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tant
race de leur rendre juspour Ja Jaler Bénérewsement 1 SA] avait pris je rendre Ju pour faire le bien qu'il à pris punir le mal, jamais j] n'eût eu besoin de pro ple que da Lol ne nn anti 1 n'et impunément, que jamais la loi n'aurait été violée en rien, Tandis qu’aujou
rd'hui, pour ne rien dire de coux qui ont perdu la vie, nos regorgent d'hommes qui ant de jamais ghtenir justice par la paix, ont cherché à lobes r la guerre; d'hommes qui, désespérant de jamais être trait comme des hommes ge ont préféré risquer leur existence plutôt que
de se voir tés on esclaves, Ah ! cos hommes ont € lement souffert, ils souffrent encore ; mais patience | leurs encrifices ne resteront pas sans récompnse, PS 6 ee tombe; ils sont eux-mêmes dans les fors, mais du fond de leu
cachots, déjà ils Peuvent voir qu’elle s'est sur leur pays l’aurore de cette justice, l'aurore : cette liberté qu’ils ont réclamées { vain, mais pour lesquelles ls ne so sont pas battus en vain. Leur sort évoque, plus que cela il prouve la vérité de cette invocaà yron à la Liberté, dans l'introduction du Prisonnier de
Oui, leur martyre a Préparé le triomphe de ] dans les fers aujourd’hui; mais les droits battus sont reconnus. Nous n’avons pas
eur pays! Ils sont Pour lesquels ils se sont encore devant nous Je
tes fils sont plongés dans les fers... dans les fors et dans la ténébreuse horreur d'un cavesu bumide, leur martyre le triomphe de leu trie! — Prisonnier de Chillon’ traduction À + Louis La
sition, Cela ne se + pas alors; mais après la guerre, se peut ; c’est la conquête de cette insurrection. Oui, je le
leur « le trismphe de leur , se prouve qu y'avait pd leur pays pendamment de toute autre, pour se montrer clément envers celui
Sr S
GUERRE SUD-APRICAINE
EFSTs Fe SEE
Eu 1899, éclatait une guerre Sud, Les Boers de l'Etat in l'impulsion du
d'émoi
et l'opinion, s'énervant
outre mesure, se demandait si le prestige colonial de l’Em. pire d’un ennemi d’abord l’Angleterre,
cri d'alarme
l'Australie, la Nouvelle.Zé.
expédition sud-afri.
ant la réunion des Chambres,
244 L'SCOURS
sans la sanction du Parlement, M. Bourassa attaqua vivevement la politique du gouvernement à la session de 1900, et finit sou discours en demandant aux Communes de donner leur sanction à la déclaration que l’on va lire :
Que cette Chambre insiste sur le principe de la souveraineté et de l'indépendance du parlment comme étant la base des institutions britanniques et la sauvegarde des libertés civiles et politiques des citoyens britanniques, et refuse, en conséquence, de considérer l’action du gouvernement au sujet de la guerre de l'Afrique du Sud comme un précédent qui doive engager ce pays dans toute action à venir.
Que cette Chambre déclare, de plus, qu’elle s’oppose à tout changement dans les relations entre le Canada et la Grande-Bretagne à moins que tel changement ne soit décrété par la volonté souveraine du parlement et sanctionné par le peuple du Canada.
Sir Wilfrid Laurier prononça, à cette occasion, le discours suivan: :
(TRADUCTION
J'ai écouté avec une profonde attention chacune des paroles de mon honorable ami. Je l’ai écouté avec une attention d’autant plus profonde que je connais l'honorable député, pour ainsi dire, depuis son enfance, J’admire ses brillantes qualités ; j’ai pour lui une amitié vive, et c’est pour cela que je regrette profondément l'attitude qu’il a prise. Mon honorable ami est jeune et enthousiaste, il est à cet âge heureux où les théories brillantes et chevaleresques ont plus d’importance que les réalités et les choses pratiques. Mon honorable ami déclare qu’il veut revendiquer les privilèges et les droits constitutionnels qui appartiennent à ce parlement et que, d’après lui, le gouvernement actuel a méconnus, quand il a décidé qu’il était de son devoir d’envoyer un contingent militaire en Afrique.
Me permettra:t-ii de lui dire qu’il eût pu mieux atteindre son but, en soumettant sa proposition lors de la discussion sur l’adresse en réponse au discours du Trône, ou quand l'honorable ministre des Finances (M. Fielding) demanda au parlement de ratifier ce que nous avons fait.
Nous aurions pu alors discuter ia proposition d’une ma-
nière pratique et utile; nous aurions pu l’amender, la rejeter ou l’adopter. Au lieu de cela, il nous arrive aujourd’hui avec une déclaration dont les termes peuvent être très académiques, mais que nous ne pouvons pas modifier et que d’apr's les règles de la Chambre, il nous faut adopter ou rejeter en son entier.
L’honorable député, au cours de ses éloquentes remurques, a jugé à propos d'exposer les rapports qu’il y a eu entre nous deux sur cette question.
11 a déclaré qu’il n’était Pas à son siège quand la déclaration de sympathies en faveur des Uitlande:s du Sud-africain, le 81 juillet ou le 1er “Ût, je crois, a été présentée à la dernière session, et que 8. avait été présent, il se serait opposé à l'adoption de cette résolution. 11 a également informé la Chambre, qu’à deux reprises différentes il m’a averti que si le gouvernement s’engageait dans aucune
S'il veut me permettre d’aller un peu plus loin dans la voie des aveux, il admettra que j'ai déclaré qu’il était parfaitement libre de soumettre une proposition tendant à condamner le gouvernement dans cette affaire; maïs je lui ai aussi déclaré que, Pour accomplir ce qu’il croyait être son devoir, il devait la présenter, soit sous forme d’amendement à l’adresse en réponse au discours du Trône, soit sous forme d’amendement aux résolutions proposées par le ministre des Finances (M. Fielding).
Nous aurions pu alors offrir nous-mêmes un amendement à sa déclaration. Je n’ai rien à dire des priucipes énoncés dans la proposition du député de Labelle ; je ne suis pas prêt, ce, “ndant, à en accepter le texte entier, pas plas que je suis prêt à admcttre que le mnment a été bien choisi pour la présenter au pariement. Mais, si la proposition avait été soumise lors du débat sur l’adresse ou comme
Quand nous avons décidé d’envoyer le premier régiment
8 ainsi par
us de faire
en dépit de la prétention de ’en egissant ainsi, on ne
ment ni le principe de la
réer un précédent, étai Ï citerai, ainsi quàl1
u parlement en Angleterre, renvoie mon honorable a 15 de la dernière édition de Todd. Après avoir énoncé le principe psclementaire bien connu qu’il ne doit se faire aucune dépense sans la sanction préalable du parlement, il ajoute qu’il y a à cela plusieurs exceptions, et c’est surtout le passage suivant que je signalerai à mon honorabie ami :
On aurait done tort
Jamais
aire, de mettre hardiment de côté les ’en rapporter au bon sens du parleaprès que toutes les circonstauces anserait pas un avantage, mais plutôt
Communes dit aussi “ que dans certains cas d’urgence, il devient absolument nécessaire de faire des dépenses non autorisées par le parlement. Dans ces cas, l'exécutif est tenu de prendre la
sabilité de sanctionner tout ce que demande l’urgence ; et il n’est jamais arrivé au parlement de refuser ensuite de voter les crédits
Voilà la loi anglaise et le principe généralement admis. Todd cite, à l'appui de cette règle, beaucoup de précédents, mais je me contenterai d’en donner deux. Voici le premier:
Au commencement des guerres de la révolution française, M. Pitt avança des sommes énormes : $1,200,000 à l’empereur d’Allemagne pour l'aider à défendre les intérêts de l’Europe, sans la sanction préalable du parlement. Quand la Chambre des Communes eut connaissance de cette affaire, on parla d’un vote de censure contre le ministre; mais ses partisans intervinrent, et la Chambre adopta un amendement déclarant que sa conduite ne devrait pas servir de précédent, mais que, vu l'urgence du cas et la gravité des circonstances, le ministre avait eu raison d’exercer le pouvoir discrétionnaire que lui avait conféré ua vote de crédit antérieur.
‘Mon honorable ami répondra pent-être à cela qu’on avait déjà voté un crédit ponr la guerre et qu’il était épuisé. Cela n’infirme en rien le principe
Je signalerai un autre inci*ent survenu en 1867, et qui est encore cité par Todd :
Le 18 février 1867, le Chancelier de PEchiquier demanda un crédit de £45,721, pour l'achat de la collection de monnaies et de médailles anciennes de Blacas, pour le musée anglais. L'automne précédent, les ministres avaient pris la responsabilité de faire cet achat, pour assurer à l'Angleterre cette collection unique et précieuse. Lans cette circonstance, le crédit fut voté sans opposition.
Je pourrais citer un autre précédent très remarquable. Le gouvernement Disraëli avait acheté toutes les actions du
Khédive dans le canal de Suez, sans y être autorisé par un vote du parlement ; Plus tard, son action fut ratifiée par la Chambre des Communes,
A cette époque, il y avait des libéraux dans le parlement anglais, et il yen a encore aujourd’hui, Ce n’était pas des li ux de nom seulement ; ils avaient à cœur les véri. tables principes du libéralisme, Du temps de Pitt, il y avait Fox, et du temps de Disraëli, il y avait Gladstone et Bright. Or, ces libéraux étaient d'opinion que le parlement pouvait sanctionner des dépenses faites Par le gouvernement dans les cas urgents,
Dans ces circonstances, cependant, le gouvernement assume de grands risques et est obligé de faire ratifier sa conduite par la Chambre, N’avions-nous pas t croire que le parlement nous approuverait miers jours de la session, nous avons soumis ce qui s’était passé ; notre conduite a fait le sujet d’une longue discussion, et le principe dont nous nous étions inspirés a reçu l'approbation unanime de la Chambre,
À quoi sert, ñlo ’opinion publique ne nous était pas favoi able, e devions pas nous
es journaux ? L’opi-
Le PREMIER MINISTRE : Quoi ! si nous avions alors refvsé d’obéir à ce que je congidérais €‘Mine un devoir im-
périeux, nous serions aujourd’hui en présence de la plus dangereuse des agitations, d’une agitation qui, selon toute probabilité, se serait terminée par une es: rable guerre de race, Jamais plus grande calamité n’e t encore fondu
confiance, mon parti peut m'’enlever le Ccornmandement qu’il m’a confié, mais jamais je ne dévierai d’une ligne de la politique que je me suis tracée, Quelles que soient les conséquences, que je perde pouvoir, prestige et popularité, je sens que je suis dans le vrai, et je sens qu’un jour viendra où tous les citoyens, Y Compris l’honorable député de Labelle lui-même, me rendront pleine et entière justice sur cette question,
Je comprends, maintenant, M. l'Orateur, mieux qu’au- Paravant, les raisons qui ont poussé mon honorable ami À prendre l'attitude qu’il a prise. Il est opposé à la guerre ; il croit que cette guerre est injuste. Je ne le blâme point
ami a autant droit de croire à l'injustice de la guerre, que John Morley, M. Courtney et plusieurs autres libéraux
Mais, si mon honorable ami croit que la guerre est injuste, je suis, Pour ma part, profondément convaincu, dans
Pour le président Kruger Personnellement, j’ai la plus grande admiration; c’est un patriote convaincu, et il croit avoir raison. Mais, si l’on examine sa conduite et sa poli-
la plus n toute
guerre e fondu
,etun ie tout nsacré \ et de >opulaer leur lement e de la ès con-
tique à la lumière de l'histoire, il faut en arriver à la conclusion que, en déclarant la guerre à l'Angleterre, il s’est déclaré le pire ennemi de son pays.
Toute la difficulté réside dans le fait que le président
ger a refusé aux Uitlanders le droit de suffrage, les droits politiques et civils,
ouvert le pays à l'immigration étrangère ; nous invitons les rs À veair s'établir au milieu de nous, et dès qu’ils se conforment aux lois du Pays, ils deviennent citoyens du Canada et jouissent de tous les droits dont nous j
N’est-il pas évident, n’est-il Pas conforme aux règles de la civilisation du 19e siècle, que si une jeune nation ouvre tracte l'obligation mo-
les mêmes droits politiques et civils qu’à ses Propres nationaux?
ment par M. Fitzpatrick, et intitulé : “The Transvaal From Within, ” J’admets que c’est un livre écrit par un ad. versaire déclaré des Boers, mais ñ'ont
jennte fté contredits, À la page 58, M. Fitzpatrick dit :
En 16584, MM. Kruger et Smit se rendirent en Europe pour tâcher de se procurer de l’ t, dont ils avaient grand besoin, et pour r certaines mod/Boations rent sans succ% de se procurer de l'argent en Hollande, par l’intermédiaire des personnes auxquelles il venait d’être accordé une concession de chemins de fer ; mais les délégués furent plus heureux dans leurs autres négociations. Ils conclurent la convention de Londres, qui fixa des frontières encore indéterminées ; et dans ce document, il n’est pas question de ]a suzeraineté de l'Angleterre.
venir s'établir dans le Transvaal et que l’on n’avait pas besoin d'eux. MM. Kruger et Smit étaient descendus à l'hôtel Albermarle, et après quelques semaines de retard, ils eurent le désagrément de ne pouvoir payer leurs frais d’hôtellerie. Ils s’adressèrent à un certain baron Grant, qui, À cette époque, était une étoile brillant d’un éclat particulier dans le firmament de la finance, Ce baron Grant avait de grands intérêts dans les concessions aurifères de Lydenburg ; il était prêt à leur venir en aide, mais à certaines conditions, En échange de ses bons offices, il demanda üne garantie de bon vouloir de protection et d’
ment, pour les colons anglais du Transvaal. M. Kruger répondit au nom de la république, en publiant dans les journaux de Londres une chaleureuse invitation et des promesses de protection et de droits égaux pour tous ceux qui voudraient aller a Transvaal. Cette invitation a été souvent citéo dans ces derniers tcmps, comme un argument contre M. Kruger.
Je n’ai jamais vu cela contredit nulle part ; et en présence de cette invitation du président Kruger, comment peut-on expliquer qu’il ait ensuite refusé à ces gens le droit de suffrage, pour en faire des ilotes politiques ?
Je n’entrerai pas dans les détails de la politique transvaalienne ; mais on me permettra de citer un simple fait que je trouve dans le dernier numéro du “Statesmen Year Book.” La population du Transvaal est de 245,397, et le revenu prélevé sur cette population est £4,480,218 on 824. 401,660 — ou près de $100 par tête. Comparons cette taxe
Cependant, on
ue tous les ter, el ét,
que guerre es rait vivement que le Can > NOUS AVONS cru de notre devoir de nous ren festation, en envoyant un
Parlement ratifierait notre
Mon honorable ami a énoncé une seconde Proposition, dans laquelle 1] est dit !
Que cette Chambre déel de plus, qu’elle s'oppose à tout
t dans les relations > itiques et militaires qui existent
actu ) la Grande-Bretagne ; À moins que ce
la volonté souveraine du parlepar le peuple du Canada.
prétend qu ns changé
254 DIBCOURS
il base la doctrine que, en envoyant un t en Atrique, nous avons changé les relations politiques qui existaient entre les deux pays. Il a été même jusqu'à dire, ou plutôt insinuer, qu'en agissant comme nous l'avons fait, nous avons obéi aux ordres venus de Downing street, et que M. Chamberlain nous avait forcé la main. Il a aussi insinué que, en adoptant la résolution de l’an dernier, ext nos sympathies pour les Uitlanders, nous n'avons ait qu'obéir à M. Chamberlain, et que cette résolution avait été rédigée par l'agent de ve dernier, De fait, personne n’a vu cette résolution, à l’exception, du chef de l'opposition, auquel j'en ai adressé une copie après qu’elle eût été adoptée le conseil.
on honorable ami dit aussi que, dès le mois de juillet dernier, lorsque nous avons présenté cette résolution, M. Chamberlain se préparait à la guerre,
Je demande à mon honorable ami comment il peut affrmer une chose semblable en présence de faits si connus ? Oui, ce sera à l’éternelle gloire de l’Angileterre qu'au lieu de se pi à la guerre durant l'été dernier, elle s’est trouvée obligée de faire la lutte avant d’avoir fait aucun préparatif. Mais de son côté, M. Kruger avait préparé cette guerre depuis des années ; il achetait des canons et des munitions de guerre ; {1 accumulait des provisions, il attirait au Transvaal des officiers habitués aux tactiques militaires européennes et il exerçait ses compatriotes au maniement des armes, aux manœuvres militaires ; et quand il s’est cru suffisamment préparé à la lutte, il a lancé son ultimatum insolent qui demandait à l’Angleterre d'abandonner ses possessions du Sud-africain. À ce moment l'Angleterre s’est trouvée prise au dépourvu. Elle n’avait dans cette partie du monde que quelques milliers de soldats et c'est pourquoi elle a dû subir l’humiliation de défaites successives. Je le demande, en face de cet état de choses, quel est l’homme sensé qui prétendra que M. Chamberlain était prêt à la guerre, depuis longtemps ?
