‹ Discours académiques, suivis des discours prononcés pour la distribution des prix au concours général de l'université et devant diverses sociétés religieuses, et de trois essais de philosophie littéraire et politiqueChapitre 18 sur 36 · SDK LE CONCOURS D’HISTOIRE EN · texte numérisé non relu

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personnes , le travail et le développement des richesses créées par le travail, une attention constante et qui ne manque pas de profondeur. Quelquefois même il pénètre plus avant que ses concurrents dans certaines parties obscures et un peu détournées du sujet ; en sorte que son ouvrage est en même temps complet quant ù l’ensemble, et curieux par des détails ailleurs ignorés ou négligés. Par malheur, les idées générales qui percent dans ce travail, et les résultats généraux que l’auteur tire des faits , sont extrêmement vagues et confus: les classifications et

les décompositions, les divisions et les subdivisions s’y multiplient à l'infini , et forment une sorte de labyrinthe où manquent souvent et le fil et la lumière dont l'esprit aurait besoin pour y avancer et pour en sortir ; le style est encore plus vague et plus confus que les idées, et chargé en outre d’une multitude d’expressions et de tournures si obscures, si affectées ou si incorrectes que la lecture devient un véritable et fatigant travail. La Section a regretté que ces défauts ne lui permissent pas de demander à l’Académie pour cet ouvrage, très-recommandable au fond, une distinction officielle, et elle m’a chargé d’en mentionner les mérites dans ce rapport, sans vous proposer rien de plus.

Le mémoire n ü 4, qui a pour devise cette phrase de Salvien : Si respicias quod habent, egere reperies ; sirespicias quod dcpendunt , abundare arbitrer is> est beaucoup plus court que les trois autres, trop court pour l’importance du sujet, dont certaines parties y

RAPPORT DE M. GUIZOT

sont ou presque entièrement omises, ou superficiellement traitées. En revanche, l’auteur a bien compris la place que devait tenir, dans un tel travail, le côté économique de la question, et il s’est appliqué à étudier l’influence qu’avaient exercée, sur la condition des classes agricoles, le développement progressif et la distribution du travail et de la richesse. Il a de plus saisi avec sagacité l’analogie qui existait, sous le régime féodal, entre les rapports des laboureurs, vilains ou meme serfs, avec leurs seigneurs propriétaires du sol, et les rapports de ces mômes propriétaires entre eux, à titre de suzerains et de vassaux. Malgré la profonde diversité des conditions sociales, ces deux genres de relations et les divers services qui y étaient attachés se tenaient et se ressemblaient à certains égards; et cette ressemblance a exercé, sur l’état des classes agricoles, une influence réelle que l’auteur du mémoire n° 4 a bien comprise et expliquée , quoiqu’en lui attribuant trop d’étendue. Le style de ce mémoire est clair, rapide et simple, avec un peu trop de familiarité et de négligence. La Section a pensé que , sans devenir , de la part de l’Académie, l’objet d’une distinction particulière, il méritait, comme le mémoire n° 3, d’être mentionné honorablement dans ce rapport.

Le mémoire n° 2 a pour devise :

Libertas, quæ sera tamen respexit inertem,

Respexit tandem, et longe post tempore venit.

C’est celui qui avait déjà été présenté au concours

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