‹ Disciples et successeurs de Theophile de ViauChapitre 8 sur 96 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

L\ FAMILLP; DK DES BARREAUX. LE JEUNE VALLEE FAIT SES HUMA- NITÉS AU COLLÈGE DES JESUITES DE LA FLÈCIÏE. DE RETOUR A

PARIS, IL FRÉQUENTE IIlÉUOSME ET FRANÇOIS LUILLIER ET FAIT LA CONNAISSANCE DE THÉOPHILE DE VIAU AUQUEL SON PERE LE RECOM- MANDE. LEUR CONFRATERNITÉ LITTERAIRE.

(lôgg-iGiS)

Jacques Vallée, seigneur Des Barreaux:, naquit à

Cliàleauneuf-sur-Loire. Voici son acte de l^aplème ' :

(( Le lundi 6""" de novembre lôgg a élé bapLizé en réglysc de Mons. Saint-^Iartial de GIiastcauneiif-sur-Loyi-e, Jacques Vallée, {ils de Monsieur du Dhuy, conseiller du Roy en sa cour de Parlement à Paris, el de Damoisclle Barbe Dolu, ses père et mère, et ont esté ses parrains Messire Jacques Vallée, sieur Des Barreaux, conseiller du Roy en ses conseils et intendant de ses finances, seiii'neur de Cbasteauneiif, son ayeul iiateriiel, et dame ^larye Vallée, vculve de Messire Robert Miron, vivant, conseiller du Roy en ses conseils et intendant de ses finances, sa grandianlc paternelle. Sijn-. ATerlin, curé; M. Vallée; J. Vallée. »

Il apparlenail à une i'aniille riche el 1res esliniée. Son Liraii(l-|)ère Jac(|ues Vallée I, sieur Des l^arreaux, de

(1 I l'iHiliii l'.iiis. comme tous les mlaclcurs des die liumiiiiirs l)iom;iplii(|iirs, ;i lail nailicà loil Des Barreaux en iliua.

la I-A FAMIM.E ni; DES BARREAUX

C-liAlraimciir cl de ( 'JuMiailIcs. coiih'<M('iir liciuM'al des linaiiccs. avail joui de la ronliauccdc llciiri III cl de celle de son successeur. Vu eoinmeiieeincnl de son règne, Henri 1\ lui écriNail souNcnl de sa propre main ponr des a lia ires inipoi'laîdes. Il eul heaneoup de pai'l auxdonseils (pie le roi lenail souvenl elle/ lui '. Sa l'orlnne. d«\jà considérable. a>ail élé accrne |)en(laid sa lonune cai'rière, elle s'élail en onire grossie d'une parlie des biens ' d'un de ses frèi'cs (Jeoll'roy Vallé(\ siiun- delà Plancludle', Ijrnlé^ le () février 157^' [nnw nn livre! de liuil leuillels.

(ij l')ibl. nnt.. Ms. fr. i^oiS: Mallres des requêtes dejtnis ]o75 jusqu'à /722.

(3) Srs deux sciMirs : Mario Vallée, femme de Robcrl Miioii, con^oillor du roi, et maîlre ordinaire de sa (Chambre des comptes, et (Jaude Vallée, fciiiine de (Claude Bracbel, sieur du l'ort, lui avaient abandonné leur part sur la doualioii qu'avait l'aile Henri III des biens de CieolTroy dallée, le condaunié, aux membres de sa famille :

Uonalion de Marie ^ allée... à Jacques \ allée I, sieur Des lîancaux. son frère, des droits cpii lui a|)parlienuenl sur le don fait par le roi à .lac([ues, Claude et Jean Vallée des biens de (leolfroy ^'allée, leur l'ière, 1 i a\iil li)-;'-). Arch. nai., ^ ii(i. fol. '^iiS.

Donation de Claude \allée... à .laeciues Vallée I, sieur Des liarieaux, son frère, des droits (lu'elle a sur une portion des biens ayant appartenu à Ceoffroy \ allée, sou frère, ao déceiubre i.")7'i. Arch. nat. Y iiO, fol. 7a.

La même donation au même des droits lui appartenant sur le don fait jiar le roi à elle-même, au dit .lacqucs \ allée, à Marie ^ allée et à .lean \ allée des biens de Ceoirroy A allée, leur frère, 12 avril 157.-). Arch. nat., V 11 G, fol. 21^7 verso.

