‹ Discours à la Chambre des députésChapitre 27 sur 75 · JDE LA GUERRE D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

JDE LA GUERRE D'ESPAGNE

{Séance du 25 juillet 1832.)

M^ESSIEURS ^

Le gouvernement nous a placés dans une position singulière. Rien de plus légitime , en appai^ence, qpe les dépenses ordiaaires pour le service sanitaire ; et cependant aujourd'hui ce service sanitaire n'étant qu'^ïn voile transpai^ent pour des projets'démasqués, nous sommes forcés de nous opposer dès le principe à toute demande de fonds à cet égard , en déclarant que nous* sentons autant que perso(nne Pimport^nce de veillera la santé publique, et que si le ministère avait séparé ce qui concerne les étabUssemeus sanitafires de toute relation avec des projets que l'Europe soupçonne, et que nos ministres ne désavouent plus, nous n'y mettrions nulle opposition. Jusqu'alors nous ne pouvons consentir à ce que j'aurais appelé une erreur grave , mais ce qu'un mem-

DE M. BfilfJÂHI^r CONSTANT. f6&

bre qui a parlé à cette tribune aujourd'hui m^autorise à appeler de Thypocrisie, puisqu'il a cru que l'accusation de mauvaise foi contre ses collègues était du style parlementaire, et qu'en conséquence il a consacré que nous pouvions accuser les intentions et reprocher aux ministres leur hypocrisie. ( Des murmures interrompent. Plusieurs voix : Puisque vous trouvez l'exemple mauvais , pourquoi le suivre ? )

Chaque fois qu'on nous parlera de service sanitaire nous renouvellerons nos réclamations : on nous en donne des occasions fréquentes. Après ce qui a été dit hier sur le même sujet , nous y sommes ramenés dans ce chapitre par l'article que je combats ; nous y serons ramenés de même dans le chapitre xi : c'est la faute de MM. les ministres. Plus de franchise leur eût permis plus de brièveté^': s'ils eussent rassemblé dans un seul chapitre tous leurs moyens de favoriser la des- Uniction de la liberté dans la Péninsule, en l'intitulant : Crédit pour concourir à la contre-révolution che^ un peuple voisin, et à son oppression. (On rit, et on murmure à droite.) Une seule discussion aurait approfondi la question ; nous aurions dit en une seule fois ce que nous avions à dire , et vous auriez voté le crédit.

Maintenant on nous force de-renouveler sans cesse des réclamations qui sont pour nous mi devoir, et les routes détournées que suit le ministère multiplient les occasions de dire les vérités qui vous importunent.

Je n'abuserai pourtant pas de celle-ci ; il me suffira de vous rappeler ce qui a élé dit dans la séance d'hiei^

par MIH. Icss iràiistres et par leurs amis, pour vous prouver, que nous devons refuser l'allocation demandée-

£n eflet, qu'ayez-vous pu remarquer dans le discom's de M. le ministre des affaires étrangères ? il a fait des vœux pour le bonheur de la nation espa* gnole; ce qui est toujours facile , car on entend le bonheur des nations comme on le yeut ; et tous les despotes pensent que les peuples sont singulièrement heureux sous leur joug. ( On rit k gauche. ) Mais, a-t-il dit un mot > qui pût éloigner Fidée que nos établissemens sanitaires ne sont que le préambule d'une croisade coupable et inepte contre ce peuple généreux? Loin de là, Mes^eurs , M. le ministre a déploré réyénement qui a déconcerté les projets des gardes rdbelles , et il a fini par annoncer que la France s'armerait encore , en cas de besoin , pour Finyiolabilité des rois. (Voix à droite : Oui, oui... l'inyiolabilité des rois est un principe sacré...)

Messieurs , je désire plus que personne l'inviolabilité des rois, et Tune de mes raisons pour aimer les gouvememens constitutionnels , c'est que dans les gouvem^nens constitutionnels seulement les rois sont inviolables. (Voix à gauche : C'est cela... bien... très bienl...)

Mais qui ne sait que si l'on encourage des rebelles qui , associant le despotisme à la royauté, mettent la royauté en péril , il ne sera pas malaisé de trouver ou de créer des prétextes pour considérer l'inviolabilité d^ rois comme attaquée, et pour prendre les armes pour la se«oiArir et la v^ger ?

