AUX TROUBLES DU MOIS DE JUIN
(Séance du 39 janyier 1822.
Messieurs,
Je ne serais peut-^tre pas mopté k oeUe trU)UQç pour parler des outrages qu'ont reçus des députent en I82Q9 dan$ un monaent ou toutes les libertés na« Uonales , où tout <*e qui, nous ayail; été promis étail; exposé à toutes ^^il^&.4:aK^qvies; jnai» le préopinant a adjuré les. meaùii;)res^ qui avaient été requis^ de dér pos^jT sur. les évén^q^enô du 3 juin, dadire s'iU^ nW Taient pas couuaissaçiçî& qu'une procédure a, été. entamée , *uivi<î .^ portée, au^si loin, qu'elle .pouvair. l'être. J'ai, eu l'iàwuwr^. Messieurs > comwie plu^ ^ui!s. de mes botiprabl^ amisy d'être compris dans la proscrîptiosi (ian rit à;droHQ)^ et. dans le complot ourdi le 3 juin contre, les député^ qui youlaiehti combattre pour nos libertés et. pour uw. loi dont ia des»iruction enlrainiiL la .perte. d^iu>s: libertés» J'ai doiic
été requis aussi de déposer. J'ai raconte dans ma déposition ce que je savais : j'ai donné plusieurs indications qui certainement axu^aient pu conduire pi un résultat tout différent de celui qui a eu lieu. Une fois interrogé , je n'ai plus entendu parler de ma déposition ; seulement, comme j'avais dit un mot qui regardait un membre de Pautorité, on m'a interrogé une seconde fois , non pas pour constater ce que j'avais dit , mais pour m'engager à dénoncer celui qui m'avait rapporté le fait. Comme je savais qu'alors les destitutions frappaient tous les citoyens qui avaient un peu de franchise ou qui désiraient servir la cause de la liberté, je n'ai pas voulu donner le nom de cet individu. Mais , je le répète , j'ai donné des indications positives , dont on n'a pas tenu compte, puisqu'aucune instruction ultérieure n'a eu lieu. Je crois donc pouvoir démentir complètement l'assertion du préopinant.
Je rappellerai, à ce sujet, que ce qui prouve qu'on n'avait pas intention de suivre cette affaire , mais de l'étouffer, c'est que, dans d'autres procès qui ont eu Ueu postérieurement, procès dirigés contre des citoyens qui n'avaient pas vu de sang-froid menacer, attaquer leurs députés, l'on n'a p^s voulu écouter mes honorables amis et moi , déposant en faveur de bons citoyens qui avaient voulu nous défendre. (Voix à droite : C'étaient des factieux.) J'entends dire que c'étaient des factieux : Messieurs , si vous vous trouviez dans la même position que nous ; si un parti* sans pudeur et sans frein avait organisé contre vous un 31 mai, appelleriez- vous factieux* les citoyens qui
seraient venus présenter l^ir poitrine entre tous et les assassins? (Voix à gauche : Bravo 1 bravo I ) Nous nous sommes présentés dans le procès pour tâcher de modérer la sévérité des tribunaux contre ces citoyens ; la comparaison de. cette sévérité avec Tindalgence qu'on avait témoignée pour les véritables agresseurs... (Voix à gauche : Les gardes du corps...
Voix à droite : Taisez-vous Ne réveillez pas
d^anciennes discussions.) Lorsqu'on nous adjure de dire notre opinion, pom^quoi voudriez -vous nous empêcher de parler?
Le président des assises , par une logique qui peutêtre n'a jamais été employée par aucun tribunal , a séparé les questions, et a voulu que nous déposassions sur les faits sans remonter aux causes. M. le président a mérité, à ce qu'il paraît, d'être promu à des fonctions plus éminentes ; je ne sais si c'est par la manière dont il a conduit cet étrange procès. Interpellé nommément, je lui ai représenté qu'on ne pouvait expliquer les faits du 7 et du 8 juin , qu'en remontant aux premières causes. Il a toujours maintenu que nous ne devions parler que des journées du
7 et du 8 , tant on avait peur (M. de Puymaurin :
Est-ce de vous?) Je coh viens. qu'on n'a pas peur des individus; et je réponds k l'interruption d'un de nos collègues^ Non , Messieurs^ ce n'est pas de nous , car vous êtes plus nombreux; mais on a peur de la vérité : on a donc étouffé les faits. Certes, si l'on avait regretté dans la première information de n'avoir pas recueilli les lumièi*es suffisantes, on n'aurait pas vu un président , dans iieux procès excessifs , inter-
rompre tous ceux qui voulaient lui donner des lumières. On voulait rester dans les ténèbres, parce qu'on en avait besoin pour envelopper ceux qui avment ourdi un complot contre la Charte , afin de les pro^ téger. Voilà la vérité des faits. On n'a pas voulu punir les véritables coupables, mais seulement les généreux et honnêtes citoyens qui avaient été nos défenseurs. (A gauche : Bravo ! C'est vrai. )
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