Non, M. l’Orateur, ce n’est pas l'Angleterre, ce n’est pas M. Chamberlain ou le bureau colonial qui nous a forcés à agir comme nous l'avons fait. Je ne puis comprendre ce qu’a voulu dire mon honorable ami quand il a dit que le
uvernement ne devait pas engager l'avenir de ce pays. comment avons-nous engagé l’avenir de ce pays ? Nous avons agi avec toute Plodfsentonee de notre pouvoir souverain, Ce que nous avons raie es nous l'avons fait de notre plein gré ; mais je ne puis dire quelles seront les conséquences de ces actes, je ne puis prédire ce que l’avenie point, Je n’ai qu’une chose à déclarer égard, c'est que si le peu, ‘e du Canada, dans toute circonstance à venir, exprime je sentiment que nous devrions participer aux guerres de l'empire, la volonté du peuple du Canada sera respectéc, Mon honorable ami me permettra de lui répéter la maxime qu’il a citée lui-même anjourd’hui et qu’il a tirée de la d
rcés de prendre part à toutes les guerres de la Grande-Bretagne, je partage entièrement l'opinion de mon honorable ami, c’est-à-dire, que supportant le poids de la guerre, il nous faudrait aussi en partager la responsabilité, Alors nous aurions le droit de dire à la Grande-Bretagne : Si vous avez besoin de notre aide, appelez-nous dans les conseils de l'empire, si vous voulez que nous prenions part à vos guerres, nous sommes prêts à en supporter le fardeau, mais de plus la responsabilité et les devoirs. Mais aujourd’hui, nous ne pouvons tenir ce Jangage
Mon honorable ami oublie un point essentiel dans cette discussion, c’est que nous n’avons pas usé de notre pouvoir comme gouvernement nanr forcer n68 soldats à aller à ja guerre. Nous avons une loi de milice dans ce pays, nous
Honvernement à appelé sous les armes nos corps de volontaires, et ceux-ci durent partir, Ils ont obél de borne grâce, sans doute, r.1s eussent.ils ess0yé de ne pas répondre à l'appel, ils auraient été forcés par leur serment d'obéir aux ordres du gouvernement, Dans le cas présent, rien de tel n’a été fait. Nous avons tout simplement fourni toutes les facilités de départ à ces 2,000 jeunes gens qui étaient dési. reux d'aller donner leur vie pour l’honneur de leur pays, pour le drapeau qu’ils chérissent.
Mon honorable ami nous a reproché, cette après-midi, d’avoir envoyé 2,000 hommes au lieu de 500 volontaires, Je le demande encore une fois à mon honorable ami, quelle
jeunes gens qui voulaient servir leur souveraine dans cette guerre du Sud-africain, le privilège qu'ils réclamalent de nous ? Si nous avions dit : 500 seulement d’entre vous
tiront, À gr md serait notre position maintenant ? Qu'avonsnous fait de mal après tout ; mon honorable ami peut-il
vie pour défendre une cause qu'ils croient sacrée ? M, l'Orateur, s’il est une circonstance où nous ne devrions entendre —— voix discordante dans cette Chambre, c'est bien ce È
J'ai beauconp admiré le discours de mon honorable amt. Je suis loin de Partager ses vues. Mais je lui demande de se souvenir qu’il appartient à une famille de patriotes, ainsi qu’il le disait cette après-midi.
Je lui demande de se rappeler que les libertés dont il jouit aujourd’hui, 11 les doit en grande partie à cette famille,
Et s’il a des libertés, ne consentira-t-il pas d’autre part à accepter des obligations et des devoirs ? Veut:il que les sacrifices soient tout d’un côté et qu’il ne donne rien en retour ?
Nous n'étions pas obligés de faire ce que nous avons fait, mals nous avons cru qu'il fallait être généreux, et répondre au sentiment publie. Quel est l'homme de cœur qui, sa chant la position particulière dans laquelle ronve Île Pays, hous fera un crime de notre conduite !
on honorable ami redoute les conséque des contingents en Afrique, Qu'il me per que du fond de mon cœur, j'espère que c les résultats les plus bienfaisants,
Quand nos jeunes volontaires ont laissé p:, nous bercions tous de l'espérance de les sir n. lointain champ de bataille d'Afrique le meme « e ! leurs ancêtres ont fait preuve au siècle deruicr, ! qu 1s combattaient les ‘ut, va Pr mg quelque fois le feu, vu qu'ils n
le télégraphe pression créée par
rades qui avaient affronté a
de bataille dans y a-til un Onnadien dont le eil, de cet orguell le plus noble,
cience de notre force,
monde à appris qu’
occident ?
Et ce n’est pas tout. L'œuvre d’union, d'harmonie et de concorde entre les deux principales races de ce pays n'est Pas encore terminée, Nous savons par ce qui s’est passé la semaine dernière qu’il nous reste encore beaucoup à faire à cet égard. Lfais, M. l’Orateur, 11 n’y a rien comme d’avoir souffert ensemble, d’avoir enduré les mêmes souffrances Pour unir les hommes et les nations.
Ê5 ce moment, dans ie Sud-africain, les hommes repré-
sentant les deux éléments de la famille canadienne se battent pour le même drapeau, Déjà, plusieurs sont tombés au poste d'honneur en payant le suprême tribut à leur
patrie commune,
ï dépouilles reposent dans la même fosse pour y dormir jusqu’à la fin des temps, dans un embrassement fraternel. Ne nous est-il pas permis d'espérer, — je le demande à mon honorable ami— que dans ce tombeau ont aussi été ensevelis jusqu'aux derniers vestiges de notre antagonisme passé ? &i ce résultat doit se produire, s’il nous est permis d'entretenir cet espoir, l'envoi de ces régiments aura été le plus grand service qu’on ait jamais rendu au Canada, depuis la confédération.
Quoi qu’il en soit, voilà les motifs qui nous ont guidés, voilà les idées qui nous ont inspirés, et je les crois de nature À toucher le cœur et l'esprit de mon honorable ami. Le Connrissant comme je le connais, je suis convaincu que, Prenant toutes ces choses en considération, il n’insistera Pas sur l’adoption dé sa motion.
vernement fédéral de législature de Québec,
pelons en peu de mots
question.
En 1773, le gouvernement anglais qui avait jusque-là laissé les Jésuites du Canada en possession de leurs biens, apprenant que le Pape avait supprimé cet ordre religieux, confisqua toutes levrs propriétés, Dans la suite, il les trans. porta à la législature du Bas-Canada qui en appliqua les revenus aux fins de l'instruction publique. A leur retour au Canada et après avoir été constitu$ par le Parlement en corporation pour les fins civiles (1847), les Jésuites réclamèrent la restitution de leur avoir. Les autorités firent la sourde oreille à cette réclamation. Convenons que, sous le régime de l'Union, avec une majorité protestante au Parlement, il n’aurait pas été ‘acile d’y faire droit, Après la Confédération, la position s'étant profondément modifiée avec les institutions nouvelles, les Jésuites reprirent confiance et renouvelèrent leurs instances auprès des différents gou-
vernements qui se succédèrent à Québec depuis 1837 jusqu’à l’arrivée de M. Mercier au pouvoir.
Après de longs pourparlers et des négociatio.is avec les autorités religieuses, M. Mercier eut le 1.érite et l'honneur de réussir dans une entreprise où ses devanciers avaient échoué, L: :eglement qu’il effectua, avec l’agrément du Pape, et à la satisfaction des protestants de la province de Québec, fut un <oup de maître, Tn acte du Parlemert de Québec intervint pour le confirmer et le rendre exécutoire. C’est cet acte dont M. McCarthy et une faible minorité de députés vinrent réclamer le désaveu à la session de 1889, Le Souvernement Mardonald repoussa la proposition de M. McCarthy. M. Laurier prêta main-forte au pouvoir et profita de l’occasion Pour invoquer, en un plaiäoyer remarquable par la logique et l'éclat de la phrase, le respect des droitr des provinces,
Voici ce discours :
(TRADUCTION
Monsræur L’ORATEUR,
Il n’arrive pas souvent que la gauche ait l’occasion d’appuyer la politique du Souvernement ; mais dans le cas présent, lorsque le gouvernement est attaqué par un certain nombre de ges propres partisans, et que sa conduite a déjà provoqué une agitation qui, taalheureusement, n’est pas exempte d’animosité religieuse, je ne dirai assurément rien qui soit de nature à augmenter ce fâcheux état d’esprit ; et, répétant ce qu’a dit cette après-midi le député de Bothwell (M. Mills), dans son admirable discours, je déclare que le parti libéral, sauf quelques exceptions que je respecte, approuve entièrement l’attitude du Bouvernement sur la question qui fait l’objet de ce débat. D'ailleurs, M. lOrateur, nulle autre ligne de «: duite de la part de la gauche ne serait conforme à la politique que nous défendons depuis quinze à vingt ans, ou, plutôt, depuis la confédération. Aussi, je m’empresse de féliciter le gouvernement d’en être enfin arrivé à admettre la vraie politique qu’il a souvent combattue, savoir : que le seul moyen d’administrer
837 jus-
avec les 1onneur avaient ent du ince de sert de cutoire, rité de 389. Le
de M.
et proremarect des
avec succès les affaires de la confédération est de reconnaître le principe des droits provinciaux, Et je dois dire que si le gouvernement est aujourd’hui en butte à ces difficultés de la art de ses propres amis, s’il se trouve sn présence de l'agitation qui règne actuellement dans la province C’Ontario, et dont nous n’avons pas vu la fin, d’après ce que nous a déclaré hier l'honorable député de Simcoe-Nord (M. McCarthy), c’est dû entièrement à sa fausse politique, devant les conséquences de laquelle il est enfin obligé de reculer ; c’est dû entièrement à la manière dont il a gouverné le Pays, et aux moyens dont il s'est servi pour obtenir la majorité qui l’appuie.
Ceci, M. l’Orateur, n’est Pas une question de parti, c’est tout au plus nne querelle de famille ; C’est simplement un désordre domestique dans les rangs du parti conservateur, Une fraction de ce parti veut aujourd’hui que le gouvernement applique, quoiqu’il puisse arriver, la doctrine du désaveu qu’il a enseignée, et qu’il a plus d’une fois demandé à ses partisans d'appuyer. Or, le jour de la ré ibution doit, tôt ou tard, arriver, et je crois qu’il s’annonce pour le gouvernement. Les deux principales provinces de la confédération diffèrent considérablement entre elles. L'une est française, et l’autre anglaise ; l’une est catholique, et l’autre protestante. Chacune d’elles a ses préjugés particuliers à sa race et à sa croyance. Je dis préjugés à dessein ; et je n’empluie pas cette expression comme terme de mépris, car tout le monde admettra que les hommes à convictions forteinent enracinées, sont généralement portés par une exagération de sentiment à dépasser les conséquences légitirres de leurs convictions, Or, j’accuse le &ouvernement et le parti conservateur de n’avoir réussi, depuis 1854, à garder le pouvoir, presque sans interruption, qu’en exploitant les préjugés de ces deux provinces, Dans la bonne province catholique de Québec, où je demeure, !2s partisans du gouverne- Ient se sont toujours donnés pour les champions de la cause catholique romaine. Ils ont toujours dénoncé leurs adversaires, les libéraux d’origine française comme moi, comme des hommes
octrines et à
leurs actes et dans toutes leur ce qui était français et cath
liable, et aujourd’hui, la Presse conservatrice prétend que les honorables députés de l'opposition courtisent bassement l'influence de l'élément français et catholique.
Ce double jeu a longtemps réussi, mais avant d’aller plus loin, je me permettrai de rappeler que l'attitude du parti conservateur d’Ontario a toujours été telle que je viens de la décrire, comme le savent parfaitement tous ceux qui m’écoutent. Oe que l’on ne sait peut-être pas aussi bien, par exemple, c’est que les conservateurs de la province de Québec accusent les libéraux d’Ontario, non de courtiser l’influence catholique, mais de lui être hostiles, et de cette manière, les accusations portent des deux côtés. Dans une province, les libéraux sont accusés d’une chose, et dans l’autre, on porte contre eux une accusation diamétralement opposée.
Je pourrais citer articles sur articles de la presse qui appuie le très honorable premier ministre, pour prouver ce fait, mais je vais me à un court paragraphe. La question scolaire dans Ontario est une question brûlante. Hier l'honorable député de Bruce (M. MeNeill) n’a guère parlé d’autre chose, Il y a quelques jours, un débat a eu lieu sur cette question, dans la législature d’Ontario. Le parti conservateur accusait le cabinet Mowat de favoriser indûment l'enseignement de la langue française dans les écoles d’Ontario. Dans la province de Québec, on a commenté cette discussion, et la Minerve, un des journaux qui appuient le Souvernement fédéral, un organe du parti conservateur, en a parlé comme suit :
“La motion du député de Durhem-Est nous a valu une réplique très brillante, très fortement pensée, très large d’idées et fort coneluante de la part de l'honorable M. G. W. Ross, ministre de Pinstruction publique. M. Ross est un grit de la plus belle eau, mais nous sommes trop habitués aux dénonciations francophobes de ce parti et à leur intempérance de langage quand il s’agit de la
uie le je vais ] ité de quelégislafowat dans menté ent le
parlé
réplit fort re de eau, hobes de la i, de
parti «a ours eu deux faces, la dans ons et la face dévote du ince d’Ontario, le cri de ral]
Quelques VOIX : Non, jamais.
M. LAURIER : province de Québec, le cri a toujours été : ous des libéraux, ce sont de mauvais cathol eu a réussi pendant longtemps, mais ours ainsi, et je dis que le jour de la
regrettable sous plusieurs autre jour l’honorable
paraît empreint d’ de la conviction q
ral, son attitude sur cette question était expliquée dans le présent débat. Il
Parmi les diverses questions qui ont divisé les deux partis, il n’en est aucune au sujet de laquelle la politique des deux partis ait été aussi clairement tranchée que dans le présent cas. Le parti conservateur, dirigé par le très honorable premier ministre, a toujours prétendu avoir le droit de réviser la législation des législatures provinciales. Pour notre part, nous avons toujours soutenu que le seul r’oyen de maintenir la confédération est de recon-
naîtro que, dans sa sphère, dans la sphère que lui assigne la constitution, chaque province est aussi indépendante du contrôle du parlement f. éral, que l’est ce dernier du contrôle des législatures provinciales. L’honorable premier ministre, au contraire, a prétendu maintes fois, dans cette enceinte, et par ses actes administratifs, qu’il avait le pouvoir de reviser la législation provinciale, d’examiner si elle était bonne ou mauvaise, et de la désavouer, si elle était en conflit avec ses idées, La Chambre se souvient de la fameuse loi des cours d’eau, Qu'est-ce que l’honorable premier ministre a dit à ce sujet? Il a soutenu que c'était une question purement locale, qu’elle était clairement de la compétence de la législature d’Ontario, et cependant, il a pris sur Jui de désavouer cette loi. Et pour quelle raison ? Simplement parce qu’elle était en conflit avec ses notions du juste et de l’injuste. Voici ses propres paroles :
“Mais ici, où les diverses provinces forment un seul et même pays, où nous allons d’une province à l’autre, comme nous allons d’un pays à un autre et d’une ville à une autre, doit-on su
constitue un mérite dans une province soit un crime dans une autre, et que des lois différentes doivent exister.
