‹ Discours à l'étranger et au CanadaChapitre 16 sur 113 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

C'était le maximum des concessions que l'on pouvait obtenir du pouvoir. — " Qu'elles sont minimes, ces concessions, répliqueront quelques critiques ardents ! " — Minimes, si vous voulez, mais nul autre que sir Wilfrid n'aurait pu les obtenir du gouvernement du Manitoba. Les infructueuses tentatives de ses prédécesseurs, pour arracher une parcelle de justice quelconque au gouvernement de cette province, établissent l'importance relative du règlement Laurier.

N'ayons garde, pour bien nous rendre compte de la situation et déterminer les responsabilités à encourir, d'oublier que l'élément français n'est en ce pays qu'une minorité. Or, en définitive dans le monde moderne, c'est à la majorité qu'appartient le dernier mot. Voyons le jeu des relations internationales oii la signification du nombre se traduit par le mot, force ; le triomphe du droit, lorsqu'il ne parle point par la voix des plus gros canons, est bien aléatoire. On ne voit plus de nos jours l'Europe se lever pour la défense d'un principe.

Or, il est évident que nous subissons, dans de fâcheuse» conditions, cette loi fatale qui domine le monde moderne. Si la fusion des idées s'est faite au Canada au point de vue des intérêts matériels, il en va tout autrement lorsque surgit une question religieuse ou nationale. Alors, de toutes parts se réveillent des passions mortes en apparence ; les liens de parti, si forts d'ordinaire, menacent de se rompre h la moindre tension. Les amis de la veille se regardent, étonnés de voir soudain un abîme se creuser entre eux. Tout l'édifice politique tremble de la base au sommet. Rien

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