Augustin Thierry, Dix ans d'études Itistoriques
DE M. IlENHY IIOUSSAYE 151
énergie l'usage profondément pernicieux que lit de sa toute-puissance l'homme investi par la forlune d'un pouvoir matériel et d'une confiance morale qu'aucun autre législateur moderne n'a r(*unis au même degré' ». Et je veux bien qu'ils exagèrent! Poètes et philosophes, ils parlent de Napoléon comme ils feraient de l'un d'eux, en politiques autant qu'en historiens. Ce qui n'empêche que, s'il fallait opter, c'est avec eux, c'est à leur suite que je me rangerais, — non sans quelque tristesse, et peut-être quelques remords, — mais avec la conscience de défendre contre les retours de popularité d'une grande mémoire les deux libertés qui nous importent d'abord à nous qui écrivons, et qui contiennent peut-être toutes les autres : celle de penser comme nous voulons et celle de parler comme nous pensons : sentire qnse velu et dicere qnse sentias.
Vous m'avez épargné la difficulté de ce choix, et je vous en remercie. Vous avez bien pu, dans votre 1814 et dans la première partie de votre 1815, vous faire quelque illusion, à mon avis du moins, sur la profondeur et l'universalité des sentiments que l'abdication de l'Empereur et son retour de l'île d'Elbe avaient remués dans l'âme populaire. Mais votre instinct patriotique, supé-