La réponse de M* le miniatre des af&ires étrangères est donc la confirmation de ce que j'ai dit à cette tribune il y a quelques jours* On veut que nous attaquions TËspagne ; nos élablissemens sanitaires sont Favant-garde de la coalition. La sainte-alliance, notre alliée dans cette agi^ssion injuste , demandera le passage par la France pour réunir ses troupes aux nôtres ; et quand ses troupes seront en France, qui nous dit quaiid elles en sortiront? qui nous dit que Ton ne provoquei^a pas , comme à Colmar, des entreprises insensées (agitation prolongée)? qu'on n'em-bauchera pas des hommes égarés pour les poursuivre ensuite comiiie embaucheurs? et que la sainte-alliance ne retiendra pas sur notre sol, sous le prétexte d^une agitation factice, les armées qu'elle y aura fait entrer pour les diriger contre l'Espagne? (Les cris a l'ordre,

à la question s'élèvent à droite Voix k gauche :

Ecoutez! écoute^!.....) Ce projet, dira-t-(Mi, ne peut avoir été conçu par aucun parti en France* Messieurs, l'aristocratie. n^est d'aucun pays, elle n'a de compatriotes, que dans les autres ai*istocraties d'Europe; «lie est une caste ; hors de cette caste , elle, n'a point de patrie. (Même mouvement.)

Je ne vous rappellerai pas que les journaux officiels , Icin de démentir la part que le ministère a prise dans les tentations contre-révolutionnaires de la Péninsule, s^efforcent de prouver qu'il a fait dans ce cas tout, ce qu'il a pu. Ces journaux en main , je le pense , un jour viendra que les amis de la monarchie constitutionnelle piourront demander raccu- &ation ded mitiistres (Vive agitation.)

Aujourd'hui je me borne à Cirer des circonstances que je vous rappelle une autre conclusion : c'est qu'aucun ami de l'humanité, de la liberté , de la justice, ne peut concourir k des mesures qui, de pi*ès ou de loin , favorisent une guerre criminelle, digne de la réprobation de tous les hommes de bien.

Vainement on veut flétrir la délivrance de la nation espagnole, en lui assignant pour cause une insurrection purement militaire ; vainement on vient nous énuméi*er les vices , peut-être réels , de la constitution des Gortès..... (interruption) : les constitutions des peuples étrangers ne nous regardent en rien ; et quant aux événemens de 1820, Messieurs, avez- vous oublié les tortures , les échafauds , les galères , qui , depuis 1814 , avaient été le partage des généreux espagnols, des plus zélés défenseurs de Ferdinand VU !•••

IL est vrai qu'alors le Conservateu?- faisait l'éloge de ces tortures et de ces échafauds; il les proposait pour modèles k l'Europe et à la France. C'est ainsi, disait-il , qu'il fallait régner, ( Voix à droite : Citez ,

citez ) Je vous le lirai quand vous voudrez dans

le Conservateur

Je m'expliquais alors ce délire pai* Tenivrement du succès ; mais à présent que l'île de Léon en a fait justice, je ne m'attendais pas à entendre ici des regrets sur le renversement d'un régime qui réunit au crime d'avoir été atroce le tort d'avoir été renversé. (Agitation à droite; longue interruption

M. LE PRESIDENT ! J'iuvitc à iic pas interrompre ; l'orateur est à la fin de son discours... .1 )

Je n'ajouterai rien au discours admirable de mon

honorable ami M. le General Foy : il retentit encore dans vos cœurs*

Je me bornerai k dire : On médite une guerre contre la liberté, Findépendance, les di*oits de nos voisins; cette guerre, qui peut devenir fimeste k TEspagfne, ne peut qu'être funeste a la France ; les revers seraient honteux , les succès déplorables; Tun de ses résultats serait de voir notre sol sillonné de nouveau par des troupes étrangères* Les mesures sanitah'es sont une partie de cette conspiration anti-nationale ; les fonds qu'on vous demande sont destinés au service sanitaire : je refuse ces fonds. (Vive adhésion h gauche.)

ttftttttt»t»t»»»t»tttttttttHttttttttttntttttttttttttttt SUR LES FONDS

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