DEFENSE DE L'EMPIRE MARINE CANADIENNE
À la session de 1909, le Parlement fédéral eut à subir la on d’un grand mouvement d'opinion qui agitait les îles britanniques, 11 était entendu depuis quelques années en Angleterre que cette puissance, pour conserver l'empire des mers, doit toujours avoir une marine de guerre supérieure, en cuirassés et en hommes, à celle de deux autres pays. Cette proportion existe aujourd’hui et les Anglais, rassurés, vaquaient hier encore à leurs affaires dans un calme relatif. Mais soudain un cri d'alarme retentit et avec tant de force et de portée qu’on aurait pu croire l'Empire sous le Coup d’un cataclysme. Un incident venait de révéler un fait inattendu.
Quel était ce fait qui répandit presque de la terreur en Angleterre ? On savait bien que depuis quelques années, l'Allemagne travaillait à devenir une puissance maritime de premier ordre, mais qu’elle n’était pas encore redoutable. Ce qui provoqua la crise ce fut d’apprendre que le gouvernement allemand avait fait outiller, dans le secret, sea aras.
Baux de façon à pouvoir mettre d’abord en chantier et en-
suite, à la mer, ses cuirassés deux fois plus rapidement que la Grande-Bretagne,
La fameuse proportion d'une marine anglaise supérieure à deux marines étrangères, perdait dès lors toute sa valeur, et l’Empire sa sécurité, Voilà la nouvelle sensationnelle qui fit sursauter toute l'Angleterre,
Le cri d'alarme Poussé à Londres traversa les mers et trouva un écho dans les Colonies. En Australie et dans la Nouvelle-Zélande, on fit savoir à la mère Patrie qu’elle pouvait compter à cette heure de danger sur ses filles d’outremer et l’on offrit soit des cuirassés, soit la création de marines coloniales Pour aider à sa défense, La même émotion saisit le Canada et la Chambre des Communes, à la demande de M. Foster, s’occupa de cette question d'urgence. Entre les partisans extrêmes d'une participation dispro-
(TRADUOTI0N).
Aux observations éloquentes et habiles dont l'honorable député de Toronto-nord (l’hon. M. Foster) vient de faire bénéficier la Chambre, on ne trouvera que fort peu à redire, et pour ma part, je n’y trouve rien à tiquer. Si l'honorable député me le permet, s’il veut l’accepter de ma part, je lui offrirai en toute
té un mot de félicitation, pour le calme et la modération qu’il a montrés en traitant un sujet difficile et très important, Et même, si j'avais quelque critique à faire au sujet du discours qu’il vient de Prononcer, et du programme qu’il a esquissé dans une certaine mesure, ce serait que ses indicatinns sont trop vagues, que ses conclusions auraient dû être plus précises, J'avais hâte d’entendre, de la bouche de l'honorable député, les raisons que l’on invoquait à l'appui de la résolution déposée entre vos mains, monsieur l’Orateur, et qui figure à l’ordre du jour depuis deux mois.
L'honorable député, j’0s0 l'espérer, ne se formaliser pas si je lui pet gd mon avis lo texte de cette résolution mel ds pas aussi clair que de l’eau de roche. L'honorable député n’a pas
aussi nettement que nous l’aurions voulu le programme qu’il voudrait nous voir adopter. La substance de sa proposition se trouve dans les paroles suivantes :
“ Le Canada ne devrait pas tarder davantage à assumer sa part de responsabilité et de dépenses incidentes à la protection uate de ses grands ports ot de son littoral maritime sans défense.’
