‹ Discours à l'étranger et au Canada [microforme]Chapitre 59 sur 83 · CR RAT · texte numérisé non relu

CR RAT

. Préférait se fier à eux ; qu’il avait un

“ Les Métis sont une race excessivement sensible ; ils ressentent vivement l’injure ou l’insulte, et se plaignent tous les jours à cet égard. De fait, ils sont journellement humniliés par rapport à leur origine, par la manière dont on parle d’eux, non seulement

dans les journaux, mais aussi dans les ocuments officiels ou semiofficiels ”,

M. GIROUARD : — Quelle est la date de cette lettre ?

M. LAURIER :— Janvier 1879, Dans ce même document, l’Archevêque suggérait un plan au gouvernement. Il suggérait qu’une certaine étendue de terre leur fût concédée.

1] va jusqu’à dire :

“ Tous les Métis, hommes, femmes et enfants résidant au Nord- Ouest au 1er janvier 1879 devraient recevoir chacun deux scrips non négociables pour 89 acres de terre, à être choisis par eux dans lune des douze réserves sus-mentionnées, les dites terres ne pouvant être ni vendues, ni hypothéquées, ni taxées jusqu’à ce qu’elles aient passé par les mains d’au moins la troisième génération de ceux qui les recevront ou luurs représentants ”,

C'était 1à le plan suggéré par l'archevêque Taché au gouvernement. Le gouvernement ne l’a pas adopté ; il ne l’

leur établissement. Quel était ce plan à lui? Où est-il! Quand a-t-il été montré au pays ? Où at mêmes ? Je crois, de plus, que qu dit qu’il a un plan pour le règlement des réclamations des Métis, il se vante ; — mais c’est une vantardise vaine et inutile. L’ho-

norable ministre n’a jamais eu de plan du tout pour le règlement des affaires des Métis ; ou bien, s’il en a eu un i

sonne ne l’a jamais vu , il ne tenta jamais de l'exécuter, — et le plan de l'honorable Premier Hünisire

Bien plus, je dis ue, si le gouvernement n’a Pas mis à exécution le plan de Mgr ’archevêque Taché, s’il n’a pas réglé les réclamations des Métis, c’est Parce que le premier ministre était Opposé en principe et en pratique à l'extinction du titre des Sau- Yages, en autant que les Métis y étaient concernés. Je dis que la raison pour laquelle le uvernement n’a pas, de 1879 à 1885, réglé les réclamations des Métis, qui demandaient un octroi de terre, c’est parce que le premier ministre prétendait que les Métis n'avaient pas droit à un octroi spécial de terre, et je puis le prouver par sa propre bouche, Pas plus tard que le 26 mars, le premier ministre, parlant sur cette même question, s’exprimait comme suit :

“ Comme corps de nation, on a dit aux Métis que, s’ils voulaient Ôtre considérés comme des Sauvages, il existait des réserves plus considérables où ils pourraient aller s'établir avec les autres Sau-

sont pas satisfaits de cela. Ils veulent avoir des scrips de quantité égale, je crois, À peu près deux cents acres — et alors obtenir en plus, comme un Aroit qui va de soi, leur homestead par-dessus

On le voit, c'était là la politique à laquelle s’opposait le très honorab) premier, que les Métis eussent leur concession de terres en extinction du titre des Sauvages, et fussent alors libres de s’établir librement sur les terres du Nord-Ouest. Ce principe que combattai. l'honorable ministre est le même principe qui a toujours prévalu dans nos statuts depuis 1870 et par l'acte de 1874, qui complétait le premier, une concession de terre était faite aux Métis uniquement en ext: action du droit des Sauvages, et le Métis, après avoir reçu son scrip pour sa terre en extinction du titre indien, avait la liberté, comme tout autre sujet de Sa Majesté et même comme tout étranger, d'aller au N ord-Ouest s'établir sur

DE SiR WiLFRiD LAURIER 183

refusait de se rendre à cette prétenti laquelle, de 1878 à 1885, la question Pai l’honorable premier ministre.

du gouverneme i

compensati i dien,

la prendre individuellement, et que c’est là la seule différence existant entre eux et les Sauvages, sur la question de l’extinction du titre indien, Est-ce que la terre est done un article si rare au Nord-Ouest {

ewan les droits et ] re-Rouge ? Comme le est-ce que la justice n° la Rivière Saskate

Métis que le très hono Pulation du Nord-Ou cette question. J'ai i i » Passée en 1879 à ce sujet. » M. un des membres du Conseil, présenta cette résolution :

“Que les Métis roits sur le mêm 1, Bouvernement du i Ï rritoires ; et que pendant Métis résidant au Manitoba fait pour éteindre cette porrres et territoires en dehors toba, telle qu’originairement formulée par