Dans cette occasion, l'honorable premier ministre a pris sur lui de reviser la loi de la province et, trouvant qu’elle n’était pas conforme à ce qu’il croyait être jusie, il l’a désavouée. Sa conscience délicate était offensée de ce que la législature d’Ontario eût décrété que M. Caldwell n’avait pas le droit de flotter ses billots dans ce cours d’eau, qu'avait amélioré M. McLaren, sans payer de droit, bien que le Conseil privé ait décidé dans la suite que, sans cette loi, M. Caldwell aurait pu profiter de ces améliorations, sans
Chambre, qu’il n’a pas à s'occuper si cette loi provinciale est bonne, mauvaise ou indifférente ; qu’elle est entièrement de la compétence de la législature provinciale de Québec, et, partant, qu'elle doit suivre son cours. Examinons le rapport du ministre de la justice d’alors, sur le hill des aonrs d'age ét comparons-le
£eu,
avec celui fait par le ministre de la justice sur la loi qui nous vocupe. Le ministre de la justice a dit alors :
ère indiquée, |’ jugement d’un tribunal compétent, que la loi a toujours été et est bunal a prétendu qu’elle était ”
Examinons maintenant lo rapport du ministre de la justice dans le présent cas. 11 est extrêmement concis, Le ministre de la
justice, faisant allusion à des pétitions demandant le désaveu de la loi, dit simplement :
opportunité de modifier cette recoml'acte est d'intérêt purement provin-
. 29e mad on ancière qui est entièrement u ressort a ,
Voilà, M. lOrateur, la saine doctrine libérale ; c’est celle que - d”. : .
du temps pour qu’un principe juste entre dans l'esprit, je pourrais dire perverti, des honorables ministres. Non, je me trompe, il ne faut pas toujours beaucoup de temps ; dans certains cas Popération se fait aussi Promptement qu’elle est lente dans
d’autres occasions. Il n’y a que trois semaines, nous avons donné 2U gouvernement un conseil sur la manière dont il devait traiter nos amis les Américains, à Propos du modus vivendi. Natra
conseil & £t£ reçu avec mépris, et les honorables ministres ont dé-
claré que le peuple canadien accucillerait notre tion avec dédain ; et cependant, trois semaines plus ils ont d'opinion et ont adopté la r.itique que nous avions s Tant que le gouvernement “oatinuera à agir de cette façon, à re-
jeter d’abord la politique de l’+ “sition et ensuite à l’accepter, le pays n’y perdra point. :
Avant de me résoudre à »: :.r sur cette question, je me suis
demandé si je devais me bu er à faire ces tions, mais je ne puis regarder, — comme tous ceux qui ont à cœur les intérêts du la paix et l'harmonie du Canada, — avec indifférence l'agitation qui règne en ce moment dans la province d'Ontario. Enfant de la province de Québec, membre de l'Eglise catholique et partisan dn gouvernement qui a passé cette loi, je ne puis m’empêcher de regretter profondément que l’on essaie aujourd'hui de soulever nos concitoyens protestants de la province de Québec contre cette législation. Permettez-moi de ire, ce qui doit être évident pour chacun d’entre nous, que si nous examinons lu présente question ou toute autre question, au point de vue des opinions relirieuses que nous professons respectivement, nous somunos exposés à nous placer sur un terrain très étroit, très peu sûr et très dangereux, car l’histoire nous enseigne que c’est toujours au nom sacré de la religion que les passions les Plus violentes du genre humain ont été excitées, et que les crimes les plus effroyables ont été commis.
Je ne puis oublier que, dans le cas actuel, on a essayé de soulever les passions de la province d’Ontario. Mais j'espère que cetta tentative ne réussira pas, et qu’un sentiment plus sage prévaudra ; j'espère que le langage modéré de la raison que nous avons entendu aujourd’hui sera compris, et que, bien que cette loi puisse déplaire à certaines personnes, tout le monde reconnaîtra que, dans ces questions, nous devons avoir de l’indulgence pour les sentiments des autres.
Quelle est la cause de l'agitation qui règne aujourd’hui ? Quelle est la cause de la législation qui a provoqué ces difficultés? Ia voici: il est regrettable que les nations européennes, les Français et les Anglais, en venant sur notre continent, aient emporté avec elles non seulement leurs lois et leurs institutions, non seulement leur civilisation, mais encore leurs haïnes. Aujourd’hui, et depuis plus de soixante-dix ans, la France et l’Angleterre vivent en paix, et il était réservé À notre pénératt : d’aacister À nn enactacle ani
aurait semblé improbable, pour ne pas dire impossible, ues années auparavant, Nous avons =. la France ct 7 2e li contre un ennemi commun, et pour nous, sujets anglais d’origine française, sujets anglais qui avons appris à aimer l’Anination, qui ne voumais qui nourde nos ancêtres,
ren ne pouvait être plus co: :1lant que de voir les drapeaux de la et de }’ flotter ensemble sur les bords de l’Alma, sur les hauteurs d’Inkerman et au milieu des ruines de Sébas. “02 t Il en est de même, aujourd’hui. 1] n’en était cependant ; de. Pas ainsi lors de la découverte de l’Amérique, lors de l’établissee ment des postes anglais et français sur ce continent. A cette je ne époque, les Français et les Anglais étaient depuis des siècles essaie engagés dans des querelles mortelles. Ils emportèrent avec eux J F4 ces querelles, ces animosités qui les avaient divisés en Europe; et =, { ici, sur ce continent, ils se Poursuivirent à travers les rivières et col les lacs, les montagnes et les forêts, et s’attachèrent à se faire réci. LR | Proquement le plus de mal possible. Ils avaient devant eux + ad l'immense étendue de ce continent encore vierge, ct cependant “ 113 s0 livrèrent une guerre mortelle pour se disputer la Possession — des misérables huttes qui composaient leurs premiers établissere ments. Ce long duel se termina, comme nous le savons, sur les ses Plaines d'Abraham. La guerre fut cependant prolongée encore . | ‘ne année par le chevalier de Lévis, mais sans autre résultat que ; cùtée l'obtention de conditions de capitulation plus généreuses de la part Fret du vainqueur.
Fe On a parlé de ces conditions, et je n’ai pas besoin d’y revenir. = al Communautés religieuses furent maintenues dans la possession " FE de tous leurs biens, aussi librement qüe si elles fussent restées ut. sous la domination du roi de France. L’honorable député de
Muskoka (M O’Brien) a dit en ouvrant le présent débat que les Quelle termes de la capitulation avaïent ét modifiés par Je traité de Etre Paris. Pour ma part, je ne vois là aucune différence ; mais si difnçais férence il y a, je swis parfaitement prêt à accepter l'intreprétaes tion qu’en a donnée le Fouvernement anglais lui-même. Pour ce A qui est de la manière dont le gouvernement anglais a traité ces epuis Communautés auxquelles on avait proriis une immunité spéciale, cle je ne vois aucune différen:… dans leur position sous le rérime à LE franenis ot sous 1 régime anglais,
ae
traité cos communautés et toute la population, sous le des intérêts avec la plus grande générosité. Toutes les communautés religieuses, sauf les Jésuites, ont 6t6 maintenues
dans ln posesicn de leurs biens On « fait une exception pour les Jésuites, et uoif Est-ce droit de comme l’a affirmé M. MoOarthy ! ” —
M. MoCARTHY : L'honorable député voudraitil me permettre de l’interrompref Je n'ai affirmé cela. C’est en vertu de l'introduction de la loi anglaise dans le pays lors de la
uête, et nullement par droit de conquête, que ces biens ont été confisqués au profit de la couronne.
M. LAURIER: Quoi qu’il en soit, je tiens compte de l’observa-
tion. Je n’ l'intention de traiter le côté de la question, + mr dorées ht À mvman vs le cas actuel.
quand même, comme l’a dit l’honorable député, le
ment anglais aurait pris possession de ces biens en vertu de l’introduction de la loi anglaise dans le pays, cela aurait pu de ce tout aussi bien aux autres communautés qu’à celle des tes. Pourquoi a-t-on fait exceptionf Pourquoi ces autres communautés religieuses ont-elles été maintenues dans la possession de leurs biens, et les Jésuites exceptés! Je crois que le ministre de la justice a donné hier la vraie raison de cette exception, lorsqu'il a dit que c'était grâce à la convoitise de lord Amherst, qui, en 1770, avait obtenu du roi la promesse que ces biens lui seraient concédés.
Si, plus tard, l'ordre n’eû* pas 6t6 aboli par le Pape, je crois fermement que les Séauit.s auraient été maintenus dans la possession de leurs biens. coc.me les autres communautés religieuses. Mais l’ordre fut aboli, et après la mort du dernier Jésuite, le gouvernement anglais prit possession des biens,
Plus tard, comme nous le savons, les héritiers de lord Amherst réclamèrent ces biens, en vertu de la promesse faite, en 1770, par le roi. Mais les protestations furent si vives, non seulement de la part des anciens habitants, mais, aussi, des nouveaux habitants; non-seulement, de la part des anciens sujets du roi, mais, aussi, de ses nouveaux sujets, qu’il fut impossible au gouvernement de céder ces biens aux héritiers de lord Amherat, comme il en avait l'intention.
D'un autre côté, bien que le gouvernement eût pris possession de ces biens, et qu’ils eussent été 19 eu général Amberst Je ans le fonds général ct il les
ce jour, les autorités ecclés n’ont jamais cessé de réclamer Les protestations s0 u’à ce jour, dans l’ordre suivant :
“1. 4 février 1793, par les citoyens bre 1799, par Sa Grandeur Jean-
du dis-
Grandeur Joseph
Signaï, archevêque Québec, et pa: évêques de Montréal,
Kingston et Toronto. 6 juin 1847, par le clergé des diocères de
Montréal et de Québec. 6 janvier 1874, par le Révérend Père
Théophile Charvaux, supérieur général de la mission des Jésuites
au Canada. 7, 9 octobre 1878, par l’archevêque de Québec et
les évêques des Trois-Rivières, de Rimouski, Montréal, Sher-
brooke, Ottawa, St-Hyacinthe et Chicoutimi, /8. 9 janvier 1885: par l’archevêque de Québec ”.
que le gouvernement anglais a pris es autorités religieuses de la province de
province de Québec, ces protesn résultat® Bien des fois, vous le savez, le
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pr de Québec a essayé de disposer de ces biens. M ercier n’est pas le seul chef de cabinet qui ait entrepris de régle cette question. A plusieurs reprises, ses prédéresseurs avaien aussi tenté de rendre justice aux Jésuites. Il ÿ avait une raisor pour cela. Ces biens sont évalués aujourd’hui par M. Rivard qui en a la surveillance, à $81,200,000. Ils ne rapportent qu 822,000 de revenus, soit moins de 2 pour cent. Une partie des biens n’a aucune valeur annuelle, L'ancien collège des Jésuites, par exemple, au centre même de la ville de Québec, en face de le basilique, ne rapporte pas un cou de revenu, mais, au contraire, il constitue une charge pour le trésor de la province, tandis qu’il se vendrait un bon prix s’il était mis en vente. Le gouvernement de Québec a souvent essayé d’en disposer, mais chaque fois les autorités religieuses ont réclamé et fait échouer la vente.
Les choses devaient-lles rester éternellement dans cet état ? Plus d’une fois, la ques‘ion a été amenée sur le tapis. En 1876, M. de Boucherville a essayé, mais en vain, de la régler avec les autorités religieuses de la province. On a affirmé plusieurs fois dans les journaux, bien que la chose n’ait jamais été annoncée officiellcment, que M. Chapleau était entré en négociations avec les autorités religieuses lorsqu'il était premier ministre, et qu’il était allé jusqu’à leur offrir 8500,000 en règlement de leurs réclamations sur ces biens. J’ignore jusqu’à quel point cela est vrai. Je ne parle que d’après ce qu’ont dit les journaux, Mais il est certain que M. Ross, qui lui a succédé comme premier ministre quelques années après, a entrepris de régler la question. Les négociations n’ont abouti à rien, et pourquoi? Parce qu’il fallait du courage pour régler cette question, parce qu’il était certain que celui qui la règlerait aurait à affronter beaucoup de préjugés, comme l’ont prouvé les faits. M. Mercier a eu ce courage, et il l’a réglée, et quand même la carrière de M. Mercier ne présenterait rien autre chose de remarquable, le courage qu’il a eu de régler cette question suffirait pour lui donner droit au titre d’homme d'Etat.
Cette question, je crois, devait être réglée. Comment l’a:t-elle été? Elle a été réglée de la façon la plus raisonnable pour tous ; elle a été réglée par compromis. M. Mercier, en effet, a dit aux autorités religieuses: Je suis en possession de ces biens, en ma qualité de représentant de la couronne ; le droit appartient à Ja province de Québec ; nous avons un titre légal ; je n’admets pas
y biens, M.
ris de régler urs avaient t une raison M. Rivard, portent que e partie des les Jésuites, n face de la u contraire, tandis qu’il uvernement que fois les te.
cet état ?
En 1876, ler avec les asieurs fois 6 annoncée ations avec re, et qu’il leurs réclala est vrai.
Mais il est r ministre tion. Les u’il fallait *ertain que préjugés, ge, et il l’a résenterait de régler > d'homme
it l’a-t-elle our tous ; a dit aux ns, en ma tient à la imets pas
que vous ayez un titre légal, qu’il en soit, dit-il, faisons de part et d’
prétentions ; je clamez tous ; faisons un com
que soient ses préjugés ; je le demande à l’hono: Muskoka (M. O’Brien) lui
gé, dans régler les questions d’après les théories établies.
ns l'opposition, ne peut pas régler une question d’après les théories établies. Il doit consulter, i i
ans un pays » Où il y a plus de 1,000,000 de ie rég..lièrement constituée, avec
Puis encore en appeler au témoign ront la chose dans un esprit libre de M. l’Orateur, l’on n’a, jusqu’aujourd’hui, trouvé qu’un seul moyen Pour gouverner les hommes d’une façon satisfaisante, et ce moyen consiste à les gouverner conformément aux désirs exprimés par veux pas dire que l'opinion publique ini i i toujours l’inter-
paix et l’harm et lorsque cette question a été lée, elle l
la province de Québec,
veux pas envisager les conséquences, Voilà pourquoi cette question à été réglée comme elle l’a été.
Mais le député de Simcoe (M. MoOarthy) et quelques autres membres de cette Chambre ont insisté sur le fait que cette législation est vicieuse au point de vue protestant. Ceperdant, chose étrange ! la minorité protestante est représentér dans 14 législature de la province de Québec. Si je me le rappelle bien, il y « encore douze députés protestants à la législature rovinciale. Lorsque cette question est venue sur le tapis, deux députés seulement ont protesté et leurs protestations ont été très faibles. Et ils ont protesté contre quoi! Contre une seule partie de l’acte, contre le fait que le nom de Sa Sainteté le Pape paraissait dans le préambule. M. Lfercier leur a fait, alors, la réponse même faite hier par le ministre de la justice et leur a dit: Si vous ne voulez pas du nom du Pape, dans cette affaire, veuillez me proposer le nom d’un autre, pour que je le mette à sa place.
C’est un compromis fait avec les autorités religieuses de la province de Québec, et M. Mercier a, je crois, agi équitablement et prudemment avec le chef de l'Eglise catholique romaine. Ses arguments ont été si concluants, que l’on n’a pas insisté sur ces objections ; l’acte a été adopté unanimement, et M. Mercier a pu parler dans les termes suivants de l’attitude prise par ses collègues protestants :
“ Je remercie les députés protestants de la modération qu’ils ont montrée en discutant cette question. C’est d’un bon a L'unanimité, qui existe maintenant, est une preuve que les différentes races dont se compose notre population, vivent en paix et en harmonie et étudient les questions les plus délicates avec cet esprit de conciliation qui fait des merveilles, lorsqu'il est convenablement dirigé ”.
Mais cette législation ne donne pas satisfaction à nos amis protestants d'Ontario. Cependant, puisque les protestants de la province de Québec sont satisfaits, qui peut trouver à redire?
J'ai compris que le député de Huntingdon (M. Scriver) avait dit, :! y a un instant, que les protestants de la province de Québec ne sont pas tous satisfaits. Il peut arriver, en effet, qu’ils ne soient pas tous satisfaits. Il est très rare que sur une question qui se présente, des hommes de même croyance, de même race
tte ques-
os autres te législare 4 a législaen, ilya ile. Lorseulement Et ils ont contre le le préamfaite hier ez pas du nom d’un
de la prolement et ine. Ses 6 sur ces cier a pu
collègues
ion qu’ils na
les diffén paix et y avec cet est conve-
ver) avait le Québec qu’ils ne > question ême race
DE SIR WILF}FID LAURIER 273 soient complètement satisfaits ; mais si des hommes ont le droit
de parier pour la minorité protestante de la i
Province pour les représenter dans ne font aucune représentation, si, au contraire, tout, cette question a été rég droit de 4e pas Mais le député de Simcoe (M. McCarthy) n’a, paraît-il, aucune confiance en ceux qui représentent ses comatriotes dans la province de Québec. Si ier, il n’a qu’une triste opinion de ceux à de cette province ont confié le soin de su la législature Voici les paroles qu’il a prononcées hier : “ Est-ce que cela signifie que les protestants d Québec voulaient et désiraient au plus haut point que cette législation restât dans le statu quof Ou bien, Pas que, si l’on donnait un en
rité protestante de cette province, elle obtiendra et elle n’a
à obtenir leur part de mais dans la législature de la province de Québec,
eu un représentant
et lorsqu'il a 6t6 nommé, il a fallu le faire élire malgré le vote de la minorité protestante ”,
égantic est agriculture, acte, et les
a été élu électeurs
tants. Sur ce ignage. Il ne m’a pas encore été donné d’examiner Jeg chiffres. Mais j’offre le témoi-
&nage du colonel Rhodes lui-même q
ui, le jour de l'élection, a télégraphié qu’il avait été soutenu par
la majcrité des électeurs pro-
testants du comté de Mégantic. Le député de Simcoe-Nord ( McCarthy) dit encore :
“ Je puis comprendre que, sil y avait, en cette Chambre, luttour comme l'honorable député qui dirige ici le tiers- arti, | Pourrait espérer obtenir quelque chose qui ressemblerait à de Justice, mais des hommes qui possèdent cette habileté et dés cc naissances parlementaires suffisantes pour je seconder, de t hommes, dis-je, ne se rencontrent pas tous les jours, et nous jugeons pas les représentants protestants de la province de Québ d’après un modèle aussi élevé ”.
