‹ Discours à l'étranger et au CanadaChapitre 70 sur 113 · SOUVENIRS XCI · texte numérisé non relu

SOUVENIRS XCI

Il y a treize ans que Laurier est premier ministre.

Le pays n'a jamais été plus prospère ; le commerce, l'industrie et l'agriculture ont progressé .dans des proportions étonnantes ; les ouvriers ont du travail et les cultivateurs s'enrichissent ; la population est contente de son sort ; tous les foyers sont heureux. Or, de même que la misère tue les meilleurs gouvernements, ainsi la prospérité les fait vivre. Le gouvernement a toujours, aux yeux du peuple, le mérite ou la responsabilité de la situation financière d'un pays. Laurier pouvait rétorquer plaisamment, aux dernières élections, à ceux qui lui conseillaient de ne pas s'attribuer des mérites dus à la Providence : " Eh ! bien, vous devriez voter pour un gouvernement qui a la Providence de son côté. "

Aussi sa popularité et sa majorité, loin de diminuer, ne font que s'accroître : il avait quarante voix de majorité aux élections de 1896, il en avait plus de cinquante aux élections de 1900, et il en a maintenant plus de soixante. . .

Il a grandi dans l'estime et l'admiration du pays, non seulement par les splendeurs de son éloquence, mais encore par la sagesse de sa conduite et de ses actes, par l'habileté qu'il a déployée dans les circonstances les plus difficiles, par l'aménité, la bienveillance inlassable et la noblesse de son caractère, par la distinction de sa personne.

Il a traversé sain et sauf les situations les plus difficiles, les tempêtes religieuses et nationales les plus violentes, luttant tour à tour contre les éléments les plus divers, faisant face un jour aux colères protestantes ou anglaises et le lendemain aux inquiétudes françaises et catholiques.

Ce fut d'abord la fameuse question des écoles du Manitoba.

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