M. Clarke continue en disant que la même chose devrait être faite vour les Métis dans los Territoires du Nord-Ouest, Je crois que le Conseil passa une résolution, à co sujet, qui fut transmise AU gouvernement, mais à laquelle le gouvernement ne fit attention. Plus tard, la ropulation du erritoire du Nord-Ouest tint des assomblées et passa des résolutions défendant la même . ause des Métis. Une assemblée eut lieu à St-Albert, en octobre, cette année-là, et il fut résolu :

“ Considérant que le tiire des Sauvages dans ce district ou territoire n’a pas fté éteint, et que les anciens colons et les Métis de Manitoba ont 6t6 indemnisés par des scrips en échange de leur titre, et que telle allocation n’a pas 6t6 faite aux résidents de ce territoire, il est résolu que le très honorable ministre de l'Intérieur soit prié d'accorder de semblables ecrips aux colons dans un cas analogue, les plaçant sur ün pied d'égalité avec leurs frères du Manitoba ”,

Cette résolution fut transmise au gouvernement par M. Charles Nolin. Le gouvernement fit une réponse maintenant le principe énoncé hier par le très honorable monsieur,

Voici cette î

“Résolution No 3, — Comme en vertu d’un traité avec les Sauvages, leur titre à aucune portion du Territoire dans le district de Lorne a été éteint, cette ré“olution aurait besoin d’être expliquée ”.

Eh bien ! cette réponse fut transmise à la population du Nord- Ouest. M. Clarke, qui s'était occupé de l'affaire, envoya une

Quand s'est-il décidé à agir ? Seulement lorsque la rébellion fut mûre dans le Nord-Ouest, comme l’a démontré hier mon honorable ami. Le 26 janvier, il fit quelque chose ; quoi ? Il demanda simplement un recensement. A cette époque-là, le gouvernement

it être o crois ns ise attenst tint cause , cette

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l'émissi auvier 1885, ordonnant le

le gouvernement n'avait

prouvé par le langage du

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roit à un octroi spécial en

rétendait simplement qu'ils

ons ordinaires ; que tout ce

u’ils pouvaient faire, c'était tout simnlement d'aller pr ndre des

omesteads où nréemptions sur les terres inoceupées, et rien de

plus. De sorte que, À cette dato du 26 mars, le gouvernement n'avait aucune politique arrêtée,

Mais il survint alors quelque chose qni fournit une politique Au gouvernement, Le jour même où l'honorable député, s’adressant À cette chambre, disait que les Métis n'avaient pas plus de droits que les colons ordinaires, que tout ce qu’ils pouvaient demander était un homestead et le droit de préemption, un se battait au Lac-aux-Canards, et les Lalles de cette bataille firent plus pour régler cette question que six longues années de prières et de requêtes ; six longues années de demandes constantes n'avaient

u obtenir justice pour ces pauvres gens et sr remède à sie griefs, mais les balles dun Lac-aux-Canards firent agir le gouvernement et l’obligèrent à proposer des arrangements, Le 80 mars, quatre jours après, le gouvernement se présenta avec une ordonnance, dans laquelle, pour !« première fois, les droits des Métis étaient, jusqu’à un certain point reconnus, mais pas entièrement, Par cette ordonnance, on f* aux Métis certains octrois de terre, non Pas cependant en extinction du titre des Sauvages, mais avec des conditions d’établissement. Alors on nomma des commissaires qui se rendirent dans les districts agités. Un des commissaires, M, Street, se trouvant sur les lieux et étudiant la question, avisa le gouvernement qu'il était nécessaire pour satisfaire les Métis de jeur faire un octroi spécial de terre, ainsi que la chose avait été faite en favenr des Métis du Manitoba, sans conditions d’établissement. Depuis ce temps, mu foi, les commissaires ont distribué des titres parmi les Métis ® ; Nord-Ouest. En un mot, M. l’Orateur, ces hommes, après voir demandé cet octroi spécial depuis 1878 jnsqu’à mars 1885 sans pouvoir l'obtenir, ont réussi dans leur rrquête. La jus-

