O LA DECOUVERTE DES POESIES
Si ce chagrin vous plaist. je consens qu'il soil tel. Vous serez, le suivant, un homme naturel. Qui f^'^ouslcrcz ini sort que personne n'envie,
Alais si vous m'en croyez, vous feriez un eriorl. Vtmr mieux jouir d'un bien que l'on gouslc on la vie, Kt que l'on ne perd pas encore après la morl '.
Enfin les poésies latines de Des Barreaux dont parle lîrossclle dans une noie de l'édition de 1716 des Œuvres de lioilcau : « Il a fait de fort jolies chansons et quantité de vers françois et latins qui n'ont pas été imprimez... » ont échappé à nos investif^^ations plus encore que les poésies françaises, les manuscrits de ce genre étant beaucoup moins nombreux dans les grandes bibliolhèques publiques. Il est une pièce cependant qui vaudrait la peine d'être réimprimée, c'est le portrait de Des Barreaux fait par lui-même et dont il est question dans la lettre de l'abbé d'Olivet à Voltaire du lô janvier 17G8 :
(( En ce Icmps-là (vers lijOo) ce fut une mode que ceux qui se piquoient de savoir écrire, fissent leur portrait en vers ou en prose. Vous connaissez le Recueil dos portraits de S. A. Mademoiselle de Montpensier... Des Barreaux avoil fait son portrait en vers latins, dont voici le dernier :
Tartara non mcliiens, non assectatus Olympwn (Sans crainte de VEnfer et sans souci du Ciel)
J'ai oublié le reste -... »
On voit qu'il reste à glaner dans les manuscrils du temps d'assez nombreuses poésies françaises et latines du Pi'ince des Libertins du xvii" siècle.
Terminons en réfulanl par avance une objection qui pourrait être soulevée :
(1) Cette pièee fait partie d'une série do sonnets qui paraissent avoir été écrits par Pincliosno on réponse à ceux do Dos lîarroaux (OEiivrct^ iiic^lrcs, 1679, p. 1^7 à 1A8).
l'a) Nous donnons le texte intégral de cette lettre à l'Appendice dans rarliclc : Voltaire el le sonnet du Pénitent.
DE J. VALLEE DES BVRRE.VLX 9
Pour([uoi le llccueil de Conraii qui nous a conservé di.v-sept pièces de Des lîarreaux dont dix seulement se retrouvent parmi les vingt-neuf du Uecueil de 1GG7, II" p., attribuées par nous à ce Poète, ne rcnferme-t-ilpasles dix-neuf autres ^ du dit Recueil? Tout simplement parce que les pièces écartées ont. en presque totalité, une tendance impie, elles sentent le fagot. Or, en 1667, cinq années à peine s'étaient écoulées depuis rcxécution de Claude Le Petit, étranglé puis brûlé sur l'accusation d'avoir publié dans un livre infâme (Le B... des Muses) des poésies contre la Sainte Vierge-. Cette terrible répression inscrite dans les lois explique que ni Conrart ni les éditeurs parisiens n'aient osé donner asile à une verve compromettante. Voilà, à nos yeux, la raison pour laquelle les sonnets et certaines stances de Des Barreaux ne se lisent que dans un recueil imprimé à l'étranger avec le nom d'un libraire imaginaire: Pierre du Marteau 3, pseudonyme sous lequel se cachait alors Daniel EIzevier, et dans quelques rares manuscrits.
(i) Il y a en tout 5i pièces, les dix-sept du Rec. de Conrart et les trentequatre autres que nous avons découvertes et attribuées, sans compter les deux douteuses.
(3) Nous comptons comprendre Claude Le Petit dans le second volume des Disciples et successeurs de Théophile de Viaii.
Voici quelques sentences du Cliatelet, confirmées par le Parlement, rendues en 1G57 :
9 janvier 1607, Denis du Bois, galères à perpétuité, pour avoir juré le nom
de Dieu.
iG avril — Bonaventure-Pierre Joly, pendu et étranglé en place de
Grève, pour jurements et blasphèmes.
38 mai — Denis Anibroise, dit le Turc, peine du fouet avec amende
honorable devant Notre-Dame et devant Saint-Paul, et
9 ans de galères, pour blasphèmes, l'i juin — Alexis Lageau, amende honorable devant l'église Saint-Eus-
tachc et 3 ans de galères, pour blasphèmes et jurements.
(Eug. d'.Vuriac)
(3) Léonce Janmarl de Brouillant : llisloirc de Pierre du Marleaa, imprimeur à Cologne. Paris, i<S8cS, in-'i.