Propres affaires, que les protestants d’autres provinces soient obligés de venir à leur. rescousse, il sera peut-être intéressé à con-
“Tout Canadien patriote doit déplorer le débat regrettable provoqué par le bill des Jésuites, Le projet est devenu loi, et aucune
1c0e-Nord (M,
Chambre, un lers-parti, l'on lerait à de la t6 et dés connder, de tels 8, et nous ne
ice de Québec
f” Peut-on qui sont à la arriérés, sous égislature un roire que les > mettre sous ef Peut-on »s affaires ?
propres intédans l’habi- Québec, car sais que ce très grande l’hono: able province de eiller leurs nces soient à con- : de la pro- ; d’Ontario un journal ‘loo, rédigé un protesoici ce que
ttable proet aucune
discussion ne peut changer le fait accompli. La chose regarde uniquement la province de Québec, et toute intervention du dehors
Pour toutes, une source d’irritation et de mécontentement. Le bill des Jésuites a été vir-
tuellement adopté à l'unanimité par la législature. Les représentants élus de la minorité Protestante l’ont appuyé, comme étant le règlement équitable d’une question fâcheuse. Le règlement 4 demandait une dépense des deniers publics, et, pour éviter toute +
Compensation a été en même temps votée pour l'éducation : protestante. Cela était juste et raisonnable, et la minorité l’a k
compris ainsi,
l4 “La minorité protestante de cette province peut parfaitement 5 surveiller ses affaires. Dans les questions purement locales de la . Province, elle ne demande Aucun secours, et n’attend aucune sympathie du dehors. A tout considérer, la minorité a été traitée avec Justice par la majorité, I] peut arriver qu'il y ait eu irritation, mais il n’y a pas, dans l'histoire de la Province, d'exemple où les forces de la majorité aient été employées
Telle est l'opinion qui règne dans les Cantons de l'Est, au moins, chez une partie de la population.
276 L sCOUuns
efs que nous a lue aujourd’hui l’honorable député de Norfc ord (M, Charlton) — si ]a minorité Protestante, dis-je, a quelc raison de se peinire je le demande : N’en est-elle pas elle-mê Dans toute cette liste de griefs que l'on nou:
ue, est-ce qu’il y a un seul acte de législation contre lequel elle Pprotesté ! N’a-tello Pas toujours appuyé le Parti conservate qui a toujours été au Pouvoir, et est-ce que chacun de ces ac
q appuyé ! Parlant comme Canadien-Fançais, M. l’Orateur, irai simplement que si mes concitoyens d’origine anglaise ont d iefs réels ou imaginaires, qu’ils e’adressent à la législature ( Québec ; et bien que je n'aie pas de siège dans cette législatur
comme du reste, la minorité conservatrice, sera toujours dispos à leur donner la législation qu’elle croira devoir remédier à « dont ils se plaignent. Avant ces jours derniers, je n’avais jamai entendu dire que la minorité rotestante eût à " plaindre de 1
Je répéterai ce que j'ai dit, il y a un instant: Il est très facil äu journaliste dans son fauteuil, au membre du clergé dans s0r u ou À toute autre personne qui n’est pes responsable envers le public en général, il leur est trè: facile régler des questions par des théories établies ; mais c’est autre chose de les régler conformément à la volonté du peuple, et je n’admettrai pas qu’il existe des griefs sérieux, tant que l’on n'aura pas fait connaître ces griefs à la législature provinciale.
L'honorable député de Simcoe (M. McCarthy) c dit aussi quel-
que chose, hier, au sujet de M. Joly. Il a prétendu que M. Joly avait 6t6 obligé d'abandonner la vie publique
quoi, mais je suppose qu’il a voulu dire que qui l’a ainsi obligé d'abandonner la vie publique. M. MoCARTHY : Ecoutez | écoutez !
M. LAURIER : M.J 0ly a été au pouvoir pendant environ dixhuit mois, et on l'en a chassé par la guerre la plus malhonnête que
slature de Québec. M. Lynch, un ami politique de l'honorable député de Simoo», parlant en cette circonstance, s'ont servi de ce langage remarquable :
# M. Lynch, à pr du bill constituant les Jésuites en es ration, a dit que, malgré ce que lo: pourrait penser dans certains quartiers, le bill n’avait rien d’aiarmant de sa nature. Nous vivons, dit-il, dans un siècle où la sagesse prévaut; nous vivons dans un siècle où la liberté est censée exister dans tout l'univers ; et, nulle part, dans tout l'empire de Sa Majesté, ln liberté ne régne plus que dans la province de Québec. Aveo cette équité dont font toujours preuve les membres de la Chambre, certaines parties du préambule ont été retranchées en comité, Est-il possible que l'opinion publique intelligente de la province de Québec refuse à ces Pères Jésuites les droits civils que nous avons accordés à tous les autres ? Si cette question a quelque caractère religieux, cela doit être réglé ailleurs que dans cette Chambre. S'il y a, dans ce bill, quelque chose contre les droits civils, retranehonsle. Tant que l'on ne m’aura pas démontré cela, je suis disposé à appuyer ce bill ”.
Et le bill a été appuyé et adopté. Dans ces circonstances, il me semble que les plaintes que nous avons entendues, aujourd’hui et hier, se font entendre bien tard. Mais, M. l’Orateur, tout homme, qu’il soit l’ami ou l'ennemi des Jésuites, doit au moins admettre qu’ils repoussent et nient toutes les accusations portées en mr nr oem het prête.
Je ne toucherais pas un seul instant à cette question, n'étaient les remarques faites aujourd’hui par mon honorable ami le député de Norfolk-Nord (M. Charlton) ; mais je ne saurais laisser passer sans commentaires des idées comme celles qui ont été exprimées, bien que ce ne soit ni le lieu ni le temps convenables pour défendre ou attaquer les Jésuites. Tous ceux auxquels la littérature française est familière, savent que Pascal, dans ses célèbres “ Lettres provinciales” a cité plusieurs paragraphes très répréhensibles qu’il attribue aux Jésuites. Il m’a été impossible, pour ma pari, de découvrir les extraits; j’ai souvent cherché dans les livres d'a on était censé les avoir tirés ; mais je n’ai pu les trouver et jt ne puis pas dire s'ils sont vrais ou faux. Mais je sais ceci : c’est que des écrivains aussi éminents que Pascal, ont affirmé à maintes
DE SIR WILPE CAURIER 270
et maintes reprises que tou ‘es éuuncés sur lesquels Pascal basait s+0n accusation, avaient été réfutés plus d’une fois par les membres de l'ordre des Jésuites. Or,
les Jésuites, on l'a met, forment n ne 26 un corps d'hommes capables et, on doit l’admettre aussi, ils sont certains un corps d'hommes vertueux, reconnus par leur soience, par leurs , Nous | hautes connaissances ; mais co sont des homrnes ; ils sont fail- # vivons libles et il serais étrange, en vér't6, que, dans un ordre aussi nomunivers ; breux, il n’y en eût Pas quelque -uns qui aient écrit des choses réiberté ne Préhensibles, Mais dans V'hyp thèse où l’on constaterait qu'un e équité membre de cet ordre a écrit des choses tépréhensibles, s’en suivraitcertaines il qu’il faudrait en tenir tout l'ordre responsable, comme un | possible député l’a dit ? Arriverez-vous a la conclusion que, parce qu'un Québec membre de l’ordre écrit des choses répréhensibles, tout l’ordre doit ns ACCOr- être cond Ce serait aussi juste que de condamner tous les tère reli- théologiens protestants d'Ontario, parce que le révérend Dr Wild re. S'il a dit, il y a quelques jours, que le fait de tuer un Jésuite ne cons- ,, retran- tituait pas un crime, suis dis- Je ne poursuivrai pas ce débat, M. l’Orateur. Je prétends que ce n’est pas ici que l’on doit attaquer les Jésuites, on les défendre. il En ce qui concerne co bill, la législature de Québec était le lien où ourd’hui il pouvait convenir d'attaquer les Jésuites, Quant à la question de Der Qu savoir si un homme est l’ami où l'ennemi dcs Jésuites, il me semau moins ble que leur histoire au Canada, quelle qu'elle n't ‘+6 dans s portées d’autres pays, à ét telle qu’elle commande, non-se: lement l’adson ler miration, mais la plus grande admiration. Ils on° été les pionniere de © payr. D’après le lengage d’un grand historien, l’on n'étaient n’a pas doublé un cap, l’on 1: ; pas entré dans uns rivière qu'un le député Jésuite n’en ait tracé la voie. Chaque pouce du s0l d'Ontario ser passer a 6t6 foulé par leur pied, au moins cent cinquante ans avant rimées, qu’il y eut un colon anglais dans cette province. J’ajcuterai que "Réfonar, le s0l même de cette province a été consacré par le sang qu’ils ont ture fran- répandu, en cherchant À gagner des âmes à celui qui est « Dieu & Lettres des protestants comme des catholiques. Je n’ai rien de plus à fhensibles dire des Jésuites. I] ne convient Pas, comme je l’ai dit, de traiter ma par, ici cette question ; si elle doit être traitée, elle doit l'être ailleurs ivres d’° a qu'ici.
retjt ne La résolition affirme qu'ils ont été expulsés. Le député de eci : c’est Simcoe a dit hier qu’ils ont été expulsés de plusieurs pays, et le À maintes député de Norfolk-Nord uit aujourd’hui qu'ile Vont #2 dt
GO Vingt Pays différents. Cela est vrai, M. l'Orateur ; mais ce qui est
280 DISCOU 28
pe vrai, ils n'ont pas encore été expulsés d'un lit I ont été expulsés de pays où les vrais principes de la Viborté maine, tels que nous les com dans les angli n'étaient pas compris. L'honora député nous a dhier, qu avaient 616 expulsés d'Allemagne en 1872, Pourquoi, dans lement anglais, nous demanderait-on d'imiter l'exemple ’Allemagnet L'honorable té prétend-il que, parce que Jésuites ont 6t6 expulsés d’ llemagne — l’Ailem est ge par un homme de génie, mais un despote, es tout — | paroil exemple devrait être suivi joit On nous a dit que les Jésuites avaient ét6 expulsés de Fran en 1880, Oui, ils l'ont 6t6, et cela soit dit à la honte de la blique française. Mais ce ne sont pas les souls qui aient été pulsés par ce gouvernement, En 1880, six ou sept différent communautés religieuses ont été expulsées. On a expulsé ] Sœurs de la Charité, des anges sur la terre, s'il y en à, des femm qui renoncent au bonheur que la vie peut donner, pour passer cet vie à secourir tous les jours les pauvres, les dél et coux q! souffrent. Non-seulement ces communautés religieuses, mais À nces de la maison d'Orléans ont aussi 6t6 expulsés de France princes d'Orléans, des hommes qui étaient l'élite de la Franc
jeunes gens comme 1 y en a peu et des nees comme il n’y en pas”. Le due d’Aumale, l’un d’eux, a expulsé ; c'était un de plus braves soldats de l’armée française, un homme dont l’âme es tellement élevée, que la seule façon dont il s’est vengé du traite ment cruel qu’on lui avait infligé, a 6t6 de faire don à cette natio: ingrate du château de Chantilly et de toutes ses richesses artisti ques. Je rai simplement ceci à l'honorable député qu apporte de tels arguments, Je suis mille fois plus fier de mor Pays natal, qui peut traiter les Jésuites justement et généreu sement, que du pays de mes ancêtres, lequel, bien qu’il soit aujour d’hui aministré par un &ouvernement républicain, montre un esprit si rétrograde dans l'application de sa constitution et la pra: tique de la liberté, qu’il bannit ceux qui ne s'élèvent pas au niveau de ses propres idées A ce sujet, je me rappelle que l’honorable député de Simcos (M. MeCarthy) a dit, hier, que les Onnsdiens-Français oublient parfois que le Canada est un pays anglais. Voici ses paroles :
un libre.
] la liberté bu-
Helen, qu'il uoi, dans un
soit aujour-
montre un n et la pra- 8 au niveau que l’honoe les Cane- 1ys anglais,
l'écho des sentiments de tous mes comp
“ Nous no devons jamais oublier, dit-il, ot je crains que quel- Ques-uns de mes amis de a Province de Québec n'oublient parfois que le Canada est un pays ais, que la fortune des armes à voulu que la plus Grande moitié de ce continent passât à la cou. ronne anglaise ”,
député a voulu dire Par là ? Je voudrais qu'il en eût dit un peu plus où un Peu moins, J'aurais voul» qu’il n’eût nn d'insinuation, mais que, s’il avait uno #oousation à porter, il eût courage de la porter, Je dirai cooi à l'honorable député : je suis d’origine f # mon origine, et je connais t bien mes s#axonne pour savoir que, si jo n'avais pas dans le cœur l’orgueil de mon ne, ils ne me rdersient jamais qu'avec le mépris que je torais. Je is origin française, mais je suis sujnt anglais. Le député de Norfolk.
ord (M. Charlton) à dit, ilya un instant, qu’il ne devrait Y avoir qu’une seule race ici,
M. McCARTHY ; Ecoutez! Ecoutez!
à de un serait got an Er le lion ais qu t faire disparaître agneau français, ou Eee add qui doit dévorer le lion anglais ? I] peut y avoir plus d’une race, mais il ne doit y avoir qu'une seule nation.
’ n’a pas oublié son origine, autant que je sache ; cependant l’Ecosse est anglaise, Je nai pas l'intention d'oublier mon origine, mais je suis Canadien avant tout. Je me permettrai de dire encore à mon honorable ami : je suis fier de mon origine ;
ang qui coule dans mes veines, mais, comme le poète latin, je dis :
française, je n’y consentirais jamais, prime pas seulement mes propres sen
gauche ; je suis sûr aussi que j'exprime les sentiments des «
putés Canadiens-Français de la droite quand je dis que si a
jourd’hui une consultation populaire avait lieu dans la provin
de Québec et dans tout le Canada, pour décider entre l’allégean
à l'Angleterre et l’allégeance à la France, il n’y aurait pas un se:
vote en faveur du retour À l’allégeance française. Nous voulor
rester sujets anglais ; mais Parce que nous sommes sujets anglai
doit-on compter que nous allons nous montrer traîtres À notre or gine, traîtres à tout ce qui donne du prix à la vie ? Que serait ] vie si un homme n’avait pas dans les veines et dans le cœur un sympathie instincti: 2 pour ceux de sa race ? L’honorable déput nous a dit hier qu’il est Irlandais. Voudrait-il renier la patri de ses ancêtres ? Je le plaindrais de tout mon cœur, s’il y étai disposé. Mais après tout, si jamais nous oublions que nous son mes d’origine française, je suis sûr que l'agitation qui se poursui €n ce morient dans la province d’Ontario nous le rappellerait, ca il ne se passe pas de jour ni de semaine qu’une certaine press nous demande, à nous d’origine française, à nous libéraux d’ori gine française, de voter pour le désaveu du bill des Jésuites. D jour en jour, dars une certaine presse, on a fait appel aux libé raux de la province de Québec en leur demandant de voter contre le gouvernement sur cette question. J'ai ici un des derniers nu méros d’un journal dont le rédacteur, après avoir ressassé tonte: les vilénies dont on accuse les Jésuites, poursuit en disant :
“On peut donc dire en toute sûreté que si les libéraux d’Angleterre ou de France se trouvaient dans la position de M. Laurier et de ses partisans, ils n’hésiteraient Pas un instant à mettre À néant ce complot de Québec. Fussent-ils d’avis que les actes ne sont pas absolument inconstitutionnels, ils voteraient pour qu’ils fussent désavoués comme contraires à l'intérêt public ”,
En ce qui concerne les libéraux de France, je suis convainen que ce journal a parfaitement raison. Sans aucun doute, si les libéraux de France avaient À voter eur cette question, ils voteraient pour le désaveu du bill ; mais je dois dire que je ne suis Pas, que nous ne sommes pas ici des libéraux de l’école française. J'ai déclaré dix et vingt fois dans ma province que je suis un libéral de l’école anglaise, que mes amis et moi, nous n’avons rien de Commun avec les libéraux de France. Il m’a fait peine d’en-
nents des déis que si aus la province e l’allégeance t pas un seul Nous voulons jets anglais, s À notre ori- Que serait la le cœur une rable député ier la patrie » S'il y était le nous s0m- | se poursuit ellerait, car laine presse éraux d’ori-
suites. De
el aux libé-
voter contre
derniers nu-
sassé toutes
sant :
ux d’Angle- M. Laurier à mettre à les actes ne pour qu’ils ”
convaincu ute, si les n, ils voteje ne suis française.
ts un libéms rien de eine d’en-
tendre, il y a un instant, mon honorable ami le député de Norfolk- Nord (M. Charlton) exprimer le regret — cest du moins ce que j'ai compris — qu’il n’y eût pas de parti protestant à Québec. ü y a dans ma province dés hommes p t mes convictions reli-
rti catholique.
