‹ Discours académiques, suivis des discours prononcés pour la distribution des prix au concours général de l'université et devant diverses sociétés religieuses, et de trois essais de philosophie littéraire et politiqueChapitre 7 sur 36 · DISCOURS DE RÉCEPTION A L ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DISCOURS DE RÉCEPTION A L ACADÉMIE FRANÇAISE

point de civilisation, point de société. Et à quelle époque ces épreuves nécessaires, salutaires, ont-elles été plus courtes, moins pesantes? Quel siècle, quel pays ont jamais si rapidement atteint un but si élevé? Consultez, Messieurs, interrogez ce grand ministre qui a honoré son nom en T unissant au vôtre, ce grand roi qui a donné le sien à tant de gloires de la France ; Richelieu, Louis XIY, eux qui ont tant vu, qui ont tant fait, dans leur longue et puissante vie, ont-ils rien vu, ont-ils rien fait qui approche de ce qui s’est passé sous nos yeux et par nos mains ? Ont-ils assisté, ont-ils eu l’honneur de concourir à une transformation si complète, à un si immense développement des idées, des institutions, des mœurs, des lois, de l’existence tout entière de tant et tant de millions d’hommes? Et quel temps a-t-il fallu pour accomplir de tels résultats? Vous venez de l’entendre : une vie d’homme. Quand M. de Tracy est né, la grande lutte éclatait dans l’ordre des idées ; quand il est mort, la grande victoire était consommée dans l’ordre des faits. Certes, jamais la Providence n’a plus magnifiquement traité

un siècle et un peuple; jamais le doute et l’abatte-

ment n’auraient été si pleins d’ingratitude; jamais l’humanité, après tant de prétentions insensées et de funestes erreurs , n’a conservé de plus éclatants mo- ' tifs d’avoir foi dans ses hautes destinées et dans la puissance de la vérité.

RÉPONSE DE M. Philippe DE SÉGUR

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