EN FAVEUR DES/ GRECS
(Séance du 8 mai 1826.)
Mon ardent désir de voir adopter la proposition de l'honorable collègue M. de Noailles , m'engage à me borner maintenant à prouver à la Cb^ambre que cette proposition est totalement séparée de la politique. Ce
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n'est point l'exercice de ce droit d'intervention, réclamé naguère pour une autre cause, et repoussé quand il s'agit des •malheureux Grecs. Ce n'est pas même un secours destiné à leur fournir des moyens de constater leur juste, hérofque et légitime résisltanœ. Rien donc, daiis cette proposition, ne viole ce système d^ neutralité , que je ne qualifie point k présent, parce que je voudrais n'aigrir aucune passion, ne réveiller aucune-inquiétude. Je voudrais convaincre les amis du ministère, le mmistère lui-même, que, sans sortir d'une rçuteoù il^ s'obstinent bien à tort , selon moi, ils peuvent faire un acte de religion, d'humanité, de pitié) auquel applaudiront la France et l'Europe..
Le rachat des esclaves. Messieurs , n'est point une hostilité contre leurs mattres. Ceux mêmes qui proclamant l'étrange légitimité du Grand-Turc (étrange service à rendre aux légitimités européennes) peuvent s'associer k la délivrance de captifs chrétiens comme eux. Si cette religion , qu'ils professent avec un î&èle dont je ne veux point contester la sincérité , et que je n'accuserai point d'ostentation ; si cette religion est empreinte au fond de leur ame comme elle éclate dsins leurs démonstrations extérieures , ils doivent savoir à quels maux , d'api'ès leurs principes , ils arrachent ces infoitimés , qui peuvent être forcés à une apoatasie dont la religion proclame si haut les effroyables conséquences. C'est dans leur opinion que je raisonne , car je ne veux point la croire hypocrite.
J'écarte donc toutes les considérations politiques; e*est d'humanité qu'il s'agit. Cette humanité est sans ir. 3i
périls, sans incouTémeas; elle laisse subsister celle neutralité qu'on craint de troubler. En achetant des esclaves chrétiens, nous pouvons demeurer les amis, les alliés des Turcs. Messieurs, en parlant ainsi, je me fais violence , et mon opinion manifestée récemment indique assez l'efifort que je m'impose; mais, encore une fois, je voudrais que la Chambre entière, quels que soient les systèmes politiques de ses membres, adoptât une mesure qu^ la. France appelle, et qui seule peut laver son gouvernement de sa tolérance, j'évite toute expression plus sévère, envers les renégats à jamais infâmes, sur la tête desquels retombe l'épouvantable massacre de Misàolonghi.
Et je ne descendrai pas de cette tribune sans m'expliquer sur une observation faite dans cette enceinte : on a dit que ces renégats abominables n'appartenaient qu'à une opinion , et précisément à l'opinion contraire à celle qui condamne et qui repousse les Grecs.
Messieurs , dans toutes les opinions , sous tous les étendards, il y a des hommes qui n'ont point d'opinion , qui ne veulent que de l'or , ou ce qu'ils appellent des honneurs, qui trafiquent de leur sang, et sont prêts à verser celui des victimes quelconques que le maître qui les soudoie leur désigne. Que m'importe d'où sortent les misérables que le bourreau d'Egypte envoie contre les malheureux Grecs? Plus j'admire , plus je vénère les exploits immortels ,de la glorieuse, armée qui a défendu le sol de la France , plus je déteste , plus je méprise de toutes les puissances de mon ame (et je suis certain d'être ici l'organe de tous les amis de la liberté) ces hommes sans foi, ^m&
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honneur, sans pitié , dont le courage mercenaire nW que FimpulsioH brulale des animaux féroces , dégradée encore par les calculs de la civilisation* Qu'ils reviennent dans cette France dont ils osent profaner le nom, ils verront tout Français se détourner d'eux avec horreur. Si quelques uns d'entre eux eurent jadis de la gloire, ils ont souillé cette gloire; leurs compagnons d'armes les repousseront ; nul ne voudra partager leur opprobre ni présenter une main amie à une main déshonorée.