‹ Discours à l'étranger et au Canada [microforme]Chapitre 64 sur 83 · HR ES · texte numérisé non relu

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la tempête; mais il leur est interdit d'y acheter de la boitte ou d'y débarquer leur poisson. Les Américains nous ont demandé à mainte rep de leur conférer ces deux privi- = nr d'acheter de la boitte au Canada et celui d'y uer leurs chargements de poisson, Noûs avons refusé de les leur accorder, à moins d'obtenir quelques faveurs en retour, Nous avons toujours été prêts à entamer des négociations vec eux, Nous avons dit aux pêcheurs américains: Nous vous fernns participer à nos avantages, si vous nous faites participer aux vôtres, La plage de ln Nouvelle-Ecosse est la ligne d'opération de nos pêcheurs canadiens; ils peuvent y aller chercher leur boitte et décharger leurs cargaisons de poisson. Les pêcheurs américains ont l'avantage d’avoir chez eux un marché pour la vente du produit de leur pêche, Nous leur avons dit et répété: Très bien, nous consentons à traiter avec vous ; ouvres-nous les portes de votre marché et nous vous permettrons de profiter de notre ligne d'opération. Cette proposition était honnête, mais elle ne fut pas écoutée. Le pet Cleveland nous menaça de l'abolition du priviège de transit parce que nous ne voulions pas céder notre patrimoine, Mais ce n’est pas tout. Quelques années plus tard, en 1892, pendant la session du Congrès, la commission du commerce entre les Etats préseata au Sénat un rapport qui traitait aussi du transit. Cette fois, ce n’était +3 la question des pêcheries, mais celle des chemins de er, qui motivait cette menace, Les voies ferrées américaines voulaient jouir chez nous de privilèges que nous ne consentions pas à leur accorder. Parce que nous ne voulions pas leur conférer ces privilèges, parce que nous ne voulions pas, pour les fins du transport par chemin de fer, annexer notre territoire à celui des Etats-Unis, on nous menaça de nouveau d’abolir le transit. Voici qu-'les étaient les conclusions du rapport que j'ai mentionné :

À ces causes, la commission recommande soit d'établir un système de permis qui s’appliquerait aux chemins de fer canadiens exploités aux Etats-Unis, soit d'adopter un autre ;lan qui, sans HUIT au Commerce du pays en général, mettrait les voics ferrées américaines en état de lutter sur un pied d'égalité avec celles du

Canada. De l'avis de la commission, une telle conduite, outre qu’elle favoriserait les chemins de fer des Etats-Unis, principale-

Mais, il y a autre chose encore, L'année suivante, le président Harrison, animé du méme esprit d’hostilité que la commission du Sénat, s’occupa de la question, qu’il envisagea au point de vue de l'intérêt des chemins de fer amé. ricains. Son message du mois de novembre 1893, adressé au Congrès, contenait cette recommandation :

tages extraordinaires à la disposition des vcies ferrées canadiennes, qui sont libres d’abaisser les tarifs et d’accorder des taux de faveur, pratiques que nous blämons et que nous punissons lorsque nos propres chemins de fer s’y livrent.

Heureusement, nous avons jusqu'ici échappé au péril qui nous a menacés à différentes reprises, Cependant, qu’arri.

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reille éventualité, c'est de nous y préparer et d’avoir sur notre propre territoire toutes les ressources qui nous permettraient d’avoir accès aux ports canadiens. Aujourd’hui, nous entretenons des relations amicales avec nos voisins, Nous n’avons jamais été en meilleurs termes, et je souhaite que nos rapports soient toujours aussi amiables. Quant à moi — je n’en ai jamais fait un mystère — j'ai la plus profrnde sdmiration pour la nation américaine. J’ai toujours admiré ses grandes et nombreuses qualités. Cependant, depuis l’époque encore rapprochée où j'ai eu l'honneur et l’heureux sort d’être placé par le peuple au timon des affaires, j'ai constaté que le moyen le plus sûr et le plus efficace de conserver l’amitié de nos voisins c’est d’être entièrement indépendant d’eux. Voilà pourquoi nous demandons au parlement de ratifier le projet que je viens d’exposer et dont l’ex ation doit signifier que ce nouveuu chemin transcontinental n’aura pas d’autres termini que nos propres ports et que pour y :tteindre il passera entièrement sur le territoire canadien.

Maintenant, M. l’Orateur, laissez-moi vous signaler quelques-unes des objections soulevées contre notre projet parmi le public et dans la presse. On nous dit : “ En construisant cette voie ferrée jusqu’au littoral, vous allez nuire à l’Intercolonial ”. Je n’admets pas cela, car je suis convaincu — et j'en appelle à ce sujet au jugement et à l’intelligence de toute la députation — qu’aussitôt cette voie construite, le trafic de l’Ouest suffira à alimenter deux chemins de fer, sinon plus. D'ailleurs, je dirai à ceux qui craignent que le nouveau chemi de fer nuise à l’Intercolonial, qu’il n’y a rien à redouter à cet égard, car la nouvelle ligne ne saurait nuire à la région que dessert l’Intercolonial ; elle fera naître un nouveau trafic, et c’est ce trafic-là qui l’alimeniera. Etant donné même que cette ligne ferait tort à l’Intercolonial et lui enlèverait une certaine partie de son trafic, je le demande à la Chambre, je le demande au pays, est-ce l’Intercolonial qi doit être au service du peuple ou si c’est le peuple qui doit être au service de ‘Intercolonial ?

Nous dira-t-on que l'erreur qui a été commise est irrépa-

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