tice est doublement juste et doublement précieuse quand elle est rendue librement ot de bonne grâce; mais elle perd presque toute sa valeur lorsqu'elle est tardive et rendue à contrecœur comme dans cette occasion, Hier soir encore, l'honorable député n'a voulu dire qu'en agissant ainsi le gouvernement rendait Jatles eus Métis du Manitoba ot qu'il reconnaissait lours droits ; il s’est contenté de dire qu'il le ferait et qu'il s'y décidait r l'amour de la paix. Pour l'amour de la paix, quand nous ions en pleiro guerre ! Pour l'amour de la paix, quand les insurgés étaient sur le champ de bataille et que le sang avait été répandu ! L'honorable député croit-il que cette tardive concession apaisers les ressentiments des Métis ? Non. Le sentiment qui restera dans leurs cœurs sera celui que fait nécessairement naître la pensée que leurs droits ont 6t6 méconnus tant qu'ils se sont bornés à les faire valoir au moyen de requêtes, mais qu'aussitôt qu’ils ont pris leurs vieux mousquets rouillés, ils ont forcé le gouvernement à s’incliner et ont obtenu ainsi ce qu'ils n'avaient pu obtenir par des moyens constitutionnels. Voilà le sentiment qui survivra dans le cœur des Métis, Les mêmes remarques s’appliuent aux réclamations non encore reconnues dans le Manit 1 y avait au Manitoba un certain nombre de Métis qui n'avaient pas 6té soumis au recensement et qui avaient droit à un octroi spécial de terre. Les Métis, le conseil du Nord-Ouest et les amis du gouvernement dans le Nord-Ouest s’adressèrent À lui, mais sans succès. Mais le 9 avril, lorsque la rébellion était depuis quelque temps en pleine action, le gouvernement se mit encore À genoux et concéda aux menaces et à la violence ce qu’il avait refusé aux pétitions et aux suppliques. De fait, le gouvernement n’a pas même le courage de Falstaff, car, si ma mémoire ne me fait pas défaut, Falstaff lisait : “ Les raisons seraient abondantes comme les baies, que je n’en donnerais pas une par contrainte”, Le gouvernement, lui, n’a voulu rien donner excepté sous les coups. Il a résisté aux prières et aux requêtes des colons, mais quand ceux-ci sont venus les armes à la main, il s’est empressé de plier l'échine et de leur accorder ce qu’ils d mandaient,

Il y avait encore, comme je l'ai déjà dit, une autre réclamation faite par les Métis. C'était de n’être pas inquiétés dans leur possession et qu’on leur en laissât la paisible jouissance telle qu’elle était et sans molestation. Le gouvernement avait adopté le mode d’arpentage américain, le mode rectangulaire. Ce mode est

cidait uous ps int été sion t qui iaître sont saitôt gouùt pu t à pplitoba, aient

bon et je n'y trouve pas à redire,

raisunnable quo là où {1 y avait ou

pentsss, le gouvernement aurait dû arpentages les établ

de

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établi

, par exem il y avait autre

a pris les terres exactement de la même ma-

nière que l’a fait la population, soit sur les bords du Saint-Laurent, soit en Acadie ou dans la Louisiane, Quand le gouvernement prit possession du Nord-Ouest, il trouva ces établissements sur la Saskatchewan disposés de la même manière que tout autre établissement français. Les terres étaient divisées en bandes étroites, et les fermes étaient toutes proches les unes des autres. N'était-il pas juste que la propriété de ces braves gens fût respectée, qu’on n’intervint pas sur les terres que cette population s'était partagées, et que le mode rectangulaire d’arpentage dût s’effacer aussitôt qu’il venait en contact avec ces établissements ? Telle a été la politique de l'honorable député de Bothwell (M. Mills) quand il était à la tête du département de l'Intérieur. J’ai fait observer hier, que le premier ministre, quand il a abordé ce sujet, a passé légèrement et rapidement sur cet aspect de la question. Il n’en a pas dit grand’chode. I] s’est contenté de dire que l’honorable député de Bothwell, quand il était à la tête du département de l'Intérieur, n’avait pas été aussi diligent qu’il aurait pu l'être — mais il a vanté sa propre activité, Il a dit que le gouvernement dont il était membre avait montré veaucoup de diligence à ce sujet.

L’honorable premier ministre ne s’est pas borné à faire cette double assertion, il a même promis d’en faire la preuve. Et alors, avec une certaine ostentation, il prit une carte géographique et la mit sur la table. Examinez cette carte, dit-il, et elle vous fera voir quelle étendue nous avons arpentée. Et aussitôt après l’ajournement de la Chambre, j’ai vu un certain nombre de partisans du premier ministre, qui ont une foi profonde et reposent une grande confiance dans sa parole, s’approcher de la table et chercher des preuves de l'énergie et de l’activité de leur chef ; et d’après l’ébahissement qu’on voyait sur leur figure, il était évident que la carte ne prouvait pas grand’chose, qu’elle ne prouvait rien du tout, car voici les faits : les arpentages ont été dirigés par l’honorable député de Bothwell quand il était chargé du département.

M. HESSON. — L'honorable député de Bothwell a fait arpenter moins de 2 millions d’acres ; l’ancien gouvernement conservateur plus de 9 millions d’acres, et le gouvernement actue! plus de 55 millions.

