‹ Discours à l'étranger et au Canada [microforme]Chapitre 60 sur 83 · D CR · texte numérisé non relu

D CR

Pour établir ce fait d’une manière péremptoire, je ne puis mieux faire que de citer les paroles prononcées par l'honorable député de Hochelaga (M. Desjardins) à l'assemblée qui a eu lieu récemment à Longueuil. Je crois que c’est au mois de janvier qu’on a tenu cette assemblée. M. Benoît, le député de ce comté, avait été invité, mais s'était abstenu d’y paraître, et le fait avait été le sujet de commentaires de la part de ceux qui adressèrent alors la parole. Voici comment s’exprima M. Desjardins :

“ M. Benoît a peut-être micux fait de s’abstenir, car j’ai hésité moi-même, en lisant en tête de l’invitation que j’ai reçue, les mots: Parti National. Si on entend par ces mots un autre parti que ceux qui existent déjà, je ne suis pas de ce parti ; mais si on comprend par là que les libéraux et les conservateurs doivent s'unir daus une même idée et présenter un front uni chaque fois que leurs intérêts nationaux sont en danger, je suis de ce parti. Le mouvement actuel n’a pas pour but de faire échapper un criminel à la mort parce qu’il est Canadien-Français; mais nous voulons que des deux coupables, Jackson et Riel, si l’un devait avoir la vie sauve, l’autre l’eût aussi. Nous ne voulons rien de plus ; quelle que soit notre force, nous désirons la justice pour tous ”.

Des cœurs froids ont d'+ que l’exécution de celui que ses amis regardaient comme un insensé, fût-elle injuste, ne justifiait pas cette explosion de sentiments dont Québec a été le théâtre, lors de la mort de Riel. Je ne suis pas de cette opinion. A notre époque, et au degré de civilisation où nous sommes parvenus, la vie humaire la plus humble a sa valeur et a droit à la prntection des conseillers de la nation.

Il y a quelques années, l’Angleterre envoya une expédition, dépensa des millions, répandit le sang de quelques-uns de ses meilleurs soldats dans l’unique but de délivrer quelques prisonniers des mains du roi d’Abyssinie.

Il en est de même ici; ia vie d’un simple sujet de Sa Majesté a sa valeur et ne doit pas être traitée légèrement. S’il y a des députés en cette Chambre qui pensent que l’exécution de Riel n’était pas justifiable, que dans les circonstances cela n’était pas judicieux, que cela était injuste, je dis qu’ils ont le droit de porter une accusation contre le gouvernement devant l’opinion publique, et si cette accusation est portée et que le gouvernement soit appelé

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à y répondre, on doit sattendre à ce qu’il y aura des gens qui jugeront la question plus sévèrement que d’autres,

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Cependant, re. Et par

Royal) origine des troubles,

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s seuls aient été Poursuivis ? Si la rébellion, le Globe eurait dû être m Si les colms de race blanche étaient les instigateurs de la rébellion, ils auraient dû être poursuivis également.

Mais il

Voici un

de la Justice à ronne :

Il doit être vrai, et, d'après les informations le gouvernement à obtenues, il semble —- Æ

On dirait que le gouvernement partage l'opinion de l'honorable député de Provencher et entend agir en conséquence :

“Il doit être vrai, et, d’après les informations que le gouvernement a obtenues, il semble probable que la rébellion a été activement encouragée par les blancs, spécialement à Prince-Albert. Il n’y a rien, dans toute la mission qu’on vous a confiée, de plus important, je crois, que de découvrir, si c’est possible, quelque ‘ins des hommes qui, beaucoup plus instruits que les Métis, ont poussé ces derniers à se révolter, et vous êtes requis de porter toute votre affection sur ce point.”

L’honorable député de Provencher (M. Royal) paraît n’avoir été d'aucun secours pour l'avocat de la Couronne, malgré cette connaissance des faits qui lui a permis de dire dans cette chambre, avec l'autorité qui s’attache à chacune de ses paroles, que les colons blancs étaient seuls responsables de la révolte.