, 1877, parlant en français, devant un auditoire fr. ville que j'ai l’honneur de représenter, la bonne vieille ville de Québec, je disais , voudraient diviser les
“ Vous voulez organ
parti, sans autre lien,
organiserez te qu’alors, au lieu de la paix et de l'harmonie qui existent aujourd’hui entre les divers éléments de la
amènerez la guerre, la Buerre religieuse, la plus terrible de les guerres ”
urp la France, mais je suis
onnera pas la liberté ! D’après nos doc trines et notre manière de voir, la liberté
les amis, mais aussi Pour les ennemis de la liberté. blissons pas de distinction, et en ce qui concerne les libéraux d’Angleterre, je suis sûr d’une chose, c’est
voteraient pas comme Je rédacteur du Ma raient. Depuis plus d’un siècle, les li champions de la liberté dans tout le monde, et si nous avons la liberté aujourd’hui, telle que nous la compren dans notre siècle, c’est en grande partie aux effo d'Angleterre que nous le devons. Ilya longt pris que la liberté n’est pas seulement pour 1
mais pour tout le monde. Il y a longtemps qu’ils ont compris que la sécurité de l'Etat dépend absolument de la plus entière liberté accordée à toutes les opinions, que chacun doit avoir la liberté de son opinion, qu’elle soit bonne ou mauvaise, et qu’il faut accorder la plus entière liberté à toutes les opinions et laisser le jugement du peuple décider entre le grain et l’ivraie, choisir l’un et rejeter l’autre. Voilà le principe que, dans la mesure de mes forces, j’ai essayé depuis des années d’inculquer dans l'esprit de mes concitoyens d’origine française. Ce principe, joint à une fidélité inébranlable aux principes les plus larges de la liberté constitutionnelle, c'est l'étoile qui me guide et que, dans la position que j’occupe aujourd’hui et dans toute position que je pourrai occuper pendant ma vie, je m’efforcerai toujours de suivre.
mpris que ère liberté liberté de aut accorr le juge- { sir l’un et | re de mes { | l'esprit de | int à une
la liberté | ns la posi- | je pourrai ( ivre. É
argua du fait que les Métis français s'étaient révoltés au Nord-Ouest, pour accuser tous les Canadiens-français de déloyauté. Parmi les mouvements ridicules de ce temps-là,
ment, et en 1890, M. McCarthy, qui jusque-là avait fai: preuve d’impartia-
à l'effet de supprimer la langue française dans le Nord- Ouest. Il appuya son bill d’an long discours dans lequel il voulut faire croire, après s’être servi d’une foule d’arguments plus ou moins sérieux, qu’il n’était animé, dans cette affaire, par aucune pensée Persécutrice, par aucune animosité à l’égare 1es Canadiens-français,
M. Laurier lui fit une vigoureuse réponse. Citant plusieurs passages des discours de M. MacCarthy, prononcés
dans des assemblées publiques, à Toronto et ailleurs, il démontra qu’ils étaient imprégnés de se.timents par trop francophobes. Puis, abordant le fond de la question, il fit voir combien cette agitation anti-française était dangereuse, et de nature à nuire à cette paix et à cette harmonie entre les races que tous les vrais patriotes doivent favoriser.
M. L'Onareus,
Si ‘= pouvais accepter les déclarations souvent répétées de l’auteur du projet de loi, affirmant qu’en cette affaire, il n’est animé d’aucun autre motif que du désir sincère, d'empêcher à l’avenir les dissensions dans le pays et " assurer la paix et l'harmonie en éloignant toutes les causes de dispute, je regretterais que l’honorable député, nourrissant d’uussi généreuses aspirations dans son cœur, eût tenté de les réaliser par des moyens aussi égoïstes, aussi mesquins, que ceux qui servent d’appui an projet de loi qui se trouve présentement devant la Chambre. Cependant, lorsque, pour trouver un motif au projet de loi qu’il propose à notre attention, l’honorable député invoque des considérations d’une sagesse aussi prévoyante, il s’abuse lui-même. Il n’y a pas de doute que l'honorable député a réussi à se convaincre lui-même, mais il Ini sera difficile de convaincre ceux à qui il s’est adressé que son but définitif dans cette question est simplement d’assurer la paix et l’harmonie futures de notre pays, pendant que ses agissements actr :s doivent tendre à mettre en danger la paix et l’harmonie qui règnent heureusement.
Je ne trouve, dans ce bill, je l’avoue, rien autre chose que l’ancien, le vieil esprit de despotisme et d’intolérance, qui, dans notre pays, comme ailleurs, a toujours caractérisé le pur et l’inaltérable torysme. Pris en lui-même, et séparé des motife qui l’ont inspiré, ce bill ne serait pas d’une très grande importance, novs convenons tous de cela ; mais il est d’une grande importance, parce qu’il constitue une déclaration de guerre faite par l’honorable député et ses partisans à la race française du Canada, dont l’hon ‘able député a parlé dans cette Chambre, en termes convenables, maïs dont il a parlé ailleurs, dans la province d’Ontario — je regrette qu’il ne soit pas à son siège pour m’entendre —
DE SIR WILFRID LAURIER 287 dont il a parlé, dis-je, en des termes qu’il n'oserait pas répéter dans cette Chambre ; l'honorable député a parlé de la race frangaise en des termes injurieux que, je le répète, il n’oserait pas Be dans cette Chambre, en présence des Canadiens-Français, qui ici, en vertu de la loi, sont avec lui sur un pied d'égalité.
Il n’oserait pas adresser ici à mes compatriotes canadiensfrançais les termes et los épithètes qu’il leur a appliqués dans des circonstances précédentes, dans la province d'Ontario. Il n’oserait pas répéter ici, ce qu’il a dit ailleurs ; il n’oserait pas traiter cette race de race bâtarde, comme il la fait au dehors, J'ai sous les yeux les paroles mêmes qu’il a prononcées, pas plus tard que le 12 juillet dernier, à Stayner, Ontario, et les voici:
“ A Barrie, lors de la dernière élection, j’ai signalé en quelques mots que le grand danger qui nenagçait le Canada était le cri national de cette race bâtarde; - ;a pas une race qui nous acceptera comme nous l’acceptons, mais une race qui ne compte qu'avec ceux qui sont d’origine française: une race qui résume ses affections dans la profession de la foi catholique, et qui menace aujourd’hui de démembrer le Canada ”,
Une “ race bâtarde ”, un “ danger pour le Canada ” ! Mais, M. l’Orateur, cinq années ne se sont pas écoulées depuis le jour où cette “ race bâtarde ”, pour employer les mots de prédilection de lhonorable député, appuyait unanimement le parti conservateur auquel l’honorable député appartenait alors ; cinq années n6 se sont pas écoulées depuis le temps où l'honorable député aurait pu compter sur ses doigts les membres de cette race dans cette Chambre, qui n’appartenaient pas au parti conservateur. Et, cependant, à cette époque, et tant que cette race a donné à son parti presque tout le poids de son influence, nous n’avons jamais entendu dire que le Canada était menacé par le cri national franais. A cette époque, la sensibilité de l'honorable député, maintenant si aisément éveillée, ne paraissait aucunement affectée. Bien plus, mes compatriotes d’origine française, siégeant du même côté de la Chambre que l’honorable député, pouvaient faire appel, et, de fait, ont fait appel à tous les préjugés de ma propre race, Mais c’était de bonne guerre, parce que le cri national était alors poussé pour le bénéfice du parti conservateur, pour lui dorner le pouvoir et pour lui procurer les avantages directs et indirects du pouvoir.
Le discours prononcé l’autre soir, par l'honorable ministre des travaux publics, ot qui, je dois le dire, lui a valu de justes observations de la part de mon honorable ami, le député d'Oxfordnord (M. Sutherland), a été simplement, sous une forme on-
nsée, la pâture que durant ces vingt-cinq dernières années la Presse ministérielle conservatrice de la province de Québec a servie, chaque jour, à ses lecteurs, Cepen temps, pas un mot ne s'est élevé pour signaler lo danger dont ce cri national mMenaçait le Canada. Mais 1 Î
nant un danger pour le Canada. Oui, M. l’Orateur. pour le Canada,
si les Canadiens-F' Gi mité qu’autrefois le Parti auquel l'honorable député appartient encore lui-même, nous n’entendrions Pas un seu] mot relatif au danger que fait courir au Canada l’esprit national français ; parce que l’honorable député, bien qu’il
e voir ; mais, après tout, il tra- Parti conservateur, I] nous l’a occasion. Il Je déclarait, il n’y a Pas quinze jours, à Collingwood, et il l’a déclaré, le 12 juillet
le parlement serait on session. I] était ardeur, qu’il s’est nlaint de l’état de cho constitution, ne Jui Dermettait pas de
Jusqu'où il le voudrait ; Mais la constit mettait de s'attaquer à l'usage de la langue française dans les ter-
ritoires du Nord-Ouest, et il s’occuperait de cette question aussitôt que l’occasion le lui permettrait.
Mais, en même temps, l’honora!
mandataires, qui étaient probable
ution, ajoutait-il, lui per-
ble dénuté, s'adressant à ses ment tous tories, ent le soin de
leur dire qu’il était encore conservateur, qu’il resterait conservateur et qu'il espérait mourir dans ce parti. Je n’ai aucun doute qu’il ait dit la vérité, parce que je ne crois pas que l'honorable
Jputé ait le moindre atome de libéralisme dans toute sa personne.
Après de telles déclarations, quelques bonnes âmes ont pu se demander si l’honorable député restais en bons termes avec le premier ministre, ou s’il n’inaugurait Pas un nouveau mouvement politique. Cette question est bien inutile, car, quel que soit le but de M. McOarthy, il est très certain qu’il ne veut aucun mal au parti conservateur, et encore moins au chef de ce parti.
Dans l’occasion que je viens de mentionner, il parla aussi de son attachement au parti conservateur et au chef de ce parti, dans des termes qui dépassaient en cordialité ceux qu’il a coutume d'employer.
Je pourrais citer plusieurs de ses expressions : mais voici ua Passage qui caractérise bien tout son discours :
“ Je traiterai mon ancien <hef avec toute la tendresse désirable, car je suis encore l’un des membres du parti. Je ne puis en être exolu, bien que je ne sache pas ce que l’on garde en réserve pour moi ”,
L'honorable député (M. McCarthy), n’est pas ici ; mais s’il y était, je lui dirais que son esprit peut rester en paix. Il n’a pas besoin de s’occuper de ce qui lui est réservé, car je connais trop bien l'astuce de l'honorable premier ministre, sans parler de ses qualités d’un ordre plus élevé, pour ignorer que, si l’honorable député recrute quelques adhésions nouvelles au parti, il recevra son pardon, et ce sont des recrues qu’il tâche maintenant d'amener à son camp.
Je regrette que l'honorable député ne soit pas ici, car je préfère parler en sa présence qu’en son abse:.e ; mais je le déclare en toute franchise, je crois qu’il s’emploie à faire des recrues pour la parti conservateur, tout en ne s’oubliant pas, naturellement.
Le parti conservateur est au pouvoir depuis longtemps. Il a gouverné presque sans interruption pendant trente ans, et il est historiquement vrai que, durant cette période, il s’est maintenu presque entièrement avec l'appui des Canadiens-Français catholiques de la province de Québec. Mais il ne peut plus compter sur cet appui, parce que le peuple de la province de Québec est maintenant divisé sur la anestion de son äliégeance politique ; or, il
ART TR sera
Los shine
est évident pour tout le monde Pour les fins de i pr mod ve anglaise d'Ontario” unie, eontrebalaneraie la prov :
blée hommes, petite rai toucher des Passions, des prés ps
és et convertis en passions et en grues dangereux. L'honorable député s'efforce maintenant
de son chef. Si Jés appels qu’il a faits devaient réussir qui profiteraient-ils, et qui en souffriraient Les conservateurs n’en souffriraient pas, Parce que l’honorable député déclare qu’il est encore un des leurs, et qu’il ne fait qu’un avec eux. S uns doivent en souffrir, ce sont les libéraux d’Ontari
amenés À suivre l’honoral à se faire diriger par lui comme par un dictateur.
Si ce mouvement de l'honorable député devait s'arrêter ioi ; s’il était tenté seulement Pour des fins de parti, il ne faudrait pas s’alarmer, Si la résente proposition ne devait pas être suivie d’ ; si elle devait rester ce qu’elle est, c’est-à-dire, une mesure destinée à proscrire la langue française dans les territoir:s du Nord-Ouest seulement, où la population est peu nombreuse, je le dis de suite, je serais porté à :-isser adopter cette Proposition, et à reprendre ln considération d’autres sujets d’une utilité réelle, qui réclament notre attention.
L’honorable député, dans son discours à Stayner, a fait connaître toute sa pensée et, s'adressant à la partie anglaise de la Population, il s’est exprimé comme suit :
“Il y a beaucoup d’ de taillé pour nous, ici. Commençons par ce qui nous parali être le us possible. Occu de la dualité de langage dans le Nord-Ouest, Dans la Mature occupons-nous de l’enseiguement du français dans les éco que ces deux questions seront réglées, nous aurons fait quelque à et nous serons peut-être en état de faire encore plus à
’avenir”.
Ces paroles sont très significatives, Le présent bill, sa présentation, n’est que le premier pas, et lorsque ce premier pas sera fait, il sera suivi de quelque chose de À me ; or, que doit-on comras Par ce quelque chose de plr. sf L'honorable député ne nous aisse aucun doute sur ce point, Voici ses paroles :
“Nous devons prendre nos armes... Nous vivons Leur un = ais, et le plus tôt nous pourrons angliciser les Canadiensre RE 2 pour notre pr spérité dont la tâche sera devenue plus facile, et cette question devra être réglée tôt ou tard ”.
t. Les Canadiens-Français
angue, non seulement dans les terri-
partout où leur langue est parlée. Ils
ce constitue leur nationalité dis-
transformation doit s’opérer
au moyen de la législation, et s’il le faut, par la force, par les
balles et les bayonnettes. Ces mots no sont pas de moi, mais de
l’honorable député lui-même. Ils n’ont été répétés une ou
deux fois, mais un grand nombre de fois les différentes par-
ties du pars. Voilà donc le programme politique avec lequel
l'honorable député s'efforce de former un nouveau parti, ou de iser un ancien parti.
Telle est la politique que l'honorable député offre à ses compatriotes d’origine anglaise. Je considère cette politique comme anti-canadienne, comme anti-anglaise, comme en désaccord avec toutes les traditions du régime anglais au Canada. Je la considère comme diamétralement opposée à l’idée que nous avons — et que je ne suis pas disposé, pour ma part, à abandonner — de former une grande nation sur le continent américain. Je la considère comme un crime, aux conséquences terrifiantes. L’hono-
Asnieres in mit ent ému
rable député peut n'avoir dans la pensée qu'une manœuvre de
Lois soulevées, no pores Grande le Ports aux passions qui, uns
fois soulevées, ne pourront plus êtro arrêtées par la force
Il en appelle aux passions nationales et rel qui sont les us inflammables ot, quels que soient s08 mot fs, quel que soit son ut, quelles que soient ses intentions, son mouvement ne peut être
smsidtré autrement que comme un crime national,
Je ne connais pas parfaitement les motifs qui animent l’honorable député, et j'examine seulement quelles seront les conséquences de sa conduite, Mais quels que soient ses motifs, il s'est cru plus d’une fois obligé de répudier l'accusation qui le roprésente comme étant animé d’une haine anti-française, S'il était ici présent, je lui re pi j'accepte entièrement sa
ss0, il est évident qu’il se fait des Canadiens-Français une Fée très étrange, ou qu’il considère leur niveau moral comme très bas.