D'après ces actes, il semble (pie sa tioisième sœur, Cérardc N'allée, fennue de Aruauld, procureur jxénéral à l'ouraes, était morte avant 1.57;"), puis([n'elle n'y est pas nienlionnée.

(3) Ceolfroy \ allée, sieui'de la l'Ianchetle, né vers i.")r){),uu des six enfants de (ienlTroy ^ allée, sieur de Clicnailles, seciétairo du roi, contrôl(>ur du domaine d'Orléans, et de (iirardc Le Berruyer, fille de Pierre Le Berruyer, seigneur de la Corbinière, avocat du roi, et de Claude llillaire, lille de Jean llillaire et de Claudine Compain. (Jirarde Le Berruyer était su'ur de Marie Le Berruyer, femme de Claude de Laubcspine.

Ci) D'après la notice de M. Mouan {llidleAin du HihUoidtilr, iS'>9., p. (iia), Ceoffroy Vallée était faible d'esprit et sa famille l'avait doté d'un curateur.

(5; Nous reprodui.sons à VAppeiidicelc texte de l'arrêt de condamnalion.

L\ FAMILT.E DE DI^S nVUHF.ALX. 10

suspcclé d'hérésie : La lii'dliludi' des (Hircslicns ou le hlco de la Foy '.

Son |)(M'c, conseiller an i^arlcineiil de l^aris en iT);)."), jiiailredes reqiièlcs en idor). |)rr.sid('iil au (irand (Conseil, avait épousé Barl)oDolii, fille de François Dolu % j)i-ésidenl de la (]lianil)r(5 des Goniples, et de Catherine Le Picarl. Des Barreaux était l'ainé de ses dciiv sceurs :

Marie Vallée, inai'ié(> par eonlrat du '^o août i()33 à Pierre Viole, sieur du Glicniin, conseiller an Parlement, ini (les plus fougueux: Irondcurs contre Mazarin. Sa dot fut de t5o.ooo livres tournois i)lus 200 [)erles estimées 'i/\oo livres'. File nionrut en février i()()'^, sans j)ostérité\

Et Elizabetli Vallée ^ dont, encore écolier, il fut le parrain le 8 mai i6i3, mariée par contrat du 9 4 février 1G37 à Jacques Favier, sieur du J5oullay-ïliierr\ . con-

(i) Ce livret qui .ivait paru on i')-2 fut payé 8ôo livres à la voulc (iaignat par le duc de La V alliorc. 11 a élc réiminimc eu 1780 et eu 18G7. Une analyse CM a été donnée dans le Bnllelin du Bibliophile, i85a, p. ()i'2.

(3) François Dolu était le fds d'un riche marchand de soies. Il est forlenienl malmené dans un Pasqiiil de iGcjo (i5ib!. uat., f^oll. Dupuy, vol. 88'i, f. Sqô.)

(3; On trouvera le texte de ce contrat de mariage à ÏAppendice. Xous n'avons rencontré (pi'une signalure de Pierre N iolc sur un reçu de lO^i, il nous a servi peur établir l'orthographe exacte de son nom.

(^1) << Les belles idées de sa personne forment dans les cœurs un feu qui ne se peut csteindre tant que l'on en garde le ressouvenir. » (Le Mérite des Dames par le sieur de Saint-(iabriel, iGOo)

(5) Elizabeth ^■allée, sous le nom de la Dcsiiarrcaux, a été l'objel de couplils saliri((ues dans les I{o(jnenliiis de la Cour [WilA. naf., fonds fr. i-^'iiji, p. l'ini, sous la dale de i()3'i (date erronée), ils oui été couq)osés ii\ant son mariage. Ils lui |)rèlent une liaison avec Des Marels(^ce Des Marcis doit cire le troisième lils de Madame Desloges, mort le i") décembre 1G37 au siège de Hrédai cl ils ajoutent :

(lelle pelite punaise Dont la mine est si mauvaise.

Porte un pacpu'l sur son dos Où tout son bien est enclos.

l6 LA JELNESSK DK DES BARREAUX. l3()9-lGl8

scillcr (kl IloN en ses conseils, et iiiailre des i-e(juéles ordinaires de son Il(')lel. elle ne lui avail a|)])orlé (jue i35.ooo livres lonrnois'. Elizabelli nionriil en déctuidjre i()8(). laissant deu\ lilles. Anne Favier, l'ennne de François Le Yenenr, eonde de Tillières, deCarouge, etc., déeédée 1(> 3o mars t-()''|. et Angéli([ue Favier, femme le 1^1 décembre \(')-i de Denys Talon, avocat général, })uis président à mortiei-. sajis enfants.

