DE J. VALLEE DES BAUREALX O
Ce n'csl pas mallicureiisemciil toute l'œuvre de Des Barreaux. Nous n'avons reneoutré aucun des manuscrits signalés :
jo Pjjj. YoUairo (Les ccriraiiis français du siècle de Louis XIVj :
« Ces petites poésies sonl encore entre les mains dos curieux, elles sont toutes assez hardies ».
2" Dans le (jitidogue des livres pvoveimns de la bibliot/ièque M. L. D. I). L. 1 . (M. le duc de La Vallicrc) disposé et mis on ordre avec une table alphabétique des auteurs par Guil. Franc, de Bure le jeune, 1707- 2 vol. in-8, t. I :
27G5. Recueil de différentes poésies de divers auleurs, Clément Marot, Des Barreaux, SaintGelais et autres avec quelques lettres de Conrart et de Ikdzac. Ms. sur papier de la fin du xvn' siècle, in-/i, vélin.
Ce recueil était inscrit sous le n" 5o dans le Cat. Barbazan des Ms. La Vallière et suivi du n" suivant :
5i. Autre recueil de différentes pièces franroises et latines des mêmes auteurs. In-/i, xvn" siècle. {Cat. Ms. de l'ArsenaL t. VIÏI, Histoire de la Bibliothèque)
Pierre Le Gouz, conseiller au Parlement de Bourgog-ne, a été plus explicite que Voltaire :
(( M' Des Barreaux a fait de beaux vers et de beaux sonnets. Il excelloit dans les ouvrages de débauche. Il a fait, dit-on, autrefois une pièce de théalre, je n'en sais pas le titrée »
(i) Supplément du Ménagiana par Pierre Le Gouz, art. 177.
Guéret dans sa Promenade de Sainl-Cloud parle égaleuienl des vers de Des Harrcaux :
« Apparemment, inlerrompis-jc, cet liomme (Donneau de Visé) ne va point sans tablettes. Mais je lui conseille vuie autre fois de se mieux servir de ses larcins, et de leur donner au moins un tour de sa façon, sinon qu'il fasse comme Ménage, ([ui, de bonne foi, adopte les œuvres d'autrui, et qui s'est rendu le compilateur de toutes les pièces fugitives.
» \ous lui dounez là, dil Oronle, un expédient admirable. Pour moi. je serois d'avis que tous ceux qui n'ont pas le don de travailler en neuf se mêlassent de ce métier-là. Au moins le Parnasse, s'il est permis de parler ainsi, pourroit un jour avoir ses fripiers, et l'on trouveroil dans leurs uiagasins quantité de vieilles pièces qui ne laissent pas d'être belles, quoiqu'elles n'aycnt plus la grâce de la nouveauté. C'est là qu'on iroit quelque jour chercher les
b LA DECOUVERTE DES POESIES
Lanlin. également conseiller au l^ulenicnt de Boui-gogne, Tavail entenda réciter ses vers :
(1 II m'a dit de fort beaux sonnets et de forl hiaiix \('rs ciili-'aulres sur l'Autour de la Nature qu'il appeloit rAmc dit niniidc. 11 ou a l'ait suad'autres sujets (jui doixciil èlre supprimés qu()i(ju'ils soient pleins d'esprit'. »
Nous u'avons pu retrouver ni la pièce de théâtre dont parle Pierre Le Gouz, ni les stances dont parle Lantiii dans les([uellcs Des Barreaux appelait l'Auteur de la Nature l'A /ne du monde, ni le désaveu - de son fameux sonnet : Grand Dieu ! les jinjenirns sont remplis d'équité, indiqué par Brossette dans ses notes de l'édition des Œuvres de Boileau de 1716, ni l'élégie dont il est question dans la lettre de Théophile-^, ni la chanson, mentionnée par Tallemanl. qui a servi à Biaise Pascal à synthétiser les doctrines philosophiques de Des Barreaux :
El, pur ma raison, je bulle A devenir teste hrutte ^
vers do Des Barreaux, les galanteries de Bcnsorado, les épigrammes do Bussylîabutin. les naïvetés du Duc ***, et les bons mois de Bautru ; et cela vaudroit mieux i{\\v « les Nouvelles galantes u, et ([ne la « clef » qui les a fait vendre » .