La soulo interprétation que l’on puisse faire de ces paroles, c’est que, de l’avis de l'honorable député (l’hon. M. Foster), le Canada à failli à son devoir en ne pourvoyant pas à sa propre défense, Ce reproche est de nature à a eq ceux qui savent que le Canada n’a aucune querelle sur les bras, qu’il ne songe pas à arrondir son territoire, qu’il occupe phiquement une situation isolée, qu’il n’a qu’un voisin, avec lequel il a vécu en paix Lx +8 près de cent
ans. Mais maintenant que nous avons eu le plaisir et l’avan: de l'oreille à l'honorable député, nous savons qu’à son avis le n’a pas failli à son devoir envers lui-même, mais a failli
à ron devoir envers l'Empire. Eh bien, que l'honorable député me permette de le lui dire, et 2 dis en toute sincérité, espérant que si nous différons dans les ils, nous allons tomber d’accord sur la question principale, si le Canada a failli à son devoir envers l’Empire, nous n’en avons nullement conscience. Monsieur l’Orsen) nous n’admettons pas que ce reproche soit le moindrement
Nous sommes sujets britanniques ; le Canada est une des nations que des liens de famille rattachent à l'empire, et nous nous rendons pleinement comp: des droits et des obligations conférés par ce noble titre. Notre décision irrévocable a été, est encore, de remplir tous les devoirs imposés par ce titre de “ sujets britanniques.” Bien plus, non seulement le Canada va remplir toute obligation qui lui est im par ce titre, mais il est prêt à faire, je ne crains pas de le dire, tous les sacrifices nécessaires en vue de maintenir pleinement le Canada au rang qu’il occupe dans l'empire britannique, et l’empire __— lui-même au rang qu’il occupe parmi les nations du monde. Mais, monsieur l’Ora-
teur, J'ajouterai — ot ce que j'en dis ne vise sucunement le dienous noue Tin 008 de Préter l'oreille] ne faut pre die sage où mé euro efarer au point de rencnver au pren 10e ME + mtri Me Rous nous étions tracé, pour re une déter-
, end sommes, et de dévider si) Y 4 lieu de modifier 1 ligne de conduite que nous avons suivie depuis nombre d’ ou s'il y a lieu, au contraire, d’y persister, "honorable député (M, Foster), déclare, et je suis d'accord avec lui, que cette question doit être à non pas au
du Canada, mais au point de vue de l’ensemble
de l'empire britannique. J'approuve tout cs que l'honorable député a dit, et dit aveo uence, au sujet de l'admiration et du dét que tout pr lais, tout Canadien, doit avoir pour rhmaique Je crois avec l'honorable député que l'événo-
bires ; mais c'est sn perpétuité, «a permanence qui est extraor. dinaire, L'empire romain, l'empire d'Alexandre, l'empire de Charlemagne, l'empire de Napoléon, ont tous été créés et maintenus par la force, et dès que la force à fait défaut, ces empires
tement des peuples qui reconnaissent actuellement la suprématie de la Grande-Bretagne, Aujourd’hni l'empire britannique se compose d’une pléiade de jeunes nations, fères de leur allégeance à la
le droit et le devoir de développer ses Propres ressources et d’atteindre son but suivant ses propres visées et par l'emploi de ses Propres moyens, qui sont mieux adaptés Peut-être aux circonstances particulières de chacune,
Maintenant, on dira Peut-être que la défense qui ost le devoir de toutes ces nations est une question à l'égard de laquelle toutes
devraient avoir une aspiration commune, Oui, je le reconnais ;
mais, d'autre part, les jeunes nations filles de l'Angleterre ont
insisté pour que, même à l'égard de cette question de la défense, on
leur laissât pleinement leur autonomie locale et qu'il fût permis
chneune d'elles d'aborder co sujet suivant leurs propres lumières,
*e nous ‘{=imulons pas cette circonstance, Que la vague qui passe
n1 ve4 faite en partie do colère, d'enthousiasme et de
‘e peut avoir pour objectif de la part de quelques.