Des Barreanx fd ses hnmanités au collège de La Flèche, sous la régence du Père Etienne Cliarlet. S(>s maîtres, le*s Pères Caussin \ Petau et, en pîu'ticiilier, le Pèi^e Voisin ' dont il devint l'élève préféré, discei'nèrent en lui u\\ esj)ril supérieur^ : il montrait des (lisj)ositions evlraor dinaires pour la poésie latine \ C'est lui-même (pii a l'acoidé à Roileau ^ que le Pèi*e Çaussin })onr exercer ses écolicF-s employait souvent la dernière demi-heure de la classe à leur faire faire des A^ers dont il leur donnait le

(i; Nous donnons an\ [)iôccs Jusli(icafi\cs deux cxlrails do son conlral do niariafro.

(■?) Lo Vire finussin avait élô au rollôj:o do La Flôclii» on niônio lonips que le Porc Pclan, soit dr ii')r>. à iC)!.'), ils riiiont tous doux los profosscurs do Icllros do Des lîanoaux.

(3) « Des IJarroaux avait ôlô anlrofois écolier du l'ère A oisin à La Klèchc el frrandeinent anoclionno do lui jusqu'à le nieltrc à la perle du noviciat. » (Mémoires de Garasse, éd. Nisard, p. 7S)

(V) Pierre Raylo. Diclinnnairc critique, art. Dos Hnri'oanx. ri"apros los notes qui lui ont été communiquées par la famillo ou los amis do Dos lîarroaux.

f.j; Kn fait do vois latins do Dos lîarreau.x, on ne comiait que '1 vois et le dornier vers de son portrait cité tians une lettre de Pabhé d'CJlivol.

(0; Récréalioiis lilléraires ou anecdotes el reinar(iues sur dllp-rcnls sujets recueillis par M. C. li. (Cizeron-liivalJ . I^aris cl Lyon, i7()5. in im, p. \->.>..

LA JniNESSK DE DES lîAUUEALX. lÔQjj-lOlS I "J

sujet, l 11 joui- il leur |»ai'la des i-aisiiis pL'iiils j)ai* Zruxis, et qui étaient si jjeaux que les oiseau \ les venaient becqueter. Voici les vers clc Des l^ai-reaiix, ils lui-ent trouvés (lignes (lu siècle d'Auguste :

Cer/iis al aiirrolis ri<lrl diffusd cori/nhis Vinea, et haiic circiim pendillas errai hoiios Ars dcdil haie uvas : sed si nalavn dedissel, (jelieolis nectar J'andcrr dit/aa fait ^

Comme l'entrée du jeune Vallée dans la Sociétéde Jésus entêté aux yeux des lions Pères une sorte de réparation des hérésies de son grand-oncle (xeoilroy Valh'e '. ils inultii)lièrenl leurs efl'orts jiour le décider à rencjncer au monde. L'opposition de la famille et surtout le mancjue de vocation du néojihxte empêchèrent la réalisation de ce dessein '. (xarassus affirme qu'il alla presfjue jusqu'au noviciat ".

Etait-ce de l'atavisme ? Beau comme (ieoffroy A'allée surnommé « le lieau Vallée ' ». tourmenté comme lui du

(i; Trad. : Vois comme rit cette vigne éparse en ses grappes dorées, comme partout pend au hasard sa parure 1 L'art lui a donné ses raisins, si c'eut été la nature, digne serait-elle de verser le nectar aux Dieux !

(2) Voici cpielques afTirmalions de GeollVoy \ allée :

« On doit croire en Dieu, mais ne pas le craindre ->. « La crainte et peur de Dieu » qu'on enseigne à l'homme « dès la mamelle » lui ostc l'intellect ; « le Credo et la Foy » sont deux beaux échantillons pour rester toute sa vie docteur de Dame Ignorance ou de la Foy ». « Les religions ont observé d'oster à l'homme la félicité du corps en Dieu afin de le rendre toujours plus misérable, et que le meilleur soit pour eux ((pii les ont inventées) ou pour ceux qui les maintiennent ". « Le l'apisle est si bêle (pi'il dit et croit que le bien soit le mal, et le mal, bien ». (Jn avouera (pie de telles i)roposilions étaient faites pour mener leur auteur au In'icher à une épo([ue où toutes les atta(pu"s contre la religion étaient réprimées avec une extrême rigueur.