L’honorable dr dans le discours auquel j'ai déjà fait allusion, n'a pas hésité à »
de signaler l’agitation qui eut lieu, il y a quelques années, dans la rovince de Québec, à la suite de la rébellion du Nord-Ouest, et de a pendaison de celui qui en était le chef. I] a cru, alors, sans hésitation, devoir attribuer la tempête d’indignation qui s'éleva au soin d’une race très sensible, aux plus vils sentiments que puisse éprouver l’homme, et l'honorable député de Bruce (M. Me- Neill) s’est exprimé à peu près dans les mêmes termes, devant la Chambre, l’autre jour, lorsqu'il a voulu blâmer la position courageuse prise sur la présente question par mon honorable ami (l’honorable M. Blake).
L’honorable député de Simooe-nord (M. MeCarthy) n’a pas hésité à dire que si le ple de la province de Québec s'était prononcé alors comme il l'avait fait, c'était dû à un motif des plus malhonnêtes ; qu’il avait voulu s’interpo 2r entre un criminel et la justice, parce que le soi-disant criminel appartenait À la rase française. L’honorable député disait ; —
“Csux qui m'ont fait l'honneur de suivre de près ma carrière politique se souviendront que, dans le comté de Haldimand, je
écarter considérablement de son cadre, afin !
jetai, il y a deux ou trois ans, le cri d'alarme, Je fin voir que la province de Québec s'était montée jusqu'à la folie contre les autorités fédérales, parce que celles-ci avaient 046 exécuter la loi contre un Canadien-Français ”,
“ Parce qu'elles avaient 0s6 exécuter la loi contre un C'anadien- Français !
Jo répète ses propres paroles, et je répondrai seulement ceci : qu ue déclare que la position prise par le peuple de la province de Québec sur cette question, n'était pas honnête, est coupable de calomnie et affirme ce qu’il ne peut pas prouver, L'honorable député, cependant, ne porte pas tout l’odieux d’avoir inventé cette aceusation. C’est une accusation dont s’est servi, pendant les trois ou eme dernières années, la ministérielle conservatrice d’Ontario. Tant qu’elle n'a répétée que
Ls quelques obseurs barbouilleurs de journaux, on pouvait la isser passer sous silence ; mais du moment que l’honorable député n’a hésité à lui donner l'autorité de son nom, et qu’elle out répétée à
dans cette Chambre, je ne puis la laisser passer sans la réfuter,
Je veux rencontrer l'honorable député sur son propre terrain. Je ne relèverai pas les mots qui accusent le peuple de la province de Québec de s'être laissé entraîner à des actes de folie sur cotte question ; mais quant aux motifs que l'honorable député lui attribue, je répondrai que le peuple de la province de Quéhec croyait consciencieusement, à tort ou à raison, que l'exécution capitale “ du Canadien-Français”, pour me servir des expressions de l'honorable député, était un homicide injustifiable. L'honorable député n’oubliera pas que vingt-trois de ses collègues, vingt-trois de ceux qui appuyaient le présent gouvernement comme il l’appuyait lui-même, et dont la plupart, comme lui-même, ne seront pas éliminés du parti conservateur, télégraphièrent au premier ministre que l’exécution capitale en question serait un crime.
Et il y a plus que cela. L’honorable député n’oubliera pas que la presse du monde civilisé déclara, dans cette occasion, que la “clémence devait prévaloir et non la sévérité”. L'opinion de la presse du monde entier ; le London Lancet, le Christian World, le London Daily News, le London Echo, le Pall-Mall Garette, d'Angleterre : le National, le Journal des Débats ot la Télégranhe,
Jo dirai à l'honorable té qui m'a interrom ue, si ces grade pes de Yoplio pa sont arrivés à la comalusies que la clémence à t dû prév: nd, voies, commen t
atti u peup promer, Dot qe orme nain ue els des
tionner, Tout ce que l’on t Jui c'est de l'avoir mé dans un Fred violent. J'irai plus loin.
Il n’y à pas un Anglais d'origine qui, pour peu qu’il soit fidèle
AUX (raditions de cette race fière qui n'a jamais l'injustice
t re qui est chur à l’homme pour obtenir justice et ne l’ohtinrent qu’mors — mais contre ceux qui, par + inourie, ont 6t6 cause qu'un tel crime a entaché Ja
tation du pays.
Y à encore plus que cela. L'histoire de cette insurrection révèlerait an monde un drame plus sombre, que “ Hamlet ” de * Il existait une race d'hommes mMi-sauvages, mi.
6t6 impuissants à obtenir Par eux-mêmes { Îls firent un appel à cet homme; mais, infortune Plus grande que toutes '-urs infor. tunes ! l’homme à qui ils en appelaient ainsi, pour être l'œil qui devait voir Pour eux, esprit qui devait les &uider, le bras qui devait les protâger, avait êt6 frappé par la main de Dien et était le plus dépourvu des qualités qu’on Iui supposait.
DS Si WILFRID LAURIER 205
En présence de cos faits, on pourra vontester le j t de mes com mais on ne pourra mettre en doute leur sinoéest une odieuse i que d'attaquer la pureté de
cos faits, co n'est pus dans le but de
le but de perpétuer le souvenir amer
mais, du moment qu'on nous menace d’une
ion de Québec n'obéit pas à d'autre loi nu’à celle
me, Nous avions le droit d'espérer que l'honorable député (M. y), en sssumant l'attitude qu'il a prise, en inaugurant la nou politique qui explique la conduite qu’il tient depuis quelque temps, serait mû par des motifs d'un ordre plus relevé et plus noole.
Je »’ voir do ?
pas l’obj
est unc question ‘tous ceux qui ont à cœur avenir du pays, car personne ne t s0 dissimuler que l'existence de deux nationalités distinctes Mot néce.seirement produire parfois, comme elle a produit dans le Le des causes de confiit, et, partant, de dangor, Mais il nous aut prendre les faits tels qu’ils sont et tels que nous pouvons les
constetor. Nous formons deux races distinctes, unies géographiquement eous la même allégeance politique, et séparées par de nombreux caractères ethniques. Le but apparent de l’honorable député — le mien assurément, celui de tous, j'en suis convaineu — est d’essuyer de former une nation avec ces élénients opposés.
Voilà le problème que nous avons à envisager ; comment allonsnous le résoudre ? L’honorable député nous a donné sa méthode,
du doute et de
Il ne demande
tories ne procèdent humain, de l'intelligence humaine, mais
ses partisans d’ori et de voir à ce qu'il n A quoi tend la politique de M. MeOarthy? A un crime national.
tous les privilèges dont ils
choses tel que tout citoyen de ce pays, quelle que soit son origine,
soit par la force, si cela ont joui jusqu'ici.
Confédération ?
qu'a dit,ilya quelque temps, l'honorable député que le devoir qui c’impose à nous continent, et d'établir un ordre de
néthodes du cœur crainte, ti tory, puté, en on d’un totale), ars lois, i carac- 6 avait devons is d’acr. Au e deux nce de oit disppelé à armure nent,
tional.
entent prive, re, de
était ertain it aux nents ; qu’un iens à | vouation idées toute rands
éputé nous re de gine,
Lu soit Anglais ou Français, éprouve sincèrement un sentiment e suprême fierté de s'appeler Canadien. Mais je demanderai à l'honorable député — il m'est impossible de faire appel à son cœur, mais je puis en appeler à sa logique — s’il croit qu’en soumettant toute une partie de notre population à l’humiliation de renoncer à son origine et de répudier son histoire, on la rendrait fière de son pays ? Qui ne voit que si l’on force une partie de la population à détester les institutions sous lesquelles elle vit, ces institutions ne peuvent subsister ! L’humiliation d’une race, d’une classe, d’une croyance, d’un individu ne saurait servir de base à la Confédération. Elle ne peut avoir qu’une base possible, celle qui consiste à donner la plus grande latitude, le plus complet essor À tous ces sentiments qu’on ne peut arracher du cœur de Yhomre sans le rabaisser.
L’honorable député semble croire que tous les Canadiens devraient être fondus dans le même moule, Il est fier de sa race et il a tout lieu d’en être fier, mais il ne s’en suit pus que nous devrions tous être Canadiens-Anglais, que tous nous devrions aller nous fondre dans l'élément anglo-saxon. Assurément, personne ne respecte ou n’admire plus que moi la race anglo-saxonne ; je nai jamais dissimulé mes seutiments à et égard ; mais nous, d’origine française, sommes satisfaits de ce que nous sommes et ne demandons rien de plus. Je revendique pour la race à laquelle j’appartiens le droit de dire que bien qu’elle ne soit peut-être pas douée des mêmes qualités que la race anglo-saxonne, elle est douée de qualités tout aussi grandes ; je revendique pour elle le droit de dire qu’elle est donée de qualités souveraines à certains égards ; je revendique pour elle le droit de dire qu’il n’y a pas aujourd’hui, sous le soleil, de race plus morale, plus honnête ou plus forte au point de vue intellectuel. ÆEt si l'honorable député venait dans le Bas-Canada, j'aurais la fierté, j'aurais Vorgueil de le conduire dans l’une de ces anciennes paroisses des bords du Saint- Laurent ou de ses tributaires, et à lui montrer une population à laquelle, si préjugé qu’il soit, il ne pourrait s'empêcher d’appliquer les paroles du poète à l’adresse de ceux qui habitaient autrefois le bassin de Mines et les prairies de Grandpré :
“ Men whose lives glided on like rivers that water the woodlanc, Darkened by shadows c' earth, but reflecting an image of Heaven”
RE
En cela, je ne revendique rien aui ne soit légitimement dû à
mes compatriotes, et je dis: ‘“ Laissez les deux races vivre à côté l’une de l’autre, chacune avec ses traits caractéristiques ; elles n’en seront que plus rapidement unies dans une commv uté d’aspirations vers un but commun — celui de rester a1. ises d’al | geance et canadiennes de sentiment”, Mais si l’on teuw d’arracher à l’une ce qui lui est cher et sacré, au lieu d’avoir la paix et l’harmonie, on n'aura que des discordes de plus en plus envenimées. | Mon honorable ami le député de Norfolk-nor (M. Charlton) nous a dit, l’autre jour, qu’il est de l'’:érêt des Canadiens-Français de devenir partie de la race anglo-saxonne, et, se mettant en frais de relater les exploits de cette grande race, en temps de guerre comme en temps de paix, il demandait presque permission | aux Canadiens-Français et s’excusait auprès d’eux de se sentir fier des faits d’armes de la race anglaise sur les plaines d’Abraham, dans la baie dé Trafalgar, sur le champ de bataille de Water- 100. Mon honorable ami n’avait pas besoin de s’excuser ; ses sentiments sont tout à fait naturels ceux qui sentent courir dans leurs veines le même sang que lui, et ils ne sauraient être blessants pour personne, Mais moi, qui appartiens à la race défaite dans ces batailles, je ne demande pas de permission pour dire que je ne prétends en rien à cet héroïsme stoïque, si héroïsme il y a, qui fait qu’un homme peut contempler, même rétrospectivement, sans se sentir le cœur serré, la défaite de ceux de sa race, bien que, dans -20n esprit, il soit évident que dans deux au moins de ces batailles -— celle des plaines d'Abraham et celle de Waterloo — la victoire de l'Angleterre a été un triomphe pour la liberté. J’ai plus d’une fois, dans cette Chambre, dit à mes compatriotes de la province de Québec que le jour qui a vu le Canada séparé de la France n’a pas 6té un mauvais jour pour les descendants des Français dans ce pays, parce que, sous la domination anglaise, ils ont joui de plus de liberté qu’ils n’en pouvaient espérer sous le régime français, et qu’après tont la liberté est ce qu’il y a de plus précieux en ce monde.
Maïs, tout en parlant ainsi, je ne cache pas à mes concitoyens d’origine anglaise qui, je l'espère, me comprendront, que même aujourd’hui, avec les opinions que j'ai, quand j'étudie notre histoire et que j’assiste aux péripéties du duel prolongé, opiniâtre, implacable auquel ont pris part l’Angleterre et la France pour la
possession de ce continent ; uand je retrace, , le dénouement fatal, indécis d'abord, mais Laon ons forme et devenant inévitable; quand je suis la brave armée de Montcalm, retraitant devant des forces supérieures en nombre, retraitant, même après la victoire, retraitant dans un cercle de jour en jour plus resserré ; quand, rendu à la dernière page, j’assiste au dernier combat où le vaillant Monterln, cet homme vér ;tablement grand, a trouvé la mort dans sa
pas À mes concitoyens d’o serré et qu. mon sang français se parlez pas de vos théories sont pas des automates.
allégeance anglaise, c’est dans de ce pays, que cette nouvelle politique prétendue
ques années sous la dominution anglaise, quand se produisit, entre l'Angleterre et ses colonies américaines, le grand conflit qi s’est terminé par la séparation de ces colonies de la mère-patrie, ,’An-
eterre comprit que pour garder prise sur ce continent, il lui fallait gagner l’affection de ses nouveaux sujets, puisqu'elle venait de perdre l’allégeance de ceux qui tenaient à elle par les liens du sang, et qu’à moins de faire de justes concessions, elle n’y rénssisait pas. Dans un esprit de justice et de générosité, elle fit les concessions nécessaires pour atteindre son but. A ses nouveaux sujets, elle laissa leurs lois, leur langue et leur religion, bien qu’à cette époque cette religion même fût soumise à plusieurs incapacités en Angleterre.
L'auteur du bill i
colonies insurgées, püté devrait savoir
comte d'Estaings eussent envoyé leurs émissaires agiter l’ancien drapeau de la France devant ses anciens sujets, ces derniers restèrent fidèles à leur allégeance et se battirent sous le drapeau anglais autour des murs de Québec, avec le même courage qu’ils avaient déployé contre ce drapeau seize ans seulement auparavant.
Supposons que l'honorable député eût récu à cette époque et eût eu voix au chapitre dans le conseil du roi, quel avis eût-il donné ? Eût-il dit: “ Ne laissez pas ces hommes parler leur langue ; ne leur accordez pas de privilèges ”” S'il eût parlé ainsi et qu’on eût suivi son avis, ce pays ne serait pas anglais comme il l’est aujourd’hui. J’ai dit et je répète que les Canadiens-Français, ayant réclamé et obtenu de l’Angleterre les privilèges des sujets anglais, feraient preuve de la plus noire ingratitude s’ils repoussaient aujourd’hui les obligations que leur impose ce titre de citoyen anglais ; mais je dis aussi à l'honorable député que ce serait un acte d’ingratitude, de lâcheté, un acte dénué de générosité que d’enlever aujourd’hui ou de tenter d’enlever aux Canadiens-Français les concessions qui leur ont été faites pour gagner leur affection et obtenir leur appui à l’heure où l’Angleterre courait un danger.
L’honorable député de Norfolk-nord (M. Charlton) a dit, l’autre soir, qu’il avait des doutes sur la aues ion de savoir si ls loyauté des Canadiens-Français, dans cette circonstance, a été sbsolument pure et sans alliage ; qu’il avaït des doutes surla question de savoir si, au lieu d’avoir été loyaux, ils n’avaient pas seulement eu en vue leur langue, leurs lois, leurs institutions et leur religion. Je ne comprends pas les dortes de l’honorable député. Pour moi, je n’en ai aucun. Je suis absolument certain que ce sont là les motifs qui ont engagé mes compatriotes à rester loyaux. Ils avaient à choisir entre la conduite de la Couronne anglaise et celle du Congrès de Philadelphie. La Couronne anglaise venait de leur accorder l’acte de 1774 qui leur garantissait tout ce qui leur était cher — leur langue, leurs lois et leur religion — et ils avaient à choisir entre cet Acte et l’Acte du Congrès de Philadelphie, qui restera éternellement comme une tache sur une noble page de l’histoire américaine. L’honorable député a prouvé que dans la proclamation que le Congrès de Philadelphie adressait au peuple anglais, se trouvait la déclaration que cette concession constituait précisément l’un des griefs des colonies. Voilà quels sont les motifs qui ont engagé mes cesmpatriotes à prendre lattitude qu’ils ont prise.
