la ville de Goulommiers. Françoise Pidoux avait épousé, le 1 3 janvier 1G17, Charles de La Fontaine, maistre particulier des eaux et forêts de Château-Thierry, dont elle avait eu en 1621 l'immortel fabuliste, baptisé le 8 juillet. Anne de Jouy était donc la sœur utérine de Jean de La Fontaine. Le contrat précise que ce mariage se faisait contre la volonté du beau-père : Charles de La Fontaine.
(i) Nous donnons aux pièces jusiificalivos co toiilial do niariago |)airr (|n"il comble uno lacnnc dans riiisloii(Ml(> 1,1 faniillp do La l'onlaino. On i-jfnoraH jusqu'ici qu'Anne do JotiY a\ail ('iionsé l'Iiilippo do l'rasi ; co deinior élail niml avant 1600.
(3) La Biljliotiiè(|uo nationale possède une (piillance si-.'nèe IMiili|)pe de Prast, conseiller noiaire, sccn'-laiic du li(i> , ilalè'o de mai i(i:>7 P. O. 'ii^;!. pièce n° jg).
i34 LA vu: oE Di:s b\uhi:ai \. 1O27
A r.uiloiniic. il s»' (lrci(lc> à \ isilt'i" Tllalic (iii nord vl s'ari'rlr (Hi('l(|ii('s mois à Padoiic |)oiir \ siiiNrc les Icroiis (lu crlrhn' (li'riiioniiii '. Ce |)lii!oso|)li(' |);''rij)ali'li(M('n })i'oicssail (l('|)uis iT);)! à ccllr l nixcrsilr. Sa reiioiiiuiéc élail iinivci'scllc. (les rlcNcs de loiis les l^^lals civilisés, inal*^i'o son Liiarid àuc se jticssaicid autour de sa cliaiiT. a Loii^l('ni|)s a\an[ sa niorl, on roniposait vn son iionncnr des disti(|U('s. di's ([uaU'ains vl des dizains, des é|)i^ra})tics, des é|)ii:rannnes. des épilaplies on l'on proclamait en vers pom|»eu\ (|u'il a\ail de César l'àme aussi bien que le nom : (pTil était né })our rEnn)ii-e, (jne la foi'tune n'avait pu du moins lui enlever le sceptre de l'intelligence, que la nature avait épuisé tous ses j^fernies de vie j)Our le produire et autres exaj^éra lions ridicules'. »
Créinonini. en ayant soin de séparer la véi'ilé au sens péripatélicien de la vérité au sens absolu, ou, si on aime mieux, sinvant son e\j)ression, l'ordre des vérités relatives et mcnicuses de la science de l'ordre de la vérité inconditionnelle (pie la j'eli^ion seule peut nous décou-
(I) César Crcmoniiii, n(î en i55o à Cenlo dans le duché de Ferrare. Après rachcvemenl de ses hiiinanilés. il (-tudia le droit à l'Lniversilé de Ferrare et prit le bonnet de docteur. Il obtint une chaire à Kerrare et y professa jusqu'en lôgo avec nu grand succès. En i5(ji il monta pour la preuiicre fois à Padouo dans la seconde chaire de pliilosophie, celle de Piccoloniini. 11 avait alors 4i ans. Kn lOii, il jjassa à la preniièrc chaire et d'année on année son autorité s'afhiina davantage. (Jrénionini mourut en lO.ii. i l.éopold Mabilleau : Etude hisloruiue sur la pldlosoplilc de la Renaissance en lUdie, Cesare Crêmonini. Paris, Hachette, 188 1;
(u) (Juy-Patiu parle du séjour de Des Rarreaux en Ilahe : « On dit qu'il avait quehpie grain (de libertinage» avant d'aller en Italie ; mais, à son retour, il esloit achevé. In rieur disoit que la troj) grande conversation des moines l'avoil gâté ». Dans une autre lettre (18 juin i()()(i). il ajoute: «il a vescu de la kccio de Cri'-niDuini : point de soin de lein- ànie cl guèrcs de leur corps. »