(li) Pierre Bayle, DicUonnnire criliiiuc. arlicle Des liarreaux.

(4) Mémoires de Garasse, p. 7S.

(h) (ieufroy <lc la ^aliée (pour Nallée;. orléanois, surnouuné « le beau Vallée » (BibUolkéiiue franroise de La Croir dn Maine. T. L p. ■>■'-, éd. liiijoU'Y de Jnvigny).

l8 L.S. JEUNESSE DE DES UARUE.VLX. l^QQ-lGlcS

désir (le sorlir des clicniiiis Ixilliis. il dcNjiil jidojilcr Ja iii;uiirrt> d(> vivi'c la ])liis (''loii^néo do r(^sj)ril du clirislianismc. Par une sorte d'ironie, il choisit celle (|iii élail aiiv antipodes des idées prêtées ])ar Garassiis à la victime du l)ùclier de 157^1 :

(1 II (ri('ofTi-oy Vallée ') soulciioil quil n'y avoit autre Dieu au monde (|ue de maintenir sou corps sans souillure, el eu ellel, à ce qu'on dit, il éloit vierge de la même façon que les Frères de la Croix des I\oses, et les Torlaquis de Turquie : il avoit autant de chemises qu'il y a de jours en raniiée, lesquelles il envoyoit laver en Flandres à une certaine fontaine renommée pour la clarté de ses eaux, el le blauchissement excellent qui s'y faisoit : il éloit ennemi de toutes les ordures de fait et de paroles -. »

ITT

Des Barreaux, ses études terminées, fut présenté par son pore, do mœurs peu sévères, à son ami Hiérosme Luillicr ', procureur général de la CJiaml)rc des Comptes, dont le fils François, lié avccThéo])liile fut un des hommes

(i; Garassus ne noinnio pas GcofTroy Vallée tout en racontant son histoire; sa prudence ou la charité chrélieniio lui commandait de ménager une famille bien apparentée.

(2) Garassus : La Ijortrinc curieuse des beaux esprits de ce tciups... p. i'i3.

(3) ^■oir sur Hiesrome Luillicr et son fils François ïllistorielle de Tollemaut des Réaux sur Luillicr, T. IV, p. i()i, éd. Paulin Paris. Hiérosme Luillicr avait ('•té un instant, en iGoô, maître des requêtes en même temps que le ])crc de Des Barreaux, il fut ensuite (20 décembre 1G06) procureur général à la Chambre des Comptes et maître des comi)tcs le a;) janvier iCnc). Il eut nombre d'enfants dont un seul survécut, ïc fameux François Luillicr. La collection l>u[)uy (liihl. naL. Ms.) com{)rcnd un recueil en i3 vol. (S'|.VS57) formé par Hiérosme Luillicr avec Ictlrcs autograj)hcs et pièces anuolées de sa main.

Si les mœurs de Hiérosme Luillicr furent déplorables, il n'en a [)as moins été un magistrat indépendant et courageux dont la figure mérilcrait d'être mise en lumière.

LA JEUNESSE DE DES 15AUUE.VLX, lÔgg-lGl-S I9

les ])lus dissolus de son temps '. Le liasard le mit en présence du chef avéré des Uljerlins alors à l'apogée de sa réputation : Le carrosse de M. Deslandes-Payen ' contenant M. Deslandes, le sieur d'Olj^non-' et !e jeune Vallée, passait rue Saint-Honoré quand M. Deslandes aperçut Théophile dans la boutique du parfumeur Maurice. .1 la Croix du Tiroir. M. Deslandes dit à son cocher d'arrêter et envoya un des laquais demander au Poète s'il voulait se promener avec eux. Il accepta, puis ils allèrent tous quatre aux petites maisons du faubourg- Saint-Germain \ Cette rencontre fortuite n'eut aucune suite jusqu'à la visite du président Des Barreaux chez Madame de La Tourlaville où trouvant Théophile « il le pria d'admonester son hls en son devoir ^ ». A quel titre ce libertin méritait-il une telle mission de confiance? On l'ignore, on sait seulement comment il y répondit.