S'ils le sont, comment se fait-il qu'aucun de ces colons n’ait été accusé, que tous soient en liberté ?

Que devons-nous conclure de tout cela 8 Devons-nous conclure que le gouvernement n’a pas voulu soutenir la position prise par eir Alexander Oarbelli Ou devons-nous conclure que l’honorable député de Frovencher n’a fait qu’une de ces assertions hasardées, dernier expédient pour défendre un acte autrement injustifiable ?

L’honorable député a été plus loin. 11 a non seulement accusé les colons, la Farmers Union, le Globe d’être responsables de ce qui s’est passé, mais aussi l’ancienne administration Mackenzie. Îl a dit que l’action de ce gouvernement depuis le moment où ila pris les affaires en main jusqu’au jour où il les a laissées, a été nulle et que l’histoire de son administration au Nord-Ouest est une page blanche,

Eh bien ! M. l’Orateur, voilà une accusation que l’on ne saurait porter contre l'administration actuelle. L'histoire de l’administration actuelle n’est pas une page blanche. Du sang! du sang! encore du sang ! des prisons et des échafauds ! des veuves ! des orphelins! des destitutions! des ruines! voilà ce qui souille lhis-

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toire de l'administration des affaires du Nord-Ouest par le gou- Vernement d'aujourd'hui.

Monsieur lOrateur, comme l’honorable dép

puté.

enzie est répréhensible pour la affaires du Nord-Ouest, s’il à m iqué à ses devoirs, lourdement doit peser le blâme sur l'administration n’a encore rien fait de ce qui aurait dû être fait pa cesseurs ?

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combien plus actuelle, qui r ses prédé- ’oubliais ; l'honorable député n’a rie ose, i FA

ont montré beaucoup

“ En 1880, Sir qu'il

John Macdonald profita de la ur présenter un P

Cela est exact, excepté quant à Ja date ; c’est 1879 au lien de 1880. n Macdonald, comme ;l l’a dit, présenta un projet ner aux Métis du Nord-Ouest les mêmes privilèges que ceux dont ;

Jouissaient les Métis du Manitoba.

do

nt j'ai le texte devant moi, se lit comme suit :

dans les Territoires nitoba antérieurem ant des titres à telles

du Nord-Ouest, en ent au 15e jour de Personnes dans telle

mesure et à tels termes et conditions qu’il pourra être de tempo À autre jugé à propos ”.

Les dispositions de ce statut furent répétées dans la loi de 1883.

Mais avant d’aller plus loin, il peut être important de définir dès maintenant quels étaient les privilèges et les droits qui furent accordés aux Métis du Manitoba.

Par l’acte de 1870 on décréta ce qui suit:

“ Considérant qu’il importe, dans le but d’éteindre les droits des Sauvages aux terres de la province, d’affecter une partie de ces terres non concédées, jusqu’à concurrence de 1,400,000 acres, au bénéfice des familles des Métis résidants, il est par le présent décrété que le lieutenant-gouverneur, en vertu de règlements établis de temps à autre par le Gouverneur-général en conseil, choisira des lots ou étendues de terres dans les parties de la province qu’il jugera à propos, jusqu'à concurrence du nombre d’ecres ci-dessus exprimé, et en fera le partage entre les enfants des chefs de familles métisses domiciliés dans la province à l’époque à laquelle le transfert a été fait au Canada ”.

