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XLVI INTRODUCTION

ont dérogé à cette règle, assez décourageante pour l'honneur de l'humanité, ont fait un métier de dupes.

Les visées humanitaires de Napoléon III n'ont-elles point fait à l'influence française en Europe une blessure qui saigne encore ? En favorisant, d'après son principe des nationalités, la concentration des forces éparses de l'Italie et de l'Allemagne, il a collé aux flancs de la France deux puissances, l'une ennemie irréductible, et l'autre amie peu bienveillante. Que nous sommes loin du siècle des Croisades et des grandes idées de sacrifice qui en furent le mobile !

■Souder les intérêts des colonies à ceux de la Grande-Bretagne, comme le voulait M. Chamberlain, n'était-ce pas porter une atteinte à cette autonomie dont nous sommes si jaloux, autonomie si laborieusement conquise et dont il serait criminel de détacher la moindre parcelle? Que l'Angleterre demande notre concours, aux heures de crise, soit ; nous serons probablement disposés à le lui prêter, mais encore faut-il que nous soyons maîtres de le refuser. Il serait de la dernière injustice de nous forcer à porter le fardeau d'une guerre, décidée sans notre participation. Voilà la raison sur laquelle repose la limitation de notre alliance avec la métropole.

Mais, de la conception impérialiste, peut-on conclure qu'elle est le pivot de la grandeur commerciale et de l'omnipotence de l'Angleterre? Créer un empire, en restreignant le libre-échange dont elle se montre si fière, depuis plus d'un demi-siècle, pour lui substituer un régime hostile aux voisins, ne serait-ce pas lancer une provocation aux nation» amies ? Il est certain que ce Zollverein aux allures belli-

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