LES CONSERVATEURS DE LA LEGITIMITE
Mariemar pro eâ.
« M , demeurante , a été jugé digne d^être
< nommé membre honoraire de la société des Cont servateurs de la Légitimité; il promet de la dé-
< fendre et de la soutenir ouvertement contre ses « ennemis , quels qu'ils soi^it.
« Fait sans secret à Paris, le 9 mars. »
Je vous demande, Messieurs, si Ton dénonçait l'existence d'une société dont les membres s'intituleraient Comervateurs de la Charte y lors même que les faits dénoncés seraient faux , le gouvernement ne prendrait-il pas des mesures pour s'en assurer? (Agitation.) Permettez-moi maintenant de reprendre la suite de mon discours.
Avec ces brevets , avec cette pièce , avec l'homme qui est à la disposition de l'autorité, tout est facile à éclaircir. Je n'ai rien dé plus à dire : les noms je les tais , parce que je ne suis pas un révélateur ; mais , je le répète , l'homme qui affirme ces faits est sous la main du ministre j rien ne peut l'empêcher de tout
approfondir. S'il en a imposé, il mérite un châtiment; s'il n'a dit que ce qui est vrai , le persécuter serait un crime , €t notre devoir, à nous , députés constitution^ nels, sera de nous informer du sort qu'on lui réserve.
Messieurs, je me résume, et, pour vous être agréable en mè résumant , j'emprunterai les paroles d'un auteur qui est pour vous une grande autorité :
a La police, écrivait M. de Chateaubriand dans sa « Monarchie selon la Charte , en parlant de la police a générale , est incompatible avec le gouvernement « constitutionnel. Elle est insuffisante pour "arrêter
a les complots Des rapports forcés avec ce qu'il y
a a de plus vil dans l'espèce humaine doivent dispo- « ser celui qui l'exerce à profiter de la corruption et à a abuser du pouvoir.
« Pour donner une preuve de son affreuse fidélité , « poursuit M. de Chateaubriand, elle invente une « conspiration , immole à son crédit quelques miséra- « blés sous les pas desquels elle sait ouvrir un abinie.
a Que faut-il , continue-t-il , pour que la police a soit habile? Qu'elle paie le domestique afin qu'il « vende son maître , qu'elle séduise le fils afin qu'il « trahisse son père , qu'elle tende des pièges à l'amitié, a à l'innocence. »
Et il ajoute : « Si la fidélité se tait , la police est a obligée de la persécuter pour le silence même a qu'elle s'obstine à garder... Récompenser le crime tt pour perdre la vertu, c'est toute la police. »
Je vote contre les fonds qui seraient alloués à ce que M. de Chateaubriand définit ainsi. ( Mouvement très vif d'adhésion à gauche. )
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