LA QUESTION SCOLAIRE XXXI
téméraire serait le gouvernement qui tenterait de traiter les complications religieuses ou nationales comme les affaires économiques ou politiques. Aveugle qui ne voit pa« qu'ici la voie des solutions transactionnelles reste seule ouverte.
En exposant à la chambre le projet de constitution des nouvelles provinces, sir Wilfrid lui demanda d'établir renseignement de façon à répondre au vœu des consciences catholiques. La majorité de la députation parut d'abord disposée à se rendre au désir du premier ministre. Mais le lendemain, le vent du fanatisme soufflait des quatre points de l'horizon, à ce point que le gouvernement dût se contenter de donner à l'Alberta et à la Saskatchewan le régime scolaire du Manitoba. Il lui fallut subir Vultima ratio de la force. Hélas ! celle-ci, trop souvent l'ennemie du droit qui devrait être son allié, le prime de plus en plus.
Récemment, l'annexion de la Bosnie et de l'Herzégovine à l'Autriche, au mépris des traités, soulevait un conflit entre elle et la Russie : l'Europe fut à deux doigts d'une guerre formidable. Depuis un temps immémorial, la Russie jouissait de l'hégémonie dans les Balkans ; elle était la protectrice-née de la population slave de ces pays. Or, régler d'autorité une question qui intéressait la Serbie, et, par la même, le gouvernement de Saint-Pétersbourg, constituait une insulte à ce dernier. Mais le spectre menaçant de l'Allemagne se dressait à côté de l'Autriche ; il fit reculer la Russie peu préparée à la guerre. Elle capitula, humiliée, rugissante, en regardant son droit écrasé sous la botte du soldat allemand.