M. LAURIET — L’honcrable député sait que le monde n’a

“ Ce sujet affecte matériellement la prospérité de ces établissements et d’autres dans le territoire. Jose donc espérer que les travaux d’arpe:tage spécial seront poursuivis durant l’été prochain ”,

qu

’arpentage spécial pourvoit à ce la saison prochaine jusqu’à ce an dans le voisinage des prinère.

C'était là la politique de mon honorable ami (M. Mills) en 1877, laquelle avait été inaugurée dès l’année précédente. Mais j'admets ceci : le peuple était impatient. L’arpentage ne pouvait pas se faire aussi Promptement qu’on le désirait, et la raison en est donnée dans les Papiers qu’on nous soumet aujourd’hui, L’arpentage ne pouvait pas être fait parce qu’il fallait d’abord tracer les lignes méridiennes. 11 y eut donc de nouvelles démarches au-

ler par une autorité qu’il est inutile de citer de nouveau, cette politique devait être poursuivie aussi rapidement qu’il était possible de le faire. Mais en 1878 il y eut un changement de gouvernement. Üe changement, j'en accuse les honorables députés de la droite, amena aussi un changement de politique et, au lieu de respecter les possessions des habitants et de faire faire un arpentage spécial là où les établissements avaient précédé l’arpentage, ils soumirent le peuple à un mode d’arpentage rectangulaire, soit que leurs terres fussent colonisées ou non, et ils sacrifièrent la paix de leur pays à leur caprice. Quand ce nouveau mode d’arpentage commença à êtie mis en pratique, on s’en plaignit dans le Territoire. Ceux qui s'étaient établis sur d’étroits lots de front s’en plaignirent, et dès le mois de mars 1882, M. Duck, l’agent à Prince Albert, adressa la lettre suivante au département :

rs du gouvernement, et, comme mon honorable ami l’a prouvé

“ Comme la majorité des colons de la branche sud de la Saskatchewan, dans le voisinage de la paroisse de Saint-Laurent, ont

demander des renseignements sur la possibilité d’arpenter de nouveau ces sections dans les lots de rivière, d’après un plan semblable à celui adopté dans l'établissement de Prince-Albert ”.

vernement en ces termes :

“Nous désirons aucsi que vous donniez des ordres pour que les terres soient arpentées le long de la rivière, en lots de 10 chaînes de large et de deux milles de long. C’est un ancien usage de diviser ainsi les terres, et ce serait un moyen facile de nous faire connaître les limites de nos terres respectives ”.

Le 13 octobre arriva du département de l’Intérieur une réponse officielle ainsi conçue :

om

“ Mais quant à l’arpentage du territoire en question, toutes les terres dans les Territoires du Nord-Ouest doivent être arpentées d’après le mode actuellement en vigueur ”.

Tel fut le mode adopté et promulgué par le département de l’Intérieur le 13 octobre 1882 ; désormais, toutes les terres du Nord- Ouest devaient être arpentées d’après le nouveau système, qu’elles fussent occupées ou non, colonisées ou non. Le 21 octobre, M. Burgess, député du ministre de l'Intérieur, répondit enfin à la lettre de M. Duck écrite le 11 mars précédent, et voici ce qu’il dit:

“Le gouvernement n’entend pas faire arpenter de nouveau. Il va sans dire qu’ils pourront, lorsqu’ils auront pris possession des terres, faire faire toute subdivision différente de l’arpentage régulier qu’il leur plairæ Vous voudrez bien faire part de cette décision aux parties intéressées ”’,

Lorsque les colons demandèrent que l’arpentage fût fait d’après leurs possessions, on répondit : Non, vous pourrez faire subdiviser Vos terres comme vous l’entendrez après l’arpentage, mais jusque-là le mode d’arpentage sera celui adopté par le gouvernement. Je le demande à tout homme impartial dans cette chambre, pouvait-il y avoir une plus grande tyrannie exercée par le Bouvernement sur le peuple de la Rivière Saskatchewan, qui avait mis ses terres en lots étroits, qui avait construit ses clôtures et ses maisons, cultivé le sol et l'avait amélioré en conséquence, que celle qu’il exerça quand les terres furent arpentées sans égard aux étaaméliorations qu’ils ÿ avaient faites ?