iger À renoncer À notre programme et à contribuer
frais du maintien de la marine anglaise. Oui,
ié 1: our, envisageons cette quostion sous son vrai jour ;
he hors La4 À l'éluder, persuadons-nous bien que ce n'est pas
x!" manière que nous avons compris notre ph » dans lo passé,
e t'on n’est pas neuve ; elle nous est familière, elle n'est
rt d'au, card'hnt ni hier. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'elle date
‘eréation, mais elle date du jour de la onfédération, et pé-
riodiquement elle revient sur le tapis. Elle a pris la formo d’une
proposition précise, lors de la conférence impériale da 1909, pour
ceux qui s’y étaient alors réunis de tous les points de l'empire bri-
tannique, en vue de débattro la question avec je gouvernement de
la métropole, On nous soumit la proposition de faire contribuer
toutes les possessions autonomes de l'empire britannique, au main-
tien de l’armée et de la marine, Les ministres canadiens présents
à cette conférence ne regardèrent pas ce projet d’un bon œil. Ils
l’accueillirent avec respect, mais ils refusèrent de l'endosser ; ils
résentèrent leurs vues sous une autre forme énonçant ce qu'ils
Lasient prêts à faire au nom du Canada, Leurs vues dans cette
circonstance furent énoncées dans un document qui a été souvent
cité en cette Chambre, mais dont il est opportun que je cite un extrait aujourd’hui, Le voici :
“Actuellement, les frais que ferait le Canada pour la défense du pays sont restreints à l’armée de terre ; le gouvernement canadien est disposé à faire des frais également en vue de l’organisation d’une marine, Sur le littoral maritime du Canada, il se trouve une nombreuse population admirablement qualifiée pour former des réserves navales, et on espère que sous peu il sera possible d'établir un service qui permettra de donner à cette population l'entraînement voulu et d'utiliser ses services pour la défense du pays en cas de besoin,
Glen orne" leur awentiment aux mesures propoadog, 1 ae Poible
la métropole d’une partie du fardeau is sr Pporte actuellement ; et ils souhaitent ardemment que
Or, monsieur l’Orateur, 0 document a quelquefois êté critiqué, mais on ne l’a jamais sérieusement attaqué, autant que je sache. En tout ces, il n’a jamais été attaqué dans cette enceinte, et si j’ai
bien compris le sens des observations faites par l'honorable député
Bien plus, le Programme qui est tracé dans ces lignes a été adopté par quelques-unes des Possessions qui n’en avaient pas voulu
Pendant plusieurs années la confédération australienne a contribué 81,000,000 Par année au trésor impérial pour les fins de la marine, Cette politique a été abandonnée par le gouvernement australien et M. Deakin, ci-devant premier ministre d'Australie,
un des hommes les plus distingués de l'empire britannique, un
sant à la défense de l'Australie.
Aux termes du premier arrangement, l'Australie contribuait £200,009 à ïa larine anglaise, Avec le nouvel arrangement, il
port du matériel, ce qui, d’après les calculs de l’amirauté, coûtera #1,277,500. En faisant cette proposition, M. Deakin disait :
“Tont se résume à une question d'autonomie, Le problème qui se dresse devant nous est de combiner notre faible force navale
cbitess
aves la puissante organisation de flottes de la mère patrie, de manière à obtenir la plus grande somme d'utilité et d'unité, sans sacrifier notre droit constitutionnel d’administrer nos propres deniers et toute flottille construite et entretenue à nos Fais. »
I y a même plus. S’il y a dans tout l’empire un homme qui a consacré ses pensées, son cœur, son âme au grand problème la défense de l'empire, un homme qui en a fait l'étude de toute sa vie, je n’hésite pas à dire que cet homme c’est lord Milner. Il était ici, il y a à peine quelques mois ; il a discuté cette question à différents endroits et part”at il a pris l’attitude que nous prenons en ce moment. A To: :nto, où il a discuté la question plus à fond, peut-être, que partout ailleurs, il a dit :
“Je n’ai jamais été fort partisan des contributions des états autonomes à l’armée et à la marine du Royaume-Uni. Je suis certain que la forme que cette contribution devrait prendre et prendra définitivement, la forme la plus compatible avec la dignité des étais individuellement, et la plus rropre à réaliser leur force collective et leur union organique, c’est le développement de leurs déïenses respectives, en matériel et en hommes. ”
Je crois donc avoir raison de dire que notre politique est celle que conseillent tous les penseurs qui se sont occupés de cette question. Je pourrais encore citer l’opinion d’un vétéran parmi les hommes d’état canadiens, sir Charles Tupper, qui, dans un article remarquable que personne, j'en suis sûr, n’a oublié, disait :
“ L'idée de prélever un fort impôt est nouvelle, fausse et pleine de dangers, ”
Voilà, monsieur l’Orateur, l'attitude que nous avons prise, et que nous avons gardée ; et l’honorable député de Toronto-nord, sans se montrer très enthousiaste, ne la condamne pas non plus. Si j'ai bien compris, il insiste pour que nous fassions quelque chose ; mais quant à la forme particulière que doit revêtir notre action, quant à savoir si nous devons verser une certaine somme au trésor impérial ou améliorer notre défense maritime, il ne le dit pas. Pour lui, c’est une question libre ; pour nous, elle ne l’est pas et dans les récents événements nous ne voyons aucune raison de nov départir de la règle que nous avons passée en 1902.