L’honorable député trouverait.
laissés guider par ces motifs dit M. Lincoln, en 1862, dans la guerre : les nègres ertu de motifs, J'aimerais à savoir ce peut objecter à cela. Comment comprendloyauté ne consiste-t-elle qu’à baiser la main de ” mord ? Est-elle méritoire quand elle est servile et ram- Non ; la loyauté est méritoire quand elle procède de faue. Et voilà quelle a été la trgmon honorable ami a l’hon-
juste titre.
pante
ent, se trouvaient des hommes comme
nord (M. MeCarthy) et le député
), qui voulaient abolir l'usage de la
bérations législatives. Leur tenta-
grâce, en grande partie, aux efforts d’un homme qui
ec autorité sur cette question. Cet homme était
Ilustre père d’un fils plus illustre encore et
été la répudiation de la doctrine préconisée ici
rs. Il a été l'exemple vivant du fait qu’un
homme peut parler la langue de ses ancêtres, et rester cependant sujet dévoué de la Couronne anglaise,
A l’époque où Arnold et Montgomery envahirent le Canada,
rd Howe, qui commandait les troupes anglaises dans les colonies
insurgées, avaient envoy$ des dépêches à sir Guy Carleton, qui
commandait les troupes du roi au Canada, Les dépêches
étaient arrivées à Montréal. Sir Guy Carleton avait dû retraiter
sur Québec, fuyant devant l’armée de Montgomery, et il était
occupé à mettre cette ville en état de résister aux envahisseurs.
Les dépêches ne pouvaient être portées plus loin que Montréal
qu’au risque de beaucoup de périls et de fatigues ; mais deux
jeunes gens entreprirent de les porter. Joseph Papineau, alors
jeune homme de 25 ans, était l’un des deux qui s’offrirent
pour ce service. Le pays, peu habité, était occupé par l’ennemi ;
li y avait de grandes rivières à traverser, sans ponts, et s'était
à l'automne. M. Papineau et son ami firent tout le trajet à pied.
Te arrivèrent à Québec et remirent leurs dépêches. Que frent-ils encore ! Ils s’enrôlèrent comme volontaires et coopérèrent à la défense de Québec, jusqu’à ce que l'ennemi fût du s0! canadien. Quelques années plus tard, en 1791, M. Papineau fut élu député à Montréal, et quand l’on tenta d’exclure la pes. 4 française de la législature de Québec, M. Papineau pouvait par avec autorité, et il demanda :
“ Est-ce simplement parce que le Canada forme partie de l’em-
ire anglais, qu’il faut dépouiller de leurs droits naturels des
anadiens qui ne parlent pas la langue en usage sur les bords de la Tamise ”
Les services récents de M. Papineau, sa fidélité à la cause compromise étaient de nature à convaincre les députés anglais que ses arguments étaient appuyés sur la raison et sur un esprit de générosité ; et j'estime que ses paroles, même après de si longues années d’intervalle, ‘devraient trouver de l'écho dans cette Chambre.
L’honorable député de Simcoe nous a dit que lord Durham,
son fameux rapport, avait conseillé l’abolition de la langue française dans la législature du Canada. O’est parfaitement vrai, et l’on donna suite à sa manière de voir dans l'acte impérial de 1840, mais cinq ans ne s'étaient pas écoulés, que la législature du Canada décidait à l'unanimité, sans distinction de nuances d'opinion, d’adresser au gouvernement impérial une pétition à l'effet de demander l’abrogation de l’odieux article qui fut en effet abrogé. L'union du Haut et du Bas-Canada venait d’être consommée et, sous la direction de M. Baldwin, un esprit supérieur, Von comprit bientôt que, pour qu’elle pt servir au bien général du pays, il fallait protéger toutes les races en leur garantissant ce qui leur était cher.
Cet acte de la législature a été, cependant, l’objet des critiques de l'honorable député de Simcoe (M. McCarthy). Il n’y a vu rien de grand, de généreux, de digne d’un homme d'Etat. ‘Au contraire, il le caractérise comme une lâche concession des politiciens pour capter le vote français. Je ne serais pas juste envers lhonorable député si je ne citais ici ses propres paroles. Voici ce qu’il a dit :
“Le parlement de 1840 fit tout ce qui dépendit de lui pour
our
réparer le mal fait en 1774 : mais, messieurs, peu de temps après nos politiciens défirent toute son œuvre ”, s
Qu'on remarque le suprême dédain contenu dans ces mots “ nos politiciens ”, L’honorable député a touché à une corde sensible eu parlant des “ politiciens ”; il a été pendant un temps un politicien, bien qu’il ait informé son auditoire qu'il n’appartenait plus à cette classe.
M. MILLS (Bothwell) : C’est un homme d'Etat.
M. LAURIER : L'hon. député est trop modeste pour avoir dit cela, mais il a laissé entendre que les grands politiques de nos jours devaient s’efforcer de réparer le grand tort fait à ce pays, pour des motifs aussi vils, par den petits politiciens comme M. Baldwin, M. Lafontaine, sir Allen MacNab et M. Morin.
sait pas la force des institutions libres. et que, si grand que fût vb pis il n’était pas un politique clairvoyant, ni même un vrai
dans un langage pittoresque, a représenté l'état du Bas-Canada, dans l'été de 1898. T1 e’attendait, dit-il à trouver à
peuples en guerre au sein du même pays: il avait trouvé une lutte, non de principes, mais de races. Ces paroles sont parfaitement vraies. On ne peut douter aujourd’hui que le mouvement qui s’est terminé par la rébellion de 1837-38, dans le Bas-Canada,
Mon honorable ami ne nous a pas dit ce qui avait causé cette guerre de races, mais lord Durham nous l’a dit, et mon honorable ami aurait pu citer ses paroles, La cause fut la lutte entre l’assemblée législative et un gouvernement irresponsable. Pendant près de cinquante ans, l'assemblée législative vota des lois j
essentielles, absolument essentielles an bien-être du pays, et même à l’existence de l'assemblée législative elle-même, comme Corps ; et chaque fois que ces lois furent votées, elles furent foulées aux
pieds par un gouvernement irresponsable, L'assemblée était entièrement française, l'exécutif était presque entièrement an- Glais, et ses membres étaient recrutés par le bureau colonial, parmi sos créatures. Comme on pouvait s’y attendre dans un cas semblable, toute la ame tr française prit parti pour l'assemblée, et presque toute la population anglaise se rangoa du côté de l’exécutif. Un très petit nombre, probablement, se demandèrent s6rieusement qui avait raison ou qui avait tort; mais si vous voulez savoir qui, en somme, avait raison dans cette dispute, je ne saurais mieux faire que de citer le témoignage de lord Durham même, tel que consigné dans son rapport, Voici ce qu'il a dit:
“Par conséquent, depuis le commencement jusqu’à la fin des discordes qui ont marqué toute l’histoire parlementaire du Bas- Canada, je regarde la conduite de l'assemblée comme une lutte continuelle avec l’exécu-:f, dans le but d'obtenir les pouvoirs inhérents à un corps représentatif par la nature même du gouvernoment représentatif, ”
Voici donc l’aveu que, s’il y eut une rébellion, les Canadiens- Français d'alors y furent poussés par la conduite du pour :: exécutif, qui avait refusé d'accorder à l'assemblée législative les pouvoirs inhérents à un corps législatif. Copendant, en dépit de cette opinion, lord Durham dit que l’on ne pouvait se fier à la loyauté des Canadiens-Français, et qu’à l’avenir, le Bas-Canada devait être gouverné par une population anglaise ; et la méthode qu’il suggéra fut l’union des deux Canadas, avec la condition que la population anglaise aurait dans la chambre ure forte majorité de représentants. La raisca qu’il donna, pour arriver à cette conclusion, fut formulée en termes très énergiques. La voici :
“Jamais la présente génération de Canadiens-Français ne se soumettra désormais loyalement à un gouvernement anglais.
J'ai déjà dit que lord Durham ne connaissait pas toute la force des institutions libres du régime représentatif, et que notre Baldwin était un plus grand homme d'Etat, sous ce rapport, que lord Durham. Celui-ci ne s'était pas imaginé, il n’avait pas songé que si l’on donnait aux Canadiens-Français tous leurs privilèges, ils deviendraient immédiateusent de loyaux sujets, qu’ils
n'auraient pus besoin d’être Bouvernés par une majorité anglaise, que la division ne se ferait Pas au point de vue des races, mais au point de vue plus large qui pousse les hommes à marcher en avant, ou À s'attacher au passé, et il fut le premier à suggérer que l’on sage de leur langue, et qu’ils comme les ux de leurs concitoyens d’ litique était d'un véritable homme d opta à l’unanimité ; et, je demande résence de ce qui s’est passé ensuite, quel était le plus itique, de lord Durham ou de M. Baldwin ? Lord Durh ait que la génération des Cana. diens-Français ttrait jamais à un gouvernei e, vivait un jeune homme exilé , quelque mois auparavant, 6t6 e le gouvernement anglais avait le doute que, s’il avait été pris,
re, aujourd’hui, ou var M. Baldwin de nos jours un qui voudrait au-
ÿ à quarante ans ? Il n’es être fier aujourd’hui de la
» parce qu’il partie de notre populaiton en conflit avec la majorité, qui abuserait ainsi de la force brutale du nombre.
L'honorable député doit comprendre, il me semble, que la politique qu'il prône est faible et inférieure. Toute politique qui ne # Peas aux meilleurs instincts do toutes les classes, de toutes les croyances et de toutes les races est marquée du sceau de l'infériorité, Le Canadien-Français qui exhorte ses compatriotes à se tenir isulés des autres national tés ; l'Anglo-Canadien qui, comme mon honorable ami, exhorte, ses compatriotes à ne tenir compte que de leurs seuls intérêts, peut gagner les applaudissements de coux à qui il s’adresse, mais l’histoire impartiale déclarera leur œuvre aussi viciouse dans sa conception, que pernicieuse et mauvaise dans sa tendance. Nous formons ici, ou nous voulons former une nation composée des éléments les plus hétérogènes — ar testants et catholiques, Anglais, Français, Allemands, Irlandais,
ais, — chacun, qu’on ne l'oublie pas, avec ses traditions, avec ses préjugés. Dans chacun do ces éléments opposés, cependant, il y a un point commun de patriotisme, et la seule véritable politique est celle qui domine ce patriotisme commun, et porte tous ces éléments vers un même but et des aspirations communes.
On me demandera peut-être quel sera alors l’avenir du Canada. La destinés du CO! est d’être anglais. Je ne pas les rêves ou les illusions du petit nombre de mes concitoyens d’origine française, x Lous parlent de former une nation française sur ‘"s bords du Saint-Laurent ; et si mon honorable ami le député de Simcoe était ici, je lui dirais que ces rêves n’ont pas besoin de troubler son sommeil, Ceux ul nourrissent ces illusions sont en très petit nombre ; on pourrait les com sur les doigts de la main et, À ma connaissance, il n’y a qu'un seul journal qui leur ait jamais donné cours, ndant, si je dis que ce pays sera nécessairement anglais, il ne s’en suit aucunement qu’il ne doive y avoir qu’une seule langue — la langue anglaise — parlée dans ce pays. Je prétends être aussi loyal que l’honorable député, aux institutions du Canada ; je suis fils d’une Canadienne-Française, et je déclare que je suis aussi attaché à la langue que j'ai apprise sur ses genoux, que je le suis à la vie qu’elle m’a donnée. Et sur ce terrain, jen appelle à tout citoyen d’origine anglaise, à tout membre de cette race chez laquelle les affections domestiques sont si fortes; et tous me répondront, je le sais, que s’ils étaient dans notre position, ils feraient comme nous.
Mais l'honorable député va revenir aux arguments froids et
durs, qu'après tout une dualité de race amèners des froissements,
qui et que ces froissements produiront un danger, Mais où ost lo , de rem Je dl à Poor put qu, dis où 1 de ns durs ou @ = rate rer (M. Me 2 qui, nom 'autres braves gons, prêche mieux qu'il ne tique, enir nous a indiqué, l’autre jour, le vrai remède, Celui-ol, Leur dit, ane- so trouve dans la to! france et le respect mutuels, Je suis entièreare- ment de l'avis de l'honorable député de Bruce-nord, Mais il a o et ajouté, dans son discours, que la tolérance ne devrait pas être {or- toute du même côté, Es:-elle toute du même côté! Ce dont il se pro- plaint, c'est de quelques expressions, très imprudentes, je l'admets, ais, tombées des lèvres quelques orateurs dans la chaleur du débat, A, Mais jo suis passablement certain que, lorsque ces expressions en” sont examinées de près et expliquées, elles n’ont pas la signifible cation qu’on leur donne, Les Journaux d’Ontaris ont 6t6 remplis, ous depuis un an, de citations de certaines paroles prononcées par mon honorable ami, le député de Bellechasse (M. Amyot) lors de la da. tion de la Saint-Jean-Baptiste, l'année dernière ; et quand, les il y a quelques jours, il a expliqué ces paroles il l’a fait d’une ma: ine nière si complète, que mon honorable ami le député de Bruce-nord ‘ag voulait immédiatement l’udmettre dans la ligue de la fédération de impériale. Si toutes les autres expressions étaient examinées de de cette manière, je ne serais pas surpris que mon honorable ami en voulût faire entrer M. Mercier lui-même dans la ligue de la fédéla ration impériale. Voilà ce que, d’après lui, ses compatriotes et ur mes compatriotes d’origine anglaise ont à endurer. ra Mais les Canadiens-Français ont aussi quelque chose à endurer, ve et je vais lui dire ce que nous avons À endurer. Ce que nous ne ns voulons pas, c’est l'intervention de certains hommes d’Ontario ux dans notre politique provinciale ; ce que je n’aime pas, ce sont les se, doléances nes trop zélés et trop compatissants d’Ontario sur se le sort des pauvres Canadiens-Français opprimés, Tout récemur ment encore, mon honorable ami le député de Norfolk-nord, ut s'est plaint que la province de Québec ne fit pas de progrès, et il a nt cité comme exemple le fait que, dans cette province, nous avons ns encore l'impôt de la dîme, puis il a ajouté que, s’il y avait dans ébec un véritable parti libéral, il s’atiaqnerait à un semblable et abus, Il y a, chez nous, un parti libéral, qui n’est pas parfait,
je l'admots, mais qui a livré d'aussi nobles comi «ts qu'aucun autre parti dans le pays. Mais avant de lui dire pus les libéraux ne touchent pas à l'impôt de la dîme, je lu rappellerai qu'il y u, en Angletsrre, un parti libéral, dont Eu grrr = homme devrait être fler, un parti dirigé aujourd'hu par l'un des plus grands hommes que l'Angleterre ait jamais produits où qu'aucun pays ait jamais uits — M. Gladstone, Mo: honorable ami sait-il aussi qu'il y a, en Angleterre, l'impôt de la dîme tout comme dans le Has-Canada — non pas tout à fait semblable, parce que l'impôt de la dîme en Angleterre est boaucoup plus dur et beaucoup plus injuste que celui qui existe dans ls Bas-Canada. L'impôt | « la dîme dans le Bas-Canada n’affocte que les catholiques romains, mais en Angleterre, l’im
de la dîme affecte chaque homme, qu’il soit membre de l'église d'Angleterre ou d’une autre église. Et, cependant, jamais, jusqu’à ce jour, le parti libéra) n’a touché à ce « ‘ystème, ni essayé d’induire lo peuple anglais à l'abolir, Pourquoi # Parce que la grande majorité du peuple anglais ne voudrait pas s'en défaire, Et, pour la même raison, le parti libéral n’a jamais touché à cet impôt ici, parce que la population de Québec en ost satisfaite. Mon honorable ami a lu quelque part que les populations sont À | gr per l'impôt de la dîme, qu’elles sont forcées d'abandonner leurs terres,
rce que l'oppression est telle qu’elles ne peuvent payer la dim. L fait est que les habitants de la ince de Québec donnent volontairement aujourd'hui à l'Eglise le double de ce qu’ils sont tenus de Ini donner en loi. Je déclare, au nom du parti libéral de G'ébec, dont je suis un humble membre, que ce parti n’attaquera jamais ce système, aussi longtemps que la population de la province en sera satisfaite.
Je dirai à l'honorable député de Simcoe-nord (M. MeCarthy), que si nous pouvions faire un pacte, Anglais et Canadiens-Francais, par lequel nous nous engagerions À nous méler chacun de nos affaires et à ne pas nous immiscer dans celles des autres, nous nous arrangerions assez bien, non seulement assez bien, mais très bien. L’honorable député de Simcoe-nord (M. McCarthy) dira peut-être que si l’on doit unir les deux races, simplement par l'influence morale et la persuation, l’union peut être éloignée. Cette objection a de la force, parce qu’il y a dans la province de Québec, comme dans celle d’Ontario, des hommes extrêmes qui ne
DE SIR WiLPMID LAURIRR 300
veulent pas s0 laisser guider par la raison, ni par des considérations Les extrêmes de Québec parlent aujour.
d'hui de furmer une nation française sur les bords du Saint:Lau rent, ot los extrémistes d'Ontario parlent de chasser lus Canaciens: 4 la re de la bayonnette,
UX races, qui composent la nation, seront plus intimement unies et qu'elles so connaîtront mieux l'une l'aire, les conflits de race seront aussi rares ici qu’ils le sont en Suisse, après des siècles d'union politique, Si l'honorable député de Sim: coe-nord était présent, il s'écrierait, peut-être : Cet état de choses doit-il toujours durer ! No vien rat-il pas un jour où nous ne parlerons, ici, que la langue anglaise ? Je répondrais à mon honorable ami que je ne m'inquiète pas de ce qui peut arriver dans un avenir obscur et Goigné. La mr sp dont je m'occupe en ce momnent, c’est de conserver la paix et l'harmonie dans ce Pays, et de ne pas mettre cette paix et cette harmonie en péril, Lune lw vain prétexte de préserver l'avenir des querelles et des uttes.
