LA QUESTION SCOLAIRE
A peine arrivé au pouvoir, sir AVilfrid Laurier se trouva aux prises avec la difficulté de la question des écoles du Manitoba. Legs peu enviable de ses prédécesseurs, la situation se présentait complexe et embarrassée. Quel 5 ennuis n'avait-elle pas causés aux gouvernements Macdonald, Abbott, Thompson, Bowell et Tupper? La solution, cherchée depuis six ans (1891), fuyait toujours. Faut-il accuser ces hommes ou de faiblesse ou de fanatisme, ou de manque d'intelligence ? Ne convient-il pas plutôt de dire, en faisant taire Tesprit de parti^ qu'ils furent victimes, dans leur échec, des préjugés et de l'absence de vues élevées chez la majorité ?
Depuis les premiers jours de la Confédération, les questions d'instruction publique ne se sont-elles pas toujours dressées sur la voie des gouvernements, comme des obstacles infranchissables ? Quels ne furent pas les embarras de Cartier, lorsque, au lendemain de l'union des provinces, les catholiques du Nouveau-Brunswick le sommèrent de redresser leurs griefs ? Le gouvernement de cette province venait d'appliquer une loi qui supprimait toute subvention monétaire aux écoles confessionnelles. Or, avant la Confédération, les catholiques possédaient un système d'instruction fondé sur l'enseignement religieux, avec subvention, à titre gracieux, mais non reconnue par la législation.