Sous sa direction, et uràce à l'atrection sinqulièrement

(ij François Luillior fut le père du poMc Cliaijcilc. Voici ce qu'en dit Talleniant : « ce fils ressemblait à son père (Hiérosme; au moins en deux choses, en garcaillerie et en inquiétude pour les charg^cs... 11 estoit un peu cynique, il disoit : « Ne me venez point voir un tel jour, c'est mon jour de b...l )). II Y mena son fils (Chapelle; <i et lui fit perdre son p... en sa présence » (T. ï\ , p. iga). François Luillier fut d'abord Trésorier de France à Paris. D'après le Recueil par ordre des dijjerenles charges de la Chambre des Comptes (Hibl. nat., ^Is. i'i07o), il y aurait été reçu maître des comptes le ly novembre i(333, probablenient en remplacement de son père.

(•?) Deslandes Payen, conseiller au Parlement de Paris, morl en iGG'4. Saint- Amant lui a adressé ses belles stances sur " La Pluye » et Maiire Vdam une longue épitre.

(3) D'Oignon ou Du Doguon.

(i) Tous ces détails ont été donnés par Théophile lui-même le a-? Jiovembrc iGa't, lors de sa confrontation avec le témoiri Etienne Delagarde de Hourges, dont la déposition avait été reçue par Pierre Bengy, lieutenant criminel du bailliage de lierry et siègeprésidial de Bourges, on la trouvera plus loin à sa date.

(b) Id.

20 i.v .nu NESsi; di: 1)i:s 1!aiuu;ai\. irxjfj-iOiS

ilém()iis|i-ali\c (|iril irMiioi^nail à l'aiiîial)l(' NalK'c. celuici (Icviiil le eorv|)hée (riiiie pelile li'()ii|)(> de vi\eiii"s ; il oui le pas siii" l(Mis s(>s et)m|)auii()ns de plaisir les P)()issal. les (îiiillaiiine Colielel. les Freniel(>. les iîrmi. les Saiiil- Aiiiaiit, les ]ieri*"croii, les iîoisiolxMl. les Uerihelol, les Molières (ri{lssei'lines'. (*le.. ele. (V noyau de jeunes ^-eus dv \mA\v sanlé. de helle mine el de l)ell(> lunneur (|ui ta(|uinai(Md j)lus ou moins la Muse — la |)luj>a!"l (Tenli'e eu\ avai(Md vu ou allaieni Noii' les j)i'oduelions de leur A(M'\ (M'\ ni(|ue. j)ael!i([ue ou amoureuse, insérées dans le (( Cabiiiel sal\ri(|ue^ )* (l^u'is, iIhS) (jui sueeédail au <( R(MMieil(les |)lus evcellens vers salM"i(jnes de ee lemps ». anlholouie do pièces obscènes de ré])0(fue. dans \c « l*ariiasse des plus e\(^>lleuls poêles de ce temps » (L\on, lîarllu-leniN \ncelin. i () i (S '). le a ( lai )inei des Muses ' » (Uouen, i()i()) el le t( Second li\re des l)(''!ices de la poésie IVançoise "^ » (iIc^îo) — se ^rossil j)eu à j)eu de nouvelles

(ij l'oiir li's (tMivrcs (lo l')()iss,!l. lîniii. S;iiiit-.Vni:inl. Pierre IJergcroii, Boisrobcri. (i. Colielel, !• lenicle. Molièics (l"l",sscrlines cl pour los sources à consulter sur 1,1 \ie de ces écri\aiiis. Noii- iioti'e Bihlioji'np'iie des recncili colku-lil's de poésies pitbliés (le 1M7 a HOif. '\ vol. in V-

(3) Le Cabinet snlyrupie renleinie (l<'s poésies de Colielel, de iîerllieiol et pi-obablemenl de Henjeron. de i'reitlrle el ûo Miilière< (i'EsKerliiws.

(3) Celte édition de Lyon, Harlliéleniy Vncelin, liiiS. irprodnil la pins -rande partie des pièces de; rédiiion de 1(107 ihi l'ariidssr <U'.< jiUi^ e.n-eUeii>. purl.es de ce temps, avec l'adjoncliou de poésies de l'ierre llerj^eron ; un calner supplémentaire de liS IT. donne les j)reinières pièces de ^nllioine l'rini de l)(")le. de Molières d'Esserlines el de Farel.

