‹ Discours académiquesChapitre 4 sur 31 · Auguste Comte · texte numérisé non relu

Auguste Comte

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s'en engendrer; nous no (li!a|)i(lei"ons pas le |)alrimoine que nous Iciions de vous ! Mais en vivant avec voire souvenir el en repassant votre longue liisloire, nous songerons de ([uel j)rix vous avez payé louL ce qui fait l'honneur, la parur*; el Torgueil de notre civilisalion ! Nous songerons aussi que c'est peu de chose qu'un homme en comparaison de l'humanité. Et nosich'es alors, mais surtout nos opinions, n'auront pins poumons rim|)oi'tance que, dans la joie première de la découverte, nous étions tentés de leur attribuer. Nous ne nous croirons plus la mesure de toutes choses. Nous nous rendrons compte que, personne n'élant exclu de la recherche de la vérité, personne donc aussi ne saurait en revendiquer le monopole ou la propriété.

Mancipio nulJi datur, sed omnibus usu.

Nous n'en sommes que les usufruitiers, mais le domaine en appartient à l'humanité tout entière, et nous ne le détenons que pour l'améliorer.

C'est encore pourquoi nous sommes également comptables, à tous ceuxqui nous entourent, de l'emploi de nos forces et de notre intelligence. Nous ne sommes pas nés pour nous, mais pour la société ; et, avant d'être nos maîtres, nous sommes les serviteurs de la patrie et de l'humanité. L'homme de

la nature n'est vraiment qu'une fiction, c'est l'iiomme social seul qui existe ; et ce qu'il y a de plus humain en lui, c'est justement ce qui le distingue, ce qui le sépare, ce qui l'isole de la nature. Quand l'égoïsme serait donc la loi de la nature entière, il ne la serait pas pour cela de l'humanité. Si la guerre de tous contre tous était, comme on l'a cru, la condition normale de l'animalilé, c'est pour cette raison même qu'elle ne saurait être la nôtre. Et, si la faiblesse est partout ailleurs opprimée par la force, nous n'avons développé l'institution sociale que pour fonder le droit de la faiblesse. Aussi, toutes les fois que nous abusons de notre intelligence, manquons-nous à la loi de notre espèce, et nous en abusons toutes les fois que nous n'en usons que dans notre intérêt. « La société humaine est, en effet, fondée sur le don mutuel ou sur le sacrifice de l'homme à l'homme, ou de chaque homme à tous les hommes, et le dévouement est l'essence de toute vraie société ^. » A mesure que nous comprenons donc, ou que nous savons plus de choses, et qu'ainsi nous disposons d'un pouvoir plus étendu, ce ne sont pas nos droits qui augmentent, ce sont nos obligations. Bien loin, comme ils le croient, d'être investis d'un privilège qui les dispenserait du devoir commun

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