Pouvait-il y avoir une plus grande tyrannie que d’arpenter les

Pecterons vos terres telles que vous les possédez. Non seulement cela, mais les missionnaires de cette contrée, ces hommes de paix, qui, en règle générale, ne se mêlent pas ?s affaires publiques, ont cru devoir faire maintes fois des représentations au gouvernement À ce sujet. Le Père Ledne vint ici-et eut une entrevue avec le &ouvernement; le Père André écrivit lettres sur lettres, ainsi que

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Vases

plus grand grief, même dans les vieilles Provinces du Canada, que celui résultant de la tentative du Bouvernement de faire arpenter de nouveau les terres d’après une symétrie toute ecientifique ? Jo dis que, si l’on essayait de faire une telle

ose ici, il y aurait un soulèvement comme celui qui a éclaté là.

terre qu’il a arraché au désert ou à la forêt par son travail, et le Bouvernement a agi d’une manière tyrannique et injustifiable en faisant ce qu’il a fait, - ! je comprends maintenant que ces gens, irrités de cette né- &ligence systématique de leurs réclamations, aient erfin recouru à 8 Moyens regrettables, Maintes et maintes fois déjà, les hommes 8e sont révoltés Pour des causes moins justes que celles que ces ommes pouvaient invoquer, Quelle a été la eomduiss du gouverne. ent f Pendant six longues années, les Métis ont employé tous les moyens constitutionnels que la loi mettait à leur dispositinn pour obtenir justice ; ils ont présenté des pétitions ; ils se sont réunis en assemblées publiques ; ils ont Passé des résolutions et envoyé des i tées

omme audacieux ; il savait que le peuple du N ord-Ouest avait le Cœur plein d’une amertume toujours rs 1dissante, et i] aurait dû

treux, comme ils l'ont été, Cependaut, rien ne put émouvoir le Souvernement. Louis Riel ne restait P8s inactif; il tint beaucoup

le ami, © 4 en faveur 18 ré * ation des avoir un | Canada, de faire rie toute une telle éclaté ]àrceau de ail, et le fiable en

cette né- COuru à hommes que ces uverneous les n pour anis en y6 des a pus a reçu e plus ue les Peniment

d’assemblées auxquelles assistaient en grand nombre, non seulement les Métis, mais les colons de race blanche; on discuta la situation ; on exposa les griefs du peuple; et cependant le peuple ne se soulevait pas encore. Le gouvernement ne pouvait plaider ignorance, parce que la presse du pays, les journaux publiés au Manitoba dans les intérêts du parti au pouvoir avertirent l’administration de temps à autre de ce qui se passait ; cependant, on n’agit pas davantage du côté du gouvernement. Il y a plus: les propres fonctionnaires du gouvernement l’avertirent à plusieurs reprises. Si vous examinez la correspondance, vous verrez que M. Duck, l'agent local à Prince-Albert, insista à plusieurs reprises auprès du gouvernement pour qu’il remédiât aux griefs de la population, mais que ses lettres restèrent toujours sans réponse.

Vous verrez que M. Pearce, employé infatigable du gouvernement, signala fréquemment l’imminence du danger ec fit des suggestions, mais que le gouvernement ne se décida pas encore à agir. Qu'est-ce que demandaient donc les Métis ? Quelque chose d’injuste ou d’inique ? Non, mais exactement ce qu’on avait accordé aux Métis du Manitoba ; rien de plus ; quelque chose de si juste que le gouvernement lui-même a fini par l’accorder, mais lorsqu’il était trop tard.

Tant qu’il avait été temps d'agir, le gouvernement n’avait rien fait, Mais si le gouvernement demeurait inactif, l'opinion publique s’agitait. Le pays était si élrigné, les communications étaient si difficiles que, parfois, il n’arrivait ici qu’un écho affaibli de ce qui se passait dans ce territoire. Dès 1883, mon honorable ami le chef de l'opposition appela l'attention du gouvernement sur les plaintes que proférait le peuple des Territoires. En cette occasion, le premier ministre lui répondit que tout allait bien. Mais l’honorable député de Provencher (M. Royal) fit alors entendre un cri d’alarme et signala le danger. Un tel avertissement, venant d’un partisan si fidèle de l'administration aurait dû au moins piquer son attention ; cependant, rien ne se fit encore. De nouveau, à la session suivante, mon honorable ami de Huron- Ouest (M. Cameron) exposa les griefs du Nord-Ouest et demanda un comité. Le gouvernement répondit que tout était serein là-bas; il ne voulait pas agir. Au commencement de la présente session, mon honorable ami appela de nouveau l’attention du gouvernement sur Pétat du pays en présentant son bill pourvoyant à la repré-

sentation des Territoires du Nord-Ouest, Ce bill devait subir sa deux i

qui devait bientôt fondre sur le Pays. Le gouvernement ne pouvait manquer de voir ce qui se Passait ; de fait nous avons la preuve qu’à cette époque, ses agents mêmes poussaient des cris d’elarme, Le ministre des Travaux publics se leva de son si et proposa tranquillement l’ajournement du débat. Voilà tout l’encouragement qu’on donna à ces Pauvres gens. Même à cette heure, il n’était Peut-être pas encore trop tard. Si Je gouvernement avait montré quelque bonne volonté, il est possible que ces gens, en voyant cela, auraient modifié leur attitude et que le souèvement aurait été évité. Plus tard nous avons eu le discours du remier ministre que j'ai déjà cité, dans lequel le gouvernement ram À qu'il comptait sur l'appui de ses amis et que sa cons-

cœur léger, quand il allait plonger son pays dans une des plus grandes caiumités Qui puissent assaillir une nation, Pour couronner tout cela, nous avons une lettre du Secrétaire d'Etat, disant le 6 juin :

