‹ Discours à la Chambre des députésChapitre 72 sur 75 · DE M. LE DUC DE LIANCOURT · texte numérisé non relu

DE M. LE DUC DE LIANCOURT

(Séance du 2 avril 1827.;

Messieurs ,

En releTant des omissions et des inexactitudes dans le procès-verbal , je ne prétends pas accuser ses rédacteurs ; ils ont pu ne pas entendre ce qni a été dit , et ils n'ont pu insérer ce quUls n'avaient pas entendu. Cependant le procès-verbal doit contenir, sinon le texte, du moins l'indication de tout ce qui est dit à cette tribune ; et dans le cas dont je vais pour un moment entretenir la Chambre , je crois pouvoir lui prouver qu'il eàt de son intérêt que le procès-verbal soit exact.

Mon honorable ami M. Casimir Périer, h l'occasion dWe pétition de plusieurs habitans de Rouen, a appelé l'attention de la Chambre sur un événement qui a révolté tout Paris il y a trois jours (des murmures s^élèvent), et qui probablement, au moment où je parle , révolte toutes les parties de la France où

cet événement est connu. (Les murmures continuent.) Je répète qu'il est de l'intérêt de la Chambre que le procès-verbal sôit exact ; et si la Chambre ne trouvait pas bon ce que je dis là, je ne parlerais qu'en mon propre nom ; car j'ai intérêt aussi à ce que le procèsverbal soit fidèlCf

Par une fataUté que je n'explique pas , les paroles de mon honorable ami M. Casimir Périer, n'ont pu être entendues. Des murmures se sont élevés pendant qu'il parlait. Je ne crois pas que ce fût une marque de dissentiment de la part de la Chambre : M. Casimir Périer n'exprimait que des sentimens généreux et nobles. Quoi qu'il en soit, il est de l'honneur de la Chambre qu'elle ne s'associe pas aux outrages faits au citoyen le plus vertueux (murmures), à l'ami et au bienfaiteur de l'humanité ; il est de l'honneur de la Chambre qu'on ne croie pas qu'elle veuille partager la vengeance qui a poursuivi jusque sur sa dépouille mortelle le noble duc de Liancourt. (Les murmures interrompent l'orateur.) Je crois, Messieurs, qu'avant déjuger un orateur il faut l'entendre. (Voix à droite : Non, non!...)

Non est parfaitement bien dit. Ainii il sera constaté que, quelqu'un ayant dit à cette tribune qu'avant de juger un orateur il fallait l'entendre, vous avez répondu que non. 'Ce fait est précieux. (Agitation.)

Mais ce n'est pas tout pour les cœurs honnêtes, pour les cœurs français, que de s'associer comme mon honorable ami à la vénération universelle, il faut encore, et c'est là que le procès-verbal a fait une omission, il faut encore s'associer à l'indignation qu'on à éprouvée

pour les outrages faits aux vertus de ce vénérable duc par une police qui semble chercher toutes les occasions d'attaquer ce qu'il y a de plus respectable. Mon honorable ami a dit qu'il s'élevait contre Fattentat inouï qui avait été commis; il a dit qu'il s'élevait contre cette police qui cherche à exaspérer les citoyens. Vous trouverez cette phrase dans le Moniteur; elle est aussi dans les autres journaux ; mais je cite le Moniteur parce que c'est le journal officiel. Eh bien ! le procès-verbal a retranché cette phrase ; il s'est borné à un éloge que personne ne peut refuser au noble duc , même ceux qui l'on fait outrager; il n'a fait aucune mention de l'indignation qu'éprouve tout ce qu'il y a de généreux dansla nation, pour les outrages infâmes qu'on a fait subir à ses restes.

La Chambre peut ne j^s sentir qu'il est de son intérêt de témoigner son indignation contre la violence sacrilège des funérailles, contre la violation de la dignité d'une des Chambres, violation qui bientôt peut s'étendre à l'autre ; mais je déclare que quant a nous, minorité de la Chambre, minorité k laquelle je suis fier et heureux d'appartenir, nous voulons au moins qu'il soit constaté que nous avons protesté de toutes nos forces contre les tentatives de cette police qui ne respecte rien de ce qui est sacré , de cette police qui semble destinée à provoquer chaque jour quelque désordre, pour être mieux à même de nous enlever à la fois toutes les libertés contre lesquelles le ministère conspire en détail.

Je demande que Tes expressions de mon honorable aiïii soient rétablies dans le procès-verbal. Je demande

que, pour rhomieur de la Cbambm et pour l'honneur de la vérité , <)ui est au-dessus de la Chambre , vous fassiez une rectification sans laquelle vous consacreriez le mensonge. (Agitation, j

M. le président : De quoi demandez-vous le rétablissement?

Le rétablissement de cette phrase : « Sans nécesské, sans but , sans motif, on a fait croiser la baïonnette sur le sein d'une population industrieuse et reconnaissante qui venait payer un dernier tribut et à son bienfaiteur et à une des plus belles illustrations de notre ancienne monarchie. » Je d^nande le rétablissement des mots attentat inouï} et aussi le rétablissement de cette phrase: « Lorsqu'elle laisse outrager jusqu'au pied des autels les restes inanimés de ceux qui ont mérité pendant leur vie l'amour et la vÀiération de leurs concitoyens. »^

»ft»t»»»t»»t»tttfftff»ftHH»Ht»HHttttHttttt»»tt»t»tt

Page 1