Par une loi ultérieure, l’Acte de 1874, les mêmes privilèges furent éteudns, non seulement aux chefs de famille, mais aux enfants mine rs des Métis, suivant qu’il apparaît à la section 32 de ce statut. Ces actes, d’après leur interprétation, assignaient d’abord, on le voit, à chaque chef de famille, le morceau de terre dont il se trouvait possesseur à l’époque du transfert, soit une étendue de 160 acres, et en outre assuraient aux Métis, en rachat du titre indien, 160 acres de terre ou un scrip pour autant ; plus 240 acres ou un scrip pour autant à chaque enfant mineur. En 1879, le premier ministre se fit autoriser à étendre ces privilèges aux Métis ‘1 Nord-Ouest. On voudra bien remarquer que les Métis du Muutoba ont été traités comme une classe spécial ; non comme Sauvages, non pas comme blancs, mais comme une classe participant aux droits des uns et des autres. Pour les traiter comme des Sauvages, il aurait fallu les parquer sur les réserves ; pour les traiter comme des blanes, on aurait dû Jeur donner des homesteads. Mais non, on les considérait, encore une fois, comme une classe particulière, participant aux droits des blancs et des Sau-

ages. Comme blancs, on leur donna u sur le morceau de te

Sauvages,

, je le répète, le Bouvernement fit passer un statut semblable au statut des Métis du Manitoba. A-til exéenté cette loi ? Quand l’at-il exécutés? A quelle époque a eu lieu la première application donnée par le gouvernement canadien à la loi de 1879 ?

premier acte qu’ait jamais fait le &ouvernement du Canada en exécution de ;.. ‘oi qu'il unit Ini-même fait Passer, a eu lieu le 28 janvier 1885; Il avr fallu que six longues années se fussent

lées avant ue le Bouvernement songeñt même à accomplir cet acte de justice en faveur des Métis, après avoir pris la peine de s’y faire autoriser dans le temps, par le Parlement. Pendant toute cette longue période, rien, absolument rien n’avait pu émou-

Comment se fait-i importuné le député de Provencher lui-m il, par exemple, que, le 19 novembre 18 aujourd’hui prisonnier au pénitencier du ; oucher, blessé sur le champ de bataille ; ,, p de bataille ; Isidore Dumas, tué sur le ch plusieurs autres,

à M. Duck, l t, pour solliciter

crétins

L'honorable député de Bellechasse (M. Amyot) a dit l’autre jour que, pendant cette longue série d'années, le gouvernement n’a fait qu’une chose: dormir et ronfler Selon moi, l'expression n’a rien de trop fort, puisque nous en avons l'attestation dans le livre bleu du gouvernement même, Le croiriez-vous, monsieur l’Orateur ? nous avons la preuve que le département avait perdu le souvenir de la loi qu’il avait lui-même fait mettre dans les statuts ; nous avons la preuve que le gouvernement avait bel et bien oublié que lee Métis avaient droit à des privilèges particuliers. C’est à peine croyable ;' cependant, nous en avons la preuve sous nos yeux, ici. Un jour, les colons de Prince-Albert s’assemblèrent pour délibérer sur leurs propres griefs et sur les griefs des Métis,

Parmi les résolutions adoptées, se trouve celle-ci, la troisième :

8° “ Proposé par M. Miller, secondé par M. Spencer, et adopté à l’unanimité :

4 Attendu que le titre indien dans ce district ou territoire n’est pas devenu éteint, et que les vieux colons de la population ruétisse du Manitoba ont reçu du scrip en remplacement de tel titre, et que cette allocation n’a pas été faite à ceux qui résident en ce territoire :

“ Résolu, que le très honorable ministre de l'Intérieur soit requis d’accordez le dit scrip aux dits colons, les mettant ainsi sur un pied d'égalité avec leurs compatriotes du Manitoba”.

Cette résolution demandait simplement que les Métis du Nord- Ouest fussent traités exactement comme les Métis du Manitoba avaient été traités, exactement comme l'honorable député de Provencher a admis qu’ils auraient dû être traités. Et, cependant, quelle a été la réponse du département de l'Intérieur ? La réponse du département va prouver précisément ce que je viens de dire, qu’à cette époque en 1881 le département avait complètement oublié la teneur du statut qu’il avait lui-même fait mettre dans nos lois. Voici quelle a été cette réponse, adressée à l'honorable Lawrence Clarke, qui avait transmis ia pétition à Ottawa:

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