J'éprouve un vif plaisir à dire à l'honorable député — et je regrette qu’il ne soit À présent — que, d’après moi, la langue ui,
se est pe et sera pendant plusieurs généraes peut-être durant plusieurs siècles, ln Jenguc dominante de univers.
Tant que le centre de la civilisation fut sur les bords de la Méditerranée, trois langues dominèrent successivement : le lo latin et le français. À la fin du dix-septième siècle, la langue française fut indubitablement la langue dominante des pa;s civilisés. Elle est encore la langue de la diplomatie, le moyen de communication pour l'échange international des conceptions les plus élevées de l'intelligence humaine, mais elle n’est plus la langue du plus grand nombre. Ce privilège appartient maintenant à la langue anglaise. Cette révolution s’est accomplie par le développement étonnant de la race anglo-saxonne, durant les dixhuitième et dix-neuvième siècles. Cette race a répandu sa langue partout où elle a émigré, dans le monde entier, et, aujourd’hui, elle est parlée par plus de 100,000,000 d'habitants dispersés dans l’Europe, l’Afrique, l'Asie et dans les fles et les continents de l'Océan Pacifique.
M. l’Orateur, le seul fait que la langue anglaise est la langue
dominante de ce continent de l'Amérique, oblige les Canadiens- Français à apprendre et parler l’anglais, tout en conservant leur propre langue. Rien de plus juste, de plus sage que les paroles prononcées dernièrement par le député d'Ottawa (M. Robillard), Le père canadien-français qui, aujourd’hui, ne fait pas apprendre l'anglais à son fils, ne rend 0 justice à son enfant, car il le force à rester en arrière dans la lutte pour l’existence,
Je direi plus : il est d’une nécessité absolue pour nous, Canadiens-Français, d'apprendre l'anglais, mais — il ne m’appartient pas de donner des conseils à qui que ce soit — si j'avais un conseil à donner à mes amis anglo-canadiens, je leur dirais qu’ils feraient bien d’apprendre aussi le français, Les Anglais sont une race fière, mais les Romains étaient aussi une race fière, et, après qu’ils eurent conquis l’univers, un Romain avouait que l’instruction de son fils n’était pas complète, s’il ne savait pas le grec aussi bien que le latin. :
Mon honorable ami, le député de Simcoe-nord (M. McCarthy), n’accepterait peut-être Pas cet exemple pour lui ou le peuple de ce pays, car le but de mon honorable ami n’est pas seulement d’abolir l’usage de la langue française dans les territoires du Nord- Ouest et de toute chambre législative, mais son but est d'empêcher l'enseignement du français dans les écoles Ce la province d’Ontario.
Il y a aujourd’hui dans les cantons éloignés et les no1veaux établissements de la province d’Ontario, des écoles où les colons français essaient à faire apprendre à leurs enfants ]a langue do leurs ancêtres, L’œil perçant de mon honorable ami a découvert cela. Lœil de l’aigle ne peut pas résister au soleil, mais celui de mon honorable ami ne peut pas résister à cette petite lueur.
Il y a quelques jours, il a parlé dans une assemblée tenue dans cette ville, la capitale du Canada, et, à laquelle, la résolution suivante a été adoptée :
“Et cette assemblée profite de cette occasion pour exprimer Vopinion que l'usage de la langue française, dans notre province, comme langue enseignée dans les écoles publiques, devrait être aboli et prohibé pour toujours, et que des mesures énergiques, pour obtenir ce résultat, seraient satisfaisantes pour le peupie d’Ontario. ”
HD à Ait. |
L'honorable député s rarlé à ’app ! de cette résolution, et il
en a approuvé toute la teneur. Voie es paroles :
“En même temps, co ne citcven «Ontario et du Canada, je partage sincèrement l'opinion que :'assemblée vient d'exprimer, que nous devrions de suite, et Pour toujours, empêcher que nos enfants, soit Français, Canadiens ou Anglais, apprennent une autre langue que la langue du Pays que nous habitons. ”
Sont-ce là l:s visées de mon honorable ami ? Nous savions qu’il était partisan de la restriction, mais non jusqu’à ce point ; nous savions qu’il favorisait la restriction dans le commerce, mais il favorise aussi la restriction dans l'instruction.
Si, dans cette circonstance, l'honorable député avait dit au peuple d’Ontario qu’il devait exiger que l'anglais fût enseigné dans toutes leurs écoles, je l'aurais approuvé de bon cœur, Mais cela ne suffit pas ; non seulement l'anglais doit être ensei 6, mais il s’oppose à ce qu’une autre langue soit enseignée dans les écoles d’Ontario. Comment peut-il se faire qu’un honorable citoyen possédant les talents, les connaiscances et l’habileté de mon honorable
. ami, s’abaisse à ce point ?
Il est bas, il est vil, il est méprisable de prétendre que le peuple d’Ontario, quelles que soient sa croyance et son origine, n’aura pas le droit d’enseigner, s’il le désire, une seconde langue à ses enfants. Ordinairement, les hommes ne sont pas cruels de gaïeté de cœur ;
&énéralement, les hommes ne se dégradent pas volontairement. Et quelle est la raison qui a poussé mon honorable ami à parler ainsi { La raison, c’est que les tories de la trempe de mon honorable ami ne peuvent pas parvenir à croire aux meilleurs sentiments du cœur humain ; ils ne peuvent pas se dépouiller de l’idée fausse que, s’ils traitent leurs adversaires avec générosité ou justice, ces derniers abuseront du privilège,
Ils ne peuvent pas se dépouiller de l’idée fausse que, s’il est permis aux Oanadiens-Français de conserver leur langue et leurs usages comme race, ils deviendront traîtres comme race. Ils veulent rendre ce pays anglais, de la même manière qu’ils ont essayé de rendre l’Irlande anglaise,
Durant les derniers sept cents ans, les hommes d'Etat anglais ont essayé de rendre l’Irlande anglaise, non par la justice, non par la générosité, nor par des appels aux meilleurs sentiments du
j LE Fr Î Ë Les
cœu: généreux de ce peuple, mais par toute espèce de moyens de violence et de cruauté, Ils ont proscrit sa religion, ils ont tué son agriculture, détruit son commerce, et ils ont fait tout ce qu’il était possible de faire pour avilir le pays et le perple, mais avec quels résultats f Avec le résultat que l'Irlande est devenue une source d’inquiétude pour l'Angleterre; avec le résultat que le cœur du peuple irlandais est rempli de colère contre l’Angleterre.
M. Gladstone a plus fait, en cin ans, pour rendre l'Irlande anglaise, que n’ont fait les hommes d'Etat anglais durant sept siècles. Puis-je faire voir les différents résultats qui peuvent se produire, sur les sentiments d’un peuple sensible, au moyen d’un traitement généreux ? Permettez-moi de citer un discours prononcé, l’année dernière, par M. John Dillon, député de Tiperaray.
C'était à l’occasion d’une ovation faite à M. Dillon à sa sortie de prison, où il avait purgé une condamnation en vertu de la loi odieuse de coercition. Je cite ce discours, pour servir d’enseignement à l’honorable député de Simcoe-nord (M. McCarthy) et à ceux qui l’approuvent en cette chambre.
“ Mais, a dit M. Dillon, il n’est pas impossiole de ne pas me rendre à l’évidence des faits qui s'imposent à mon esprit, relativement au changement prodigieux qui s’est opéré dans les esprits de la masse du peuple de l’Angleterre ; et, ne l’oublions pas, je crois qu’il n’est pas sage de montrer de l’impatience, car la liberté de l'Irlande ne peut pas venir en un jour. Je ne vois pas qu’il y ait raison de s’impatienter, mais il ÿ a plutôt raison d'espérer et de se réjouir. Sortant d’un lieu, où l’on m’a enfermé avec l’intention de m’avilir et de m’insulter, mais aussi honorable que je Vétais avant, je ne vois dans mon âme aucune trace d’aigreur contre le peuple de l'Angleterre. Je me rappelle le jour où la paissance et le nom de l'Anglais soulevaient la haine dans mon cœur. Je puis avoir été touché par les preuves de bonté sans nombre que j’ai reçues de la part des Anglais ; mais, le sentiment est maintenant tout autre et rien ne peut me faire regretter le changement qui s’opère.”
Ces dernières paroles réjouiront, j’en suis certain, les amis de lrlande et les amis de l’Angleterre. Mais, quelle terrible signification ces paroles ne comportent-elles pas ? On sait que M. Dillon est un homme d’un caractère noble et sans tache. On
ne peut pas s’attendre de sa part à des paroles blessantes, et, cependant, il nous dit qu’il fut un temps où le nom seul de l’Angleterre lui était odieux.
Que ces paroles sont terribles ! Elles sont l'expression de l’amertume accumulée durant des siècles et des siècles de persécutions, chez les générations qui se sont succédé en Irlande. Mais, voyez le changement. Moins de cinq années de tentatives généreuses faites par un grand parti, dans le but de rendre justice à l'Irlande, de lui donner la liberté et les lois auxquelles elle a droit, ont accompli des résultats merveilleux, et changé les dispositions du peuple de l’Irlande.
Ces cinq années de tentatives généreuses pour rendre justice à l'Irlande ont fait disparaître les sentiments d’amertume et les ont remplacé par des sentiments d'affection pour un pays dont le seul nom était odieux, il ÿ a quelques années, à tous les Irlandais.
Quel triomphe pour la cause de l'Irlande ! Quel triomphe pour ceux qui, dans cette chambre, ont dit aux Anglais que, #ils traitaient les Irlandais généreusement, ils obtiendraient les mêmes résultats en Irlande que dans notre pays ! Quelle preuve, aussi, que le meilleur moyen de rendre un peuple fidèle à son allégeance, est de le traiter avec justice et générosité ; et quel blâme pour tous ceux (y compris mon honorable ami le député de Simeoenord) qui croient que le seul moyen de rendre un peuple loyal, est de fouler aux pieds ce qu’il a de cher et de sacré !
M. l’Orateu:, je viens de parler du “ Home Rule”. Le “ Home Rule ”, pour nous. c’est l'autonomie provinciale, et j’espère que ce principe d’autc.romie provinciale nous donnera, un jour, la solution de la difficuhé dont nous nous occupons en ce moment.
Ce qui est répréhensible dans ce bill, ainsi qu’on l’a souvent répété, n’en est pas Vobjet lui-même, qui n’est, après tout, qu’une question locale à quelques exceptions près, mais ce sont les tendances du bill et les principes qui y sont contenus, car nous savons que ce n’est qu’un premier pas destiné à être suivi de plusieurs autres,
Voilà, aujourd’hui, quatre jours que ce débat est commencé, et j'ai à reprocher au gouvernement de ne pas avoir encore fait connaître sa politique sur cette question. Depuis quelque temps, le gouvernement ne remplit pas son devoir envers la Chambre. Il peut nous aider dans des questions de détails, de procédure, mais
quand surgit une question de principe, il refuse de remplir le devoir dont il est responsable envers cette Chambre.
L'honorable ministre des travaux publics a dernièrement prononcé un discours. Il nous a dit qu’il était opposé au bill, mais il n’a pas affirmé un principe qui pourrait s’appliquer à la situation.
Nous avons, devant nous, trois propositions ; le bill lui-même, l’amendement soumis par mon honorable ami, le député d’Assiniboïa (M. Davin), et l'amendement soumis par mon honorable ami, le député de Berthier (M. Beausoleil). Je suis libre d’en parler, mais je dois dire que je n’exprime que mon opinion personnelle. Je nc parle pas, ici, comme le chef d’un parti — j’exprime ma propre opinion, et rien de plus.
Je dois dire que, suivant moi, l'amendement de l'honorable député d’Assiniboïa (M. Davin), est prématuré. Il tend à donner au peuple du Nord-Oùest, qui est encore en tutelle, un pouvoir plénier sur une question. Nous ne sommes pas disposés à accorder au peuple du Nord-Ouest une autonomie absolue, Nous ne pouvons pas croire qu’une population qui, en 1885, comptait 30,000 âmes — la population d’une petite ville, dispersée dans ces vastes territoires où l’on peut fonder des empires — puisse jouir de tous les pouvoirs d’un gouvernement responsable. L’amendement soumis par mon honorable ami, le député de Berthier (M. Beausoleil) est peut-être plus compatible avec notre position. Il affirme la proposition que l’état de choses actuel devrait être permanent. Je ne puis pas admettre cela, et, bien que je sois prêt à voter en faveur de l’amendement du député de Berthier, ce ne sera pas en approuvant sa manière de voir.
Par exemple, il est impossible d'admettre que les institutions du Nord-Ouest soient permanentes. Loin de là, elles sont exceptionnellement temporaires ; elles s’appliquent à un état de choses qui est en lui-même exceptionnel ; elles ont été créées à une époque où il n’y avait pas de population, et elles doivent être modifiées de temps à autre, suivant les besoins du moment. Mais, dire aujourd’hui qu’elles sont permanentes est une chose que je ne puis pas admettre, excepté qu’elles soïent permanentes dans chaque cas, tant que nous ne donnerons pas à cette population une forme plus étendue de guvernement local.
Mon honorable ami dit, de plus, dans cet amendement, que,
depuis que cette loi a été adoptée et que nous avons accordé cette première constitution aux territoires du Nord-Ouest, il n’est rien survenu qui puisse changer notre manière de voir. Je ne puis pas, non plus, admettre cela. Il est survenu beaucoup de choses, non pas pour changer nos vues, mais pour nous donner à réfléchir sur ce que nous aurons à faire plus tard, relativement à ces territoires, Voici ce qui est arrivé: une population s’est établie dans ces territoires ; une législature lui a été accordée, et cette législature a demandé certaines mesures, non seulement sur la question de l’usage des langues, mais sur celle des écoles et sur un système de gouvernement.
Ne perdant pas de vue ces faits, il me semble que le temps convenable pour traiter cette question sera quand nous aurons donné au Nord-Ouest une forme de gouvernement responsable plus étendue, sinon complète ; et quand ce temps arrivera, nous devrons être disposés à traiter cette question d’après le grand principe de cette constitution qui a été accordée pour la protection de la majorité et celle de la minorité, et suivant l’état de choses qui existera alors dans les territoires. Mais jusque là, je crois qu’il vaut mieux suspendre l’examen de la présente question. Le bill qui est devant nous a ceci de remarquable : il ne s'appuie pas sur une expression de la volonté des habitants des territoires ; il s’appuie simplement sur de soi-disant principes applicables à tout le Canada. C’est à cette tendance du bill que je m’oppose, et — bien que je ne parle qu’en mon propre nom— je déclare à tous les membres de cette chambre, qu’ils soient Français, Anglais, libéraux ou conservateurs, que la meilleure chose que nous avons à faire, est de remettre l’examen de la présente question à plus tard, lorsque nous serons prêts à traiter toutes les questions qui concernent maintenant les territoires du Nord-Ouest. Mais en attendant nous devons— nous Français, Anglais, libéraux, conservateurs — nous souvenir qu'aucune race, en ce pays, ne possède de droits absolus, ne possède que des droits qui n’empiètent pas sur ceux d'autrui. Nous devons nous souvenir que les exigences de race ne doivent pas dépasser une certaine limite ; si elles la dépassent, bien qu’elles puissent être encore dans les bornes de ce qui est légitime, elles pourraient froisser les sentiments des autres races.
Mais lorsque le temps de s’occuper de la présente question sera
venu, j'espère que nous serons tous Prêts, sans distinction de parti, à l’aborder d’après les principes larges sur lesquels s'appuie notre constitution ; que nous ne manifesterons pas, dans a plication des vrais Principes — que nous soyons angels ou lais — cette hésitation que peut produire la crainte de conseyuences fâcheuses. En effet, nous devons nous souvenir que les vrais principes sont seulement une émanation de la vérité divine, et qu’il y ü au-dessus de nous une Providence éternelle, dont la sagesse infinie connaît mieux que l’homme ce qui convient le mieux à l’homme, et qui, même lorsque tout semble perdu, dirige toute chose pour le plus grand bien.
de parti, ie notre lication iglais — nces fàis prinqu’il y esse inieux à e toute