“Si les Métis avaient des griefs sérieux contre le gouvernement canadien, la voie ordinaire du Pétitionnement leur était ouverte Comme à tout citoyen libre, Ils ne s’en sont Pas prévalus ”,

Monsieur l’Orateur, c’est tout simplement ajouter l’insulte aux mauvais traitements. Quoi ! Les Métis n’ont pas péti-

c’est que pendant ces longues années, ils n’ont fait que pétitionner et pétitionner, demander et demander, frapper à la

aucer les prières et les vœux de ces pauvres gens. Je me trompe ; ovi, le gouvernement a ‘it quelque chose: il a envoyé une troupe de police à Carlton. Quand le peuple revendiquait ses droits par des pétitions, quand il tenait des assemblées pour discuter ses

iefs, le gouvernement savait ce qui se passait, et au lieu de re- , sam À ces griefs, il envoyait la police à Carlton, afin d’en imposer au peuple. Voilà l’espèce de justice que ce peuple a reçue du gouvernement tant qu’il ne s’est pas révolté. Monsieur l’Orateur, s’il y a dans tout cela quelque chose de plus repréhensible dans la conduite du gouvernement ; c’est bien le {ait d’avoir envoyé des hommes de police à Carlton pour répondre uux pétitions du peuple par la force armée. Ce n’est pas là de la justice britannique ; ce n’est pas ainsi qu’un gouvernement britannique répond d’ordinaire aux demandes de ses sujets ; mais c’est ainsi qu’on administre la justice en Russie. C’est ainsi que la Russie répond aux demandes de la Pologne. Chaque fois que les Polonais se lèvent pour réclamer leurs droits, les Russes font exactement ce qu’a fait le gouvernement canadien : ils envoient des troupes armées

Ce n’est pas tout : il y a dans toute cette affaire un autre point auquel on n’a pas touché à ma connaissance et qui cependant paraît avoir frappé l’esprit de bon nombre de gens. On n’a pas exprimé ce sentiment, mais on dirait qu’il est dans l'atmosphère, non seulement dans cette chambre, mais aussi dans le pays. On ne l’a pas dit, mais ilyen a beaucoup qui croient que, si ces gens se sont révoltés, cest parce qu’ils sont, jusqu’à un certain point, d’origine française.

Le premier ministre a dit hier que Gabriel Dumont et ses amis sont ce qu’ils ont toujours été, des rebelles. Il n’est pas x ma connaissance que Gabriel Dumont ou aucun de ceux qui ont pris les armes sur la Saskatchewan ou sur la rivière Rouge aient jamais songé à se révolter contre l’autcrité de Sa Majesté. Ce n’est pas contre Sa Majesté la Reine qu’ils se sont révoltés ; c’est contre la tyrannie du gouvernement canadien. Il est très possible que les Métis, à peine sortis d’une vie nomade, n'ayant pas été en réalité plus de sept ou huit ans sous le régime britannique, n’aient pas encore appris à aimer le drapeau britannique parce que, jusqu’à présent, ce drapean confié aux maine des députés de la droite ne leur a pas apporté cette justice qui a accompagné le drapeau bri-

tannique partout depuis cinquante ans. Mais je dis ceci, moi qui viens d’une province où il y a moins de cinquante ans tous hommes de la race à laquelle j'appartiens étaient des rebelles et où tous ceux de cette race sont aujourd’hui des sujets aussi fidèles et aussi loyaux que les autres. — Rendez justice à ces hommes, accordez-leur leurs droits, traitez-les comme vous avez traité le peuple du Bas-Canada depuis quarante ans, et bientôt vous aurez le contentement, la paix, et l'harmonie dans toute l'étendue de ces territoires où règnent aujourd’hui la discorde, la haine et la guerre, au détriment du pays.

Le troisième acte de la tragédie Riel s’est déroulé à Ré. gina, avec le gibet Pour scène et l'exécution du chef métis comme dénouement, Impossible de décrire aujourd’hui la douloureuse impression que produisit dans la province de Québec la mort de Riel ! On ne peut, à la distance de v'agtcinq ans, s’en rendre compte, Elle eut sa répercussion au

Parlement et sir Wilfrid se fit à la chambre des Communes, l'interprète ému de l’indignation nationale, Quel formnidable réquisitoire que son discours sur le drame de Régina ! Encore aujourd’hui, on ne peut le lire sans ressentir les frissons que cette parole vengeresse, tour à tour logique et convaincante, et hautement colorée, fit passer dans l’âme de ses auditeurs longtemps hypnotisés.