On dira peut être — et mou honorable ami a effleuré le sujet avec modération et impartialité, je dois le dire — que bien que ce fût là not politique, nous nu l'avons pas mise à exécution. Je repousse cette aceusation. Nous avons fait beaucoup pour la défense du Pays, bien que nous n’ayons pas fait, peut-être, autant que nous aurions pu faire.
la conférence de Londres, en 1902, j'ai dit que nous nous chargions de perfectionner nos moyens de défense sur terre et sur
avons dépensé, en chiffres ronds, deux millions et demi pour notre milice et l’an dernier, plus de six millions et demi, Ainsi en ci
Ceux qui, aux fêtes du tricentenaire, à Québec, ont assisté à la revue de 12,000 hommes de troupes par le Prince de Galles, ont
l’accomplirons nous-mêmes ; nous ferons Pour notre marine ce que nous avons fait pour notre milice, Nous devons Commencer par constituer Je noyau d’une marine.
’armements maritimes { De nos jours Ja Construction navale se modifie presque d’ennée en année. N’estil pas vra! que les armements de demain peuvent être perfectionnés au point de
$ le sujet en que ce tion, Je ur la dé- >, Autant
JUS nous re et sur us avons 2, nous ur notre en cinq milice,
DE SIR WILFRID LAURIER 449 ue nous étions à Londres, en 1902, nous songions à construire navires écoles ; on y attachait une grande importance. À la conférence de 1907, il n’était plus du tout question des pavires écoles ; la grande question du jour, c'était la défense de nos ports. Lord Tweedmouth, de l’amirauté, parlant sur ce que devaient faire les colonies autonomes, négligea comp'ètement les navires écoles et insista pour que nous prissions immédiatement les moyens de mettre nos ports en état de défense. Voici le langage qu’il a tenu en cette circonstance :
“ Je crois qu’en Australie, particulièrement, et dans l'Afrique du Snd, on désire établir un service naval propre à ces colonies. On me permettra de faire observer que si les colonies pouvaient fournir les navires secondaires qui son‘ le complément nécussaire d’une grando flotte de cuirassés modernes, ce serait d’un grand secours pour la flotte en général.
“On ne peut pas faire traverser l'océan à de petits navires comme les torpilleurs et les sous-marins, et si les cuirassés en ar:ivant en Australie, dans l'Afrique du Sud, aa Canada, trouvaient À leur disposition des équipages bien dressés, avec de bons navires de cette catégorie, ce serait un énorme avantage. Ce serait un avantage énorme d’avoir sous la main des marins bien disciplinés, prêts à se joindre aux manœuvres de la flotte.
“ Un autre avantage que l’on tirerait de ces flottilles, c’est qu’elles seraient très utiles pour la défense des côtes ; grâce à elles les colonies seraient à l’abri d’une attaque soudaine par une escadre qui croiserait dans ces parages.
