‹ Discours à l'étranger et au Canada [microforme]Chapitre 7 sur 83 · LA QUESTION SCOLAIRE · texte numérisé non relu

LA QUESTION SCOLAIRE

À peine arrivé au pouvoir, sir Wilfrid Laurier se trouva aux prises avec la difficulté de la question des écoles du Manitoba. Legs peu enviable de ses prédécesseurs, la situation se présentait complexe et embarrassée, Quels ennuis n'avait-elle pas causés aux gouvernements Macdonald, :bbott, f:smpson, Bowell et Tupper? La so!ution, cherchée depuis six ans (1891), fuyait toujours. Faut-il accuser ces hommes ou de faiblesse ou de fanatisme, ou de manque d'intelligence ? Ne convient-:il pas plutôt de dire, en faisant taire l'esprit de parti, qu’ils furent victimes, dans leur échec, des préjugés et de l’absence de vues élevées chez la majorité ?

Depuis les premiers jours de la Confédération, les questions d'instruction publique ne se sont-elles pas toujours dressées sur la voie des gouvernements, comme des obstacles infranchissables ? Quels ne furent pas les embarras de Cartier, lorsque, au lendemain de l’union des provinces, les catholiques du Nouveau-Bruuswick le sommèrent de redresser leurs griefs ? Le gouvernement de cette province venait d'appliquer une loi qui supprimait toute subvention monétaire aux écoles confessionnelles. Or, avant la Confédération, les catholiques possédaient un système d’instructivn fondé sur l’enseignement religieux, avec subvention, à titre gracieux, mais non reconnue par la législation.

XXVI INTRODUCTION

Etait-il loisible à Cartier de frapper de désaveu une loi si injuste pour nos coreligionnaires? La Constitution du Canada confère bien au Conseil privé du Canada le droit de Protéger toute minorité qui possédait des écoles séparées, avant la Confédération, Mais malheureusement, les écoles du Nouveau-Brunswick n'avaient jamais eu d'existence lé. gale ; elles avaient vécu de la tolérance du Pouvoir, sans être fortifiées ni protégées par une loi spéciale où générale, La cause des catholiques, parfaite au point de vue du droit naturel et de la simple justice, ne s’abritait pas derrière la Constitution. 11 n'y eut cependant qu'une voix dans la province de Québec pour réclamer l'abrogation d’une Joi si contraire aux intérêts de nos coreligionnaires, Les catholiques d'ici se solidarisent avec ceux du Nouvau-Brunswick et tous somment le Souvernement d'Ottawa de frapper de veto la loi provinciale, Aux arguments suggérés par le sentiment et par le droit naturel, qui devaient pré. valoir dans l'espèce, Cartier se vit forcé d’opposer le texte d’une loi positive, Appel ayant été interjeté au Conseil privé, celui-ci confirma l'opinion de Cartier. Force fut bien de reconnaître que les catholiques intéressés auraient dû demander la reconnaissance de leurs droits avant d'entrer dans la Confédération. Lorsque leurs amis de la Province de Québec mettaient Cartier en demeure de désavouer le statut malencontreux du Nouveau-Brunswick, Cartier répliquait : “ Vous, Canadiens-Français, vous ne devriez jamais réclamer l'intervention du Souvernement fédéral dans les affaires provinciales. Comment ne voyez-vous pas que vous

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