Ce discours Passe, à bon droit, pour un des meilleurs de sir Wilfrid. Jamais sa pensée ne s'était élevée plus haut ; jamais son ironie ne s'était montrée Plus cinglante que lorsqu'il accumulait, sous les yeux des ministres, l’ensemble de leurs fautes, causes de la révolte des Métis ; jamais l’éloquence Canadienne ne s’est faite plus pussionnée, plus vibrante qu’en cette circonstance où toute l’indignation, l’amertume et la pitié méconnue de tout un peuple, s'étaient comme Concentrées dans l’âme de son représentant, le plus autorisé à traduire ses sentiments,

(1) Ce discours fut Prononcé à la session de 1886.

198 DISCOURS (Traduction) MONSIEUR L'ORATEUR,

Puisque nul ami du gouvernement n'a le courage de continuer le débat, je vais accomplir moi-même ce devoir, Le ministre des Travaux Publics a déclaré que le gouvernement était prôt et même anxieux de discuter la question qui nous est soumise, Cette abstention est-elle la preuve de ce courage dont il se prétend doué

De tout ce qui a été dit jusqu’à présent, de tout ce qui est tombé des lèvres de nos adversaires, il n’y a qu'un point sur lequel nous nous entendons, un seul et unique point: je veux parler de l’éloge fait de nos volontaires par le Ministre des Travaux Publics, quand il a pris la défense du gouvernement.

Les volontaires avaient un douloureux devoir à remplir et ils l'ont rempli d’une manière qui leur fait honneur ainsi qu’au pays. Sous l’uniforme du soldat bat généralement un cœur chaud et généreux. Considérons en outre que nos soldats sont des citoyens ayant des intérêts comme citoyens, mais quand ils sont sous les armes, ils ne connaissent d'autre devoir que celui du soldat,

Cependant, il est permis de croire que ler-que le soldat est sous les armes, il a encore un cœur et une intelligence ; il est permis de croire que ceux qui combattaient au Nord-Ouest, le printemps dernier, avaient les mêmes sentiments et les mêmes idées que ce grand soldat, ce grand roi, le roi Henri IV de France, lorsque, durant de longues années, il combattait ses sujets rebelles, Quand il frappait quelqu'un de son épée, il avait l'habitude de s’écrier: “Le roi te frappe, que Lieu te guérisse”. Sans doute, nos soldats, quand ils étouflaient la rébellion, étaient animés du même esprit et priaient Dieu de guérir les blessures qu’il était de leur devoir d’infliger. Ils croyaient qu’on ne devait pas verser plus de sang qu’ils n'étaient obligés d’en verser eux-mêmes. Le gouvernement, lui, a pensé que le sang répandu par les soldats ne suffisait pas et qu’une autre victime devait être sacrifice.

Nous avons entendu le ministre des Travaux Publics, lorsqu'il essayait de défendre le gouvernement, dire que sa conduite était rendue justifiable par une de ces dures nécessités que nous imposent notre fidélité à la Couronne et les intérêts du pays.

Sex Fit

Monsieur l'Oratour, je suis encore à me demander, même après tout ce que viennent de dire les amis du vernement, en quoi notre Adëlité à le Couronne les intérêts 4 vent mottre obstacle à l'exercice du privilège de pardon, l’un plus nobles privilèges royaux,

Le langage de l'honorable ministre n'est nouveau; ce n'est

la première fois que l'on voit les conseillers responsables ou ct ro de la Couronne essayor de tromper le public et peutêtre eux-mêmes, en prétendant que la fidélité à ln Couronne ot les intérêts du demandent du sang, quand le pardon nous offre une autre soute possible, ue l'amiral Byng fut condamné à être fusillé pour le seul fait d’avoir 6t6 malheureux dans un combat, des hommes se renles mêmes arguments auprès du roi.

eût demandé sa grâce avec instance. Copend cieux prévalurent, et la sentence fut mise À exécution. Mais lo ju-

gement de l’histoire, le j t de la postérité, de cette postérité pp quelle nos adrersaires .

ne crains pas de prédire que l'histoire rendra un jugement semchaque Le qennse qui nou oxcupe, eur il en à 616 de méme

chaque fois qu’un gouvernement a voulu a iquer la loi avec une rigueur implacable, lorsque tout le mel x mandait de par-

Monsieur l’Orateur, dans la province où je vis, et surtout parmi ceux auxquels je suis lié par une commune origine, l’exécution de Louis Riel a 6t6 universellement regardée comme le sacrifice d’une vie humaine, non pour satisfaire à l’implacable justice, mais à des idées de vengeance et à des passions haineuses,

Et maintenant, avant d'aller plus loin, il vaut mieux peut-être que je parle immédiatement de l'agitation qui est née de l’universelle condamnation du Bouvernement, non seulement par ses ennemis, mais aussi par ses amis.