(i) Laiiliniana, art. 3 12.
(g) Edition des OEuvres de Boileau de 1716, T. I, p. i'i:i, note: « Il a fait de fort jolies chansons et quantité de vers françois et latins qui n'ont pas esté imprimez. Le fameux sonnet de piété (jui conunonc" i)ar ce vers : Grand Dieu tes Jiujemens sont remplis d'éfjiiilé, a toujours passé |)our être l'ouvrage de Des Barreaux. Cependant il so fàclioil tout de l)on quand on lui en parloit, il lit même d'assez mauvais vers franc^ois pour le désavouer, (pioique d'ailleurs ce sonnet soit fort beau. »
(3j Celle lettres, d. est de iGiS ou i(")i(), ou la trouvera p. a.'i.
(4; Hislorielles de TalleinuiU, T. 1\ , p. 02.
M. Perrens dans Les Liberlins en France au xvn" siècle, 1899, a voulu libérer Des Barieaux des deux vers cités ici : « (^)uels satellites découvrons-nous autour d'un astre de si petite grandeur '? D'abord cet oncle (François ^ allée, seigneur de Chenaillcsj qui le devait plus tard frustrer de son héritage, auteur plutôt que lui de ces deux vers accablants pour l'école d'où ils sont sortis:
El par la raison je butte \ devenir bestc brutte. »
Ils appartiennent si bien à Des Barreaux que Pascal ) a fait allusion dans le Titre XXI : Gonlrariclés étonnantes, etc.. de ses Pensées (\). -îSC) de l'édition
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Nos recherches ont élé aussi infruclueuses en ce qui concerne :
I" La poésie à laquelle il a l'ail lui-même allusion dans les vers suivants :
Tenant plus du néant que Ion. ne fait defestre. Je l'ay dit autrefois et tnen moins en saison ^
2" La pièce « la Promenade du soir o qu'il avail [)romise par serment à Balzac, d'après la lettre de ce dernier du laoctohre iG^i. 3" Le sonnet dont le ])remier vers :
J'ay toujours craint la Mort, et je la crains encore
cilé par le hon Etienne Martin de Pinchesne. ami de Des Barreaux et correspondant à Paris de l'archidiacre Costar qui lui adressait régulièrement des chapons du Maine pour être mangés à sa propre gloire. Le nom de Des Barreaux n'est pas prononcé, mais la réponse de Pinchesne le vise certainement :
VOl R RÉPONSE A UN AUTRE (SONNET) COMMENÇANT :
fay toujours craint...
Ile bien, vous craignez donc ce que Nature abhorre, La Raison, ny la Foy ne vous sçauroient guérir De la terreur qu'enfant vous eûtes de mourir, Et qu'en âge avancé vous conservez encore.
Cet efTroy du tombeau lout Aivanl vous dévore, El pour une icy bas cent fois vous fait périr ; Périssez donc cent fois, et songez à pourrir. Plus (|uc l'EsUe iinniorlel que votre Esprit ignore.
Gazicr): « Celle guerre inlcrieurc de la raison contre les passions a fait que ceux qui ont voulu avoir la paix se sonl partagés en deux sectes. Les uns ont voulu renoncer aux passions, cl devenir dieux ; les autres ont voulu renoncer à la raison, et devenir bêtes brutes (Des barreaux). Mais ils ne l'ont pu ni les uns ni les autres ; cl la raison demeure toujours, ([ui accuse la bassesse et l'injustice des passions, et qui trouble le repos de ceux (pii s'y abandoiinonl ; et les passions sont toujours vivantes dans ceux qui y veulent renoncer. »
(i) Ces deux vers sonl exlrails du sonnet : Mortels, ^yui vuns cruye: (jnand rotis venez à tidislre.