‹ Discours à l'étranger et au CanadaChapitre 72 sur 113 · SOUVENIRS XCIII · texte numérisé non relu

SOUVENIRS XCIII

De tous les succès de Laurier, c'est, peut-être, le plus grand, le plus utile à l'Eglise et à l'Etat, au bon fonctionnement do la constitution.

Il a fait disparaître le plus grand danger qui menaçait l'influence du clergé et l'avenir de la religion dans ce pays ; il a fait tomber des défiances, des rancunes et des colère« dangereuses pour la foi.

Deux ans plus tard, c'était la guerre du Transvaal qui le forçait d'avoir recours à toutes ses ressources diplomatiques et oratoires pour parer au danger de la situation. La guerre était à peine déclarée que de toutes les villes anglaises du Canada s'élevaient des milliers de voix demandant au gouvernement d'envoyer des soldats au secours de l'Angleterre. D'un autre côté des hommes influents de la province de Québec disaient que le gouvernement ne devait rien décider sans consulter le Parlement.

Que serait-il arrivé si Laurier avait refusé d'acquiescer au désir du gouverneur, de ses collègues et de la grande majorité de la population du Canada ?

Il y aurait eu probablement une coalition de toutes les provinces anglaises pour faire triompher les idées de sir Charles Tupper, qui trouvait que le Gouvernement n'allait pas assez loin, et que c'était non pas 1,000 hommes mais 5,000 qu'il fallait envoyer en Afrique.

Pour la simple satisfaction d'un sentiment plus ou moins chimérique, nous serions entrés dans une guerre de races où nous aurions perdu tout le terrain gagné.

Laurier comprit la situation, et fit ce que la raison, le devoir et l'intérêt même de ses compatriotes exigeaient.

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