LVIII INTRODUCTION
Le droit devrait tout primer en ce monde. Par malheur, les préjugés, l'erreur font qu'il n'est pas un et unique. Pour les différents groupes de Tliumanité, il n'est en pratique que ce que chacun pense, au regard de Topinion contraire desautres. Vérité en dé(;à, erreur au delà, disait Pascal. Qu'est-ce que l'orthodoxie, demandait un philosophe à un autre ? — L'orthodoxie, c'est ma doxie, répond son interlocuteur, c'est-à-dire ce que je crois. Cette question avec sa réponse résume tout.
Avec* la force entrant en jeu, soit d'un côté soit de l'autre, cette conception divergente du droit impose des compromis. Le Saint-Siège, l'incarnation du droit et de la vérité, a dû lui-même accepter, par crainte de pire, des traités gênants pour l'Eglise. Le Pape Pie VII a-t-il signé sans un serrement de cœur le Concordat rédigé par Napoléon 1er ? Cet accord qui livrait au gouvernement français le droit de désigner les évêques à la nomination du Pape, forçait ceux-ci de demander au pouvoir civil la permission de se réunir plus de dix à la fois, de faire un voyage à Eome, et réduisait les curés au rang de fonctionnaires publics, appointés par l'Etat : quel abus ! Et le Concordat ne donnait pas aux catholiques la liberté de renseignement ; ils ne la reçurent que de la loi Falloux en 1850.
Le malheur des temps contraignit le Pape à agréer le Concordat par crainte de voir la religion péricliter en France, faute d'une entente.
L'intérêt suprême de l'Eglise aux prises avec ce que l'on appelle le " fait du Prince ", c'est-à-dire la volonté d'un tyran, telle fut la raison déterminante de Pie VIL Ce traité