‹ Discours académiques, suivis des discours prononcés pour la distribution des prix au concours général de l'université et devant diverses sociétés religieuses, et de trois essais de philosophie littéraire et politiqueChapitre 19 sur 36 · SUR LE CONCOURS D’HISTOIRE EN · texte numérisé non relu

SUR LE CONCOURS D’HISTOIRE EN

en 1850, et auquel l’Académie, tout en lui accordant beaucoup d’estime , n’avait pas cru devoir décerner le prix. L’auteur a complètement refondu et considérablement augmenté son travail. Tel qu’il est aujourd’hui , c’est vraiment une histoire de la condition des classes agricoles du xm e au xvm e siècle, histoire puisée avec une érudition aussi exacte que variée à toutes les sources diverses où l’on en peut découvrir les éléments , suivie d’époque en époque dans le développement successif des faits, et partout ramenée à des résultats précis et positifs. Le style en est clair, naturel et correct, sans ornements. Peut-être l’auteur s’est-il trop rigoureusement renfermé dans la recherche et l’exposition des faits ; les lois morales qui président à l’enchaînement des faits, et qui les gouvernent en les liant entre eux, sont elles-mêmes des faits qui ne sont, il est vrai, écrits nulle part, que l’érudition ne rencontre point dans ses études, et que l’esprit philosophique ne recherche qu’avec un grand péril de précipitation et d’erreur, mais qui n’en subsistent pas moins, et qui doivent être saisis et mis en scène pour que l’histoire soit complète et vivante. De même que la description anatomique la plus exacte du corps humain ne serait point le portrait de l’homme et de sa vie, de même le recueil le plus complet des laits consignés dans les documents historiques n’est point l’histoire, qui est la vie de l’humanité. Il faut porter au sein de ces faits le lien et le mouvement cachés quiles unissent et les fécondent , et qui en sont les lois providen-

RAPPORT DE M. GUIZOT

tielles. Sous ce rapport, le mémoire n°2 est incomplet, et il en résulte une certaine sécheresse qui rend cette exposition savante de la condition des classes agricoles moins intéressante et moins lumineuse qu’elle ne pourrait l’être. La Section pense qu’il appartient et qu’il convient à l’Académie des sciences morales et politiques de signaler cette lacune; mais elle n’en rend pas moins pleine justice aux rares mérites de ce mémoire, où la science solide et la bonne critique sont très-lieureusement réunies, et elle vous propose, à l’unanimité, de lui décerner le prix.

RAPPORT DE M. GUIZOT

A L*ACADÉMIE des sciences morales et politiques

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