Ci) I-C C.abinel des ]liise.<, lionen, i(ii(), renferme les preiuièi'es pièces de Théophile, etc.

(5) Le Second livre des Déliées de lu poésie J'eaneoise pni)rK'' par .ieaii lîaudoin, iCcio, apporte des pièces nonveili's de ■|'h'i'op,|iilc, de Molières (n;ss<>rl ines, etc.. ele.. il inl suivi lui nié(li;iiciMenl d'inie edilion des Délires de hi poésie fr(in<;i,ise ou denii<'r renieil . auLMiieidi-i- el (liniinn('c, eoniprenanl le prennei' el le second livre cl conlenani (li> non\e!ies poésies de Molières (rivsserlines, etc., Ole mais les pièces de rii(''opliile en on! ('h'' volonlaiiemeni exclues; nous [);irIerons jjIus loin de celle suiipression.

LA JEL.NESSI-: DE DES BAUHEAl X. l5()9-l6l8 2 1

recrues : Cliarles Saiiuuiii el scjji fivi-e Saiiil-l\n ia, Durée. La PJ*^eoiiiiière le <>alaiil lieiilenaiil «général de Blois. Godeau, Louis Mandiiil%Fr. Ogier, Bardoiiville % etc. La Irovipe se réunissait assez rarement — sesnieinl)res voyageant volontiers — à la Pomme de Pin \ rue de la ,)iii\c'rie. non loin de \oh'e-l)ame. ehez la Coiffier, à la

(1) Voir sur La Pigeonnière, (îodeau, Manduit, notre Bibl'mjrnphie des recueils collcclip de poésies (1597-1700). Théophile a adressé des lettres en latin et en français a Charles Sanguin et à La l^igeonnière. — Guillaume Colletet a dit : « ...il faut avouer que M. de Sorbière et moy vismes des présences d'esprit merveilleuses et telles que moy-mesme je n'en avois pas veu de plus grandes, lorsque les Godeau, les Ogier, les Des Barreaux, les Bellot (Blotj, les Frenicle et les Mauduit s'en escrimoient si noblement en ma présence. (Les Chapons et les Gelinottes du Mans, chronique d'Estiennc Martin de Pinchesne (iG50lOGi) Paris, 1907, p. 197)

^I. Emile Magne a publié récemment vme curieuse vie de Boisrobert qui laisse bien loin derrière elle tous les travaux qui ont été publiés sur ce personnage : Le plaisant abbé de Boisrobert, fondateur de l'Acadénde J'rançaise. Paris, 1909.

(2) Extrait du Valesiana, iCh)!i, p. 01 : « .l'ai vu étant jeune MM. Des Barreaux et Bardouville, grands camarades. Ils étoient des disciples de Théophile. On chantoit dans Paris un vaudeville sur eux qui commençoit ainsi :

Des Barreaux, Bardouville, Par la Ville, Disent mots nouveaux.

« M. Bardouville éloit un gentilhomme (de Normandie) fort bien fait, et tiès brave de sa personne. Il se batloit souvent en duel. Un jour s'étant battu contre M... el l'aïant tué, ilfut pris et condamné a avoir la teste tranchée.» Ce Bardouville serait l'auteur de la Mazarinade : « Le Confiteor du Chancelier (Seguier) au temps de Pcàques. Anvers (Paris), iG'19 », 8 p.

Adrien de Valois était né en 1G07.

Henry d'Escars, sieur de Saint-lbal, dit à la naissance du fils de Bardouville ([u'il luy falloil mettre des entraves quand on le baptiseroit, qu'autrement il regimberoit contre l'eau bénite. (Tallemant, t. IV, p. /'19)

(3) Il est question dans les pièces du procès de Théophile du cabaret de la Pomme de Pin, du logis des Trois Cuillères, etc., et de l'Epée Royale à Saint- Denis. Aoirle Procès de Théophile, t, I. M. Ad. A an Bever a réuni des renseignements intéressants sur les cabarets de Paris au xvn" siècle dans la notice qui précède son édition des UEuvres poétiques de Dalibray. Paris, 190G. — Consulter aussi Albert de la Eizelièrc : Mns à la mode el Cabarets au XVIP siècle. Paris, 18G6.