“ Ce que je tiens surtout à faire ressortir, c’est que le sousmarin est probablement l’arme la plus nécessaire et la plus effiace. C’est une arme avec laquelle on peut repousser les attaques
de jour d’une flotte ennemie, et les attaques de nuit de navires isolés. Mes conseillers de l’Amirauté m’assurent que c’est une arme très importante, qui a déjà atteint un haut degré de perfection et sur laquelle on peut se reposer avec confiance ”.
Dans une autre partie de son discours, lord Tweedmouth, disait :
“ J'aimerais à ajouter un simple mot sur la nécessité de ravitaillement dans les colonies, L’énorme développement des navires
de guerre modernes de Conséquences. Pour receions gore navire il faut des bains de ie nn 0 sions, ce rapport, je considère que nous sommes en assez bonne situation. À l'heure PA. so tant en ù que dans
nous avons radou vant recevoir le plus navire de notre le “ ugth ”, Je crois que d'ici à deux ans, nous en a quatre au ce qui
Cela se Passait, il y a à peine deux ans, et le lord chef de l’Amirauté acceptait, dans son sens le plus absolu, la politique du gouvernement canadien de Construire et entretenir nous-mêmes notre marine, et non de verser une contribution au trésor impérial,
Il était entièrement d'avis que le Canada devait construire des Sou&-marins, des torpilleurs et des remorqueurs, I] Y a deux ans de cela, et si aujourd’hui, il fallait prêter l'oreille à une certaine Presse et se laisser entraîner par les événements, il faudrait en-
rre.
défense à Londres ; après avoir arrêté un plan, nous devrons le mettre à exécution au Canada, avec notre argent, et avec nos Propres ressources, Telle est la politique du &ouvernement,
d'offrir un “ Dreadnought ” à Angleterre, l'opposition approu-
verait la proposition. Ceci nous amène à aborder une question
qui est dans lair, à l’heure présente, et dont aucun sujet britanr.
Depuis plus de 100 ans, la suprématie navale de la Grande- Bretagne est incontestée — bien plus, la suprématie de lAngleterre sur mer a été tellement absolue, que personne ne supposait
qu’elle pouvait lui être disputée. Mais de nos jours, les événe-
ments se produisent avec une grande rapidité. Nous avons appris dernièrement que la plus puissante nation du monde sur terre se — d’égaler la puissance de la Grande-Bretagne sur mer.
ous avons probablement lieu de croire, comme on vient de nous Vapprendre, que l’Allemagne construit plus de navires que l’Angleterre, et les construit plus rapidement.
Il y a une conclusion à tirer de ces renseignements, et c’est que l'Allemagne se prépare à faire un jour sur mer à l'Angleterre ce qu’elle a fait à la France sur terre.
Tout le monde sait aujourd’hui que pendant des années la Prusse se préparait dans l'ombre à lutter contre la France, qui, jusqu’alors, avait 6t6 la plus puissante nation militaire du monde; la Prusse attendait une occasion, et quand l’occasion se présenta, elle frappa le coup fatal.
S’il est vrai que l’Allemagne s’organise pour porter la lutte sur mer, aucun sujet britannique ne peut rester indifférent aux conséquences qui en peuvent découler. Pour ma part, je ne crois pas à l’imminence du danger. La nation allemande est une grande nation ; depuis 60 ans elle a fait plus de progrès dans les arts de la paix et de la guerre que toute autre nation ; elle a augmenté sa population de 40,000,000 à 62,000,000 ; elle a fait prendre à ses inäustries et À son commerce une merveilleuse extension ; elle a augmenté sa richesse d’une manière prodigieuse.
Maïs quant à mettre la marine allemande sur le même pied que la marine anglaise, quant à obtenir en quelques années des résultats qui sont l’œuvre de plusieurs siècles, c’est une tâche au-dessus des forces de l’Allemagne même, si grands que soient ses moyens et ses ressources.
Quoi qu’il en soit, nous savons que la Grande-Bretagne ne s’alarme pas outre mesure ; les grands organes de l'opinion publique anglaise nous donnent l’assurance que l’Angleterre est en mesure de tenir tête à l'Allemagne sans l’aide des colonies.
