‹ Discours à l'étranger et au Canada [microforme]Chapitre 9 sur 83 · LA QUESTION SCOLAIRE XXIX · texte numérisé non relu

LA QUESTION SCOLAIRE XXIX

province de Québec, courir au-devant du danger que signalait Cartier ? N’était-ce pas établir le précédent d'une {ntervention fédérale redoutable à l'autonomie provinciale ?

On sait que sir Charles Tupper retira son projet de loi, parce que l'opposition lui barrait la voie par des obstacles infranchissables. La vie légale du Parlement tirait à sa fin et l'opposition se montrait irréductible, menaçant de faire de l’obstruction jusqu’à la dernière heure.

Il est avéré que bien des collègues de sir Charles applaudirent secrètement à son échec, car ils répugnalent à cette mesure souverainement. D’aucuns prétendaient que, pour le gouvernement, le Bill rémédiateur n'était qu’une manœuvre électorale, destinée à capter les faveurs de la province de Québec et qu’il se désintéressait de sa réussite, N’allons pas jusque 1à ; faisons lui crédit de son courage. Si ce projet de loi ralliait Québec, ne lui aliénait-il pas les autres provinces ?

Précisons la situation de la question scolaire à l’arrivée de sir Wi!frid au pouvoir ; une réclamation en litige depuis cinq 238 ; uu procès, objet de cinq décisions contraires ou veu concordantes ; une province debout, presque en armes dans son opposition unanime aux écoles confessionnelles, et l'opinion catholique manitobaine, quantité négligeable à raison de sa faiblesse. Décrire cette crise scolaire, c’est en faire pressentir l’insolubilité presque radicale,

L’intransigeance du Manitoba, identique chez les deux partis politiques, imposait donc fatalement une transaction. Elle se produisit sous la pression de sir Wilfrid, qui fit concéder un enseignement religieux dans certaines conditions,

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XXXx INTRODUOTION

C'était le maximum des concessions que l'on pouvait obtenir du pouvoir, — « Qu'elles sont minimes, ces concessions, répliqueront quelques critiques ardents !" — M]. nimes, si vous voulez, mais nul autre que sir Wilfrid n'aur ‘u les obtenir du &ouvernement du Manitoba, Les infructueuses tentatives de ses prédécesseurs, Pour arracher une parcelle de justice quelconque au Souvernement de cette province, établissent l'importance relative du règle. ment Laurier,

N'ayons garde, pour bien nous rendre compte de la situation et déterminer les responsabilités à encourir, d'oublier que l'élément français n'est en ce pays qu'une minorité, Or, en définitive dans le monde moderne, c'est à la majorité qu'appartient le dernier mot. Voyons le jeu des relations internationales où la signification du nombre se traduit par le mot, force ; le triomphe du droit, lorsqu'il ne Parle point Par la voix des plus gros Canons, est bien aléatoire, On ne voit plus de nos jours l'Europe se lever Pour la défense d'un principe.

Or, il est évident que nous subissons, dans de fâcheuses conditions, cette loi fatale qui domine le monde moderne,

Si la fusion des idées s’est faite au Canada au point de vue des intérêts matérie

18, il en va tout autrement lorsque surgit une question religieuse ou nationale. Alors, de toutes Parts se réveillent des passions mortes en apparence ; les liens de parti, si forts d'ordinaire, menacent de se rompre à la moindre tension. Les amis de la veille

se regardent, étonnés de voir s0

üdain un abîme se creuser entre eux.

Tout l'édifice politique tremble de la base au sommet. Bien

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