22 LA ji:lm:ss1': di: oks i}auui:ai \. 1599-1618

Fosse aii\ T.ions rue du Pas de la Mule au Maiais. ou eliez CoriuiiM' (( Au (^.oriuier lleui'i ». j-uc des l'ossrs Saiul- (leruiaiu 1" VuxciTois pivs le Louxre. ele.. avee (|U('l(jues ^rauds seiLîueurs (llialais. ( Ilcrnionl-Lodrve. Rouei- du Plessis Liaueourl et sou frère La lioehe (juyou '. I^]ulre les verres el les brocs les uns elianlaieul leurs auiours, les autres eélrhiaieut le bon vin el la bonne ebèi'e, et Des lîaireaux j)lulosoj)liait avec tous s'ils voulaient rentendre. Déjà il se (listiuiiuait des siuij)les goinfres par un uoùl singulier, étant donné son âge elle milieu, pour les (pieslions de niélaplix sitjue. ebeirliant à découvrir el à e\pliqu<'r les scmmcIs de la nature. De telles li'é(|uentations désolaient Barhe Dolu. sa mère, pieuse cl sainte l'euinic. elle })leui'ait tous les jours comme une sainte Monique les d6j)orlenients et les débauches de sonfds'.

TV

A Paris, le disciple el le maître ne se quittaient guère, le jeune \ allée acconi])ai^nail souvent Tliéopliile dans ses frécpienls déplacements. Si leur séparation avait duré

( ij Tous CCS jeunes seigneurs sont cités par (iarassus comme étant des amis dévoués de Tliéophile.

Henry de Talleyrand, comte de Clialais, né vers iruj(), décapité le 19 septembre 1G2O, six jours avant la mori de 'riiéopliile.

Alexandre de Castclnau, comte de (Jiermont, marquis de Saissac.

Roger du Plessis, duc de La Roche (juyon, marquis de Liancourt et de Gucrcheville, épousa en 1O20 .leanne de Sdiomberg, séparée en 1G18 de François de Cossé, duc de Brissac ; il était fils d'Anloinelle de Pons, marquise de (juercheville, et de Charles du l'Iessis IJancourl.son second mari.

La Roche Giiyon (Fiançois de Silly, comte de La Roche (iuyon), frère utérin de Rogerdu Plessis Liancourt, était fils de Henry de Silly, premier mari d'Antoinelle de Pons ; il épousa Catherine Gillonne de (!uyon Matignon, comte, puis, en 1G21, duc à brevet de La Roche (iuyon, mort en 1O28.

(2) Mcmf)ires de Garasse, éd. Nisard, p. 78.

LA JEUNESSE DE l)i:s UARUEAUX. DQQ

cjuol([ii('s jours, le Poète de l^oussères réclamail à Des l^arreaux les stances qu'il avait composées, il ne se contentait pas de les loner par avance, il le félicitait de ses déboires amoureux qui Fol^liofcaient à se plaindre dans le lan«iaj4e des Dieux. On ne pouvait vraiment pousser plus loin la sollicitude.

(1 A Monsieur Dcsbarreaux, Envoyc-inoy, s'il te plaist, une copie de l'élégie et des stances que tu as faites depuis nostre départ de... Si lu ne te dclFies trop de ton esprit ou du mien, tu me les communiqueras, ou pour te loiier ou pour te conseiller sur ton ouvrage. Je ne sçay pas asseu rément s'il t'est facile de composer quelque chose d'admirable ; mais je croy bien qu'il t'est impossible de faire rien de ridicule. Le sujet qui t'anime est trop divin pour ne t'inspirer pas de bonnes choses : Et, quoy que pour l'amour de toy je me plaigne des rigueurs de Caliste, je lui sçay néantmoins bon gré de te les continuer, puis qu'elles nous font voir ces témoignages de la beauté de ton esprit, qui commence à payer comme il faut les espérances qu'on a conceues il y a longtemps. Ton très humble et très fidelle serviteur, Théophile K »

L'élégie est restée introuvable, voici les stances :

Moy, qui ne dors ny niiil nyjour, Qui suis déchiré d'un vautour, Qui suis au milieu d'une braise, Percé de tous les trcdts d'Amour, Moy, Caliste, que Je me taise ?

Accablé des jtlns rudes fers, Qu'un amant ait Jamais soujjcrts, M'oslcr la voix, c'est me conlrfdndre Plus qu'o/i ne J'ai I (huis les enfers. Où chacun a droit de se plaindre.

(i) Xoui'clles (viivri-s (le J'fu Tlirnpliilc... Paris, iCi'n, p. i

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