CONFÉRENCES IMPÉRIALES XLIX
Toronto et à Winnipeg, une conception impérialiste à ou-
trance : elle magnifie l’idée de l’omnipotence anglaise au
point de perdre de vue les intérêts des colonies, pour elle
‘ taillables à merci. Qu'on laisse faire les exagérés atteints de la fièvre, et ils auront bientôt fait de tarir le plus clair de nos ressources. 11 conviendrait peut-être de les abandonaer à leur mal, s’ils n’attaquaient pas la loyauté des Canadiensfrançais éloignés de leur opinion.
Si nous ne payons pas de tribut à la mère patrie sous forme de Dreadnoughts, la faute en est, disent-ils, à la province de Québec. Qu'importe à ces fanatiques que notre parlement ait accepté à l’unanimité la proposition de sir Wilfrid, substituant au projet d'offrir des cuirassés à l'Angleterre celui plus rationnel de créer une flotte canadienne à la disposition de l'Angleterre, les circonstances l’exigeant. On comprend bieu que les batailleurs impérialistes visent en ceci sir Wilfrid pour atteindre sa popularité dans Ontario. Ils se gardent d'expliquer que l’Australie fixe de la même façon que nous le secours à donner à l'Empire au moment du danger.
La cause des Dreadnoughts ayant été perdue, il fallait au moins laisser à Londres le commandement des flottes coloniales.
Retenir la direction sur des navires payés de nos deniers, ce serait encore un acte déloyal. Voilà l’idée qu’ils ont essayé de faire prévaloir à la Conférence de la Défense Impériale, tenue à Londres l’été dernier. Que vont-ils dire aujourd’hui que le Times, lui-raême, revient au projet élaboré
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ne é de
L INTRODUCTION
à Ottawa et à Melbourne ? Ecoutons ce qu’il disait, le 6 août dernier : :
“ Jusqu'à une date comparativement récente, l'existence d'un seul centre de force navale était suffisant pour la dé. fense de nos intérêts dans toutes les Parties du globe, Mais le problème est aujourd’hui différent, Nous sommes en présence d’un immense développement de ressources navales, non seulement dans un seul pays, non seulement sur une seule mer, mais dans plusieurs Pays et sur tous les océans; et il nous faut reconnaître que si la suprématie maritime, qui est l’air même dont vit l’Empire, doit être maintenue, elle ne peut l'être Par l’ancien moyen d’un centre unique de force navale, mais seulement Par un développement parallèle et coordonné de force navale dans les Pays autonomes sous la protection du drapeau. ”
On a fini par trouver en Angleterre que les ultra-impérialistes, comme les désigne le Times, dépassaient le but. Aussi la Conférence de la défense navale, où figuraient sir Frederirk Borden et M. Brodeur, s’est tenue, en ses conclusions, dans un juste milieu entre les militants outranciers et les partisans de l’inertie complète en matière de défense.
Ce sont surtout les journalistes de Toronto et de Winnipeg, dominés Par une influence occulte, qui poussaient à la défense, Peindre l'Angleterre en danger, quel thème ge prête mieux aux Phrases ronflantes ; mais les auteurs des dithyrambes impérialistes, qu’auraient-ils eu à payer dans l'affaire ? Rien, ou presque rien. Ils nous rappellent leurs confrères de Paris, qui, en 1870, à la veille de la guerre
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