Le mouvement que l'exécution de Riel a fait naître a été mal compris, ou plutôt j'oserais dire faussement représenté. La presse tory d’Ontario a attaqué tout à coup, d’une manière cruelle et brutale, ses anciens alliés canadiens-français qui lui avaient été fidèles pendant vingt-cinq ans et plus, Elle settanns non

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soulament à leurs actes, mais aux motifs qui les avaient cn Elle les accusa d'être animés, non pas par une honnête conv

mais par des préjugés de race, Elle ne Pas ses attaques À ces anciens amis, mais étendit sos acousations À toute la race cansdienne-française, D’après s08 dires, le fait que Louis Riol est d'origine française était la seule raison de l'attitude prise par les Canadiens-Français. Elle les accusa tous d’être prêts à se mottre entre le criminel et la justice, chaque fois que ce criminel était ua Oanadien-Français. los aceuss tous de vouloir empêcher l'exécution de la loi, lorsque cette loi menaçait un des leurs.

Monsieur l'Oratour, jo ne suivrai pas sur co terrain l'exemple donné par les députés mimstériels qui ont cité de extraits des journaux, quoique je puisse donner du Mail et autres organes tories des cita! renfermant les les plus rm qui Le puissent écrire ce mme Re t

rançaise, Je ne veux pas mettre plus aigreur qu’il n’en faut dans le débat ; je citerai simplement un Pre er. du Mail, l'un des plus qui fera voir les sentiments dont on était animé à notre dans cette lutte.

Le 7 bre dernier, on pouvait lire dans le Mail le passage suivant, su sujet des Canadiens-Français: “ Leurs chefs nous récompensent aujourd'hui en prétendant qu’ils ont le droit d’empêchez l'application de la loi sur la ison chaque fois qu’il s’agit d’un traître d'origine française, fût-il deux fois &

Monsieur l’Orateur, cela est faux. Oela est une calomnie. Je revendique cette justice pour mes concitoyens d'irigine française, qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs sou: le soleil une race plus docile, plus calme, plus soumise aux lois. Je revendique cette justice pour mes concitoyens d’origine française et je sppelle au témo de tous ceux qui les connaissent et qui ont vieu au milieu d'eux, pour dire que, s'ils ont commis des fautes, ils n’ont jamais du moins caché, protégé et encouragé le crime.

Il est vrai que, dans la présente occasion, ils ont montré une vive sympathie pour l'infortuné mort sur l’échafaud le seize novembre dernier. Mais cela n’était pas dû aux préférences nationales ou aux préjugés de races, si vous voulez leur donner ce nom.

Ils n’ont pas été plus aveuglés par les préjugés de races que ne l'a été la presse étrangère qui a blêmé l'exécution de Riel. La presse étrangère, la presse américaine, la presse anglaise, la presse française, nresane «ane evnention à considéré Vecécuticn do Riot

comme un acte injuste inexcusablo, contraire aux idées de

notre

j ON ne pout pas accuser cotte presse d'avoir

QE, sous l'influence des préjugés nationaux, 11 on ot de rndms aie iens-França

ma raison au point de mo faire confondre le mal avec la bien, mais j'admetirai, — et sj cela est un faible, j'en fais l'aveu, — que je romentirai au cœur une plus profonde blessure

confon Avant d'aller plus loin, je désire établir un autre point. Le ail et los autres Organes tories ont dit à plusieurs À cn qne los chefs des Canadiens-Français avaient l'intention de former un canadien-français, indépendant de tout autre parti dans Ja bre, et ne reconnaissant d’autres intérêts que les intérêts de race.

Je proteste contre une telle assertion, Cette assertion n’est fondée; elle est faite dans lo but de nuire et elle ont contrats Ÿ 3e vérité. La formation d’un tel parti serait l’anéantissement des

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ussitôt que les vi ; ne française, qui sont en minorité dans la Cha: re et rod se seraient organisés on parti politique à part, ceux qui sont d’origine différente et qui sont en r1ajorité feraient de même, et le résultat serait désastreux pour nous.

Toi, il n’y a qu’une façon de former des partis. Il ne peut et il ne doit y avoir en jeu que des questions de régie et d’administration dans le Bonvernement de notre pays, et les Canadiens-Français, qui ont pris Part au mouvement, n’ont jamais eu d’autres intentions que de s'organiser sur la base des Partis existants, et non autrement,

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