Nous savons que le gouvernement anglais n’a pas jugé à propos, pour l'instant du moins, d’accepter l'offre généreuse que la Nouvelle-Zélande lui a faite d’un “ Dreadnought””. Il est encore un autre point qu’il importe de ne pas perdre de vue.
Je le demande à tous ceux qui ont étudié l’histoire : n'est-il pas vrai que si l'Angleterre est, entre toutes les nations de l’univers, celle qui s’est adonnée au commerce plutôt qu’à la guerre,
elle est aussi toujours sortie victorieuse des pue où elle s’est trouvée engagée À Cela, elle le doit tout d’abord au
à l'endurance et à la valeur de ses marins ot de sos soldata; mais elle le doit aussi en grande partie à ce que tandis que d’autres nations épuisaient inutilement leurs forces à la guerre, elle pra-
tannique, Je l'ai déjà déclaré en Plus d’une occasion : je regretterais que le Canada fût entraîné dans le tourbillon du milita-
trouvent en un état de paix armée Presque aussi intolérable que la guerre elle-même, L’Angleterre est la seule nation qui ait gardé son sang-froid, qui ait résisté au militarisme dans toute la mesure dont elle était capable, qui ait refusé d’adopter la conseription et de sacrifier se enfants sur l'autel du dieu insatiable de la guerre,
Je me plais à espérer que jamais Je jour luira où nous devrons intervenir dans les conflits de l’Europe ; mais je n’hésite aucune-
ct de constituer autour d'elle un rempart contre lequel toute Ce jour, je me plais à Pespérer, ne luira
compatriotes de la province de Québec, la conviction que le salut de l'Angleterre est le salut de notre Propre nation, et que c’est dans
RE eee qu
le de la
levrons ucuneque est
lo salut de l'Angleterre que réside la garantie de notre liberté pe - et religieuse, de tout ce que nous avons de plus précieux au monde,
Tels sont les sentiments qui animent le gouvernement à l'heure actuelle. Comme je le faisais observer tantôt à mon honorable ami (M. Foster), le projet de résolution qu’il a déposé ne me paraît pas suffisamment explicite ; c’est pourquoi je me permettrai d'y substituer le texte suivant qui, je l'espère, lui sera
agréable :
# La Chambre se rend pleinement compte du devoir qui incombe à la nation canadienne, étant donné l'accroissement de sa population et de ses richesses, d'assumer dans une plus large mesure les responsabilités de la défense nationale.
“La Chambre réaffirme l'opinion, maintes fois exprimée par les représentants du Canada que, étant données les relations constitutionnelles existant entre la mère patrie et les colonies autonomes, le versement au trésor impérial d’une contribution déterminée pour des fins navales et militaires ne constituerait pas, en ce qui concerne le Canada, une solution satisfaisante du problème de la défense.
“ La Chambre a noté avec satisfaction le soulagement que le peuple canadien a apporté aux contribuables du Royaume-Uni en se chargeant du fardeau de grandes dépenses militaires qui pesaient autrefois sur le trésor impérial.
“La Chambre approuvera cordialement toute dépense nécessaire destinée à favoriser l’organisation d’un service naval canadien en coopération et relation intimes avec la marine impériale, dans le sens indiqué par l’Amirauté lors de la dernière conférence impériale, et en complet accord avec l’idée que la suprématie na: vale de la Grande-Bretagne est essentielle à la protection effective du commerce, au salut de l'empire et au maintien de la paix universelle.
La Chambre est fermement convaincue que chaque fois que le besoin s’en fera sentir, le peuple canadien se montrera prêt et disposé à faire tous les sacrifices nécessaires pour prêter aux autorités impériales son concours le plus loyal et le plus cordial en toute mesure tendant au maintien de l'intégrité et de l'honneur de l'empire. ”
Cet amendement fut voté à l’unanimité par la Chambre.
SIR WILFRID LAURIER en 1851
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APPLIED IMAGE 5 1653 Eost Main Street Rochester, New York (716) 482 - 0300 - Pnone (716) 288 - 5989 - Fox