‹ Discours académiques, suivis des discours prononcés pour la distribution des prix au concours général de l'université et devant diverses sociétés religieuses, et de trois essais de philosophie littéraire et politiqueChapitre 6 sur 36 · DE M. GUIZOT A L ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DE M. GUIZOT A L ACADÉMIE FRANÇAISE

auxquelles il croyait toujours avec la même sincérité, le même dévouement.

Cependant près de lui , autour de lui , éclatait un événement immense, le plus glorieux triomphe, le triomphe définitif de la cause à laquelle appartenait sa vie. Oui, Messieurs, la philosophie du xvm e siècle avait conçu pour les sociétés humaines des prétentions et des espérances bien téméraires. Dans son orgueil , elle avait méconnu le mal inhérent à notre nature, l’imperfection invincible de notre condition. Mise à l’épreuve, elle a subi de grandes, de douloureuses défaites. Et pourtant, aujourd’hui, les prétentions essentielles , les espérances générales de la philosophie ne sont-elles pas accomplies? Voyez : la pensée est libre, la conscience est libre, le travail est libre, la vie est libre. Des institutions puissantes, les institutions que Voltaire allait admirer au loin, que Montesquieu expliquait à l’Europe surprise, garantissent toutes ces libertés. Un acte souverain de la France a prouvé au monde que désormais les libertés et les institutions nationales ne seraient pas impunément violées. Un roi digne de nos institutions, inviolable comme elles, dévoue à leur affermissement son infatigable sagesse. Aussi déjà leurs fruits excellents et tant désirés , la sécurité , la prospérité , la civilisation, la raison publique grandissent à vue d’œil. Les hommes ne sont soumis, pour en jouir, qu’aux épreuves qui sont la loi même de l’humanité, aux épreuves du temps et du travail. Pour qui prétend se passer de travail et de temps, il n’y a point de liberté,

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