‹ Discours à l'étranger et au CanadaChapitre 49 sur 113 · RAISONS DU SUCCÈS DE SIR WILFRID LXIX · texte numérisé non relu

RAISONS DU SUCCÈS DE SIR WILFRID LXIX

cables de ceux qui, par nécessité, parlent souvent. Ils ont souvent reproché à Chapleau certaines audaces de langage, échappées aux hasards de l'improvisation. Mais à côté de ces phrases par trop fulgurantes, que de beaux mouvements, que de belles envolées ! Tout homme a ses admirations qu'il prend souvent, inconsciemment, pour modèle. Admirateur passionné de Vergniaud et captivé par cette figure si touchante, malgré ses fautes, Chapleau s'imaginait ressembler au jeune Girondin. Il lui était probablement supérieur, à tous les points de vue. La nature s'était plu à combler Chapleau des dons les plus variés. Ainsi, cet impulsif à l'imagination emportée était, à ses heures, un homme de chiffres de tout premier ordre. A la direction de la Banque d'Epargnes de Montréal, il étonnait les hommes du métier, blanchis sous le harnais. L'influence de sa parole fut immense.

Après la mort de Cartier, la fortune du parti conservateur reposa principalement sur lui. C'est son éloquence prestigieuse qui contribua le plus, dans la province de Québec, à ramener ses partisans au pouvoir en 1878, et à les y maintenir aux jours de leur défaillance. Lorsqu'il disparut, l'ennemi ne trouva plus aucune force de résistance pour retarder son élan conquérant.

En parlant de Chapleau orateur, reportons-nous au champ de quelques-uns de ses plus retentissants succès ? N'est-ce pas à la Cour d'assises que sa parole vibrante a retenti avec le plus d'effet ? C'était merveille de le voir aux prises avec la partie adverse, quelquefois même avec le juge, et triompher dans la lutte. Avec quelle sûreté aussi

Page 1