Voy. VUniversité de Paris , n° 42, juillet
DISCOURS DE M. LEON BOURGEOIS, mon exorcle devait êlre parti dès que M. le Président du Conseil d’Etat était arrivé.
Je m’associe aux applaudissements dont vous avez tout à l’heure salué le nom de M. Coulon; c’est grâce à sa bienveillante activité que la déclaration d’utilité publique a pu être signée par M. le Président de la République avant notre réunion de ce jour.
Messieurs, ce témoignage de la confiance du gouvernement de la République vous était bien dû. Quelle persévérance, quelle foi ont été les vôtres, depuis ces jours dont Henry Bérenger vous parlait tout à l’heure, ces jours des débuts incertains où vous vous réunissiez, comme il le disait, « avec quelques chaises et quelques livres dans une chambre étroite, au fond d’une cour » ! Et quel chemin parcouru depuis ces petites réunions d’alors et les grandes fêtes comme celles-ci, où se pressent tant d’amis, français et étrangers, tant de camarades, modestes ou illustres, depuis les plus jeunes élèves de nos écoles jusqu’aux plus éminents de vos maîtres.
Ces maîtres, messieurs, laissez-moi leur adresser ici, pour la signification que leur présence donne à votre fête, un remerciement particulier. Ils marquent ainsi l’un des caractères essentiels de votre œuvre, cette volonté d’union entre celui qui enseigne et ceux qui sont enseignés, ce lien nouveau.
chaque jour plus étroit qui maintient le groupe des disciples non plus seulement autour de la chaire du maître, pendant la leçon, mais autour de sa personne, tout près de son esprit et de son cœur, longtemps après que le cours est terminé, à l’heure de la conversation familière, du bon conseil intellectuel et moral donné désormais comme par le frère aîné à ses jeunes frères. Cette communauté de pensée et de vie entre les professeurs et les étudiants, je la souhaite chaque jour plus complète et plus cordiale; c’est ce rapprochement précurseur de la grande union que nous préparons, que nous arriverons à créer dans ces grandes communautés prochaines qui s’appelleront les Universités françaises.
Grâce à vous, mes chers amis, grâce aux efforts de votre association, grâce à l’esprit qui l’anime, il y a désormais entre vos maîtres et vous autre chose que la dette intellectuelle qui naît de la leçon, de la conférence, de l’examen, il y a cette chose nouvelle, l’affection, et cette chaude atmosphère dont les cœurs, comme les plantes, ont besoin pour atteindre tout leur développement. Vos maîtres s’imprègnent de votre jeunesse, comme vous vous imprégnez de leur maturité; il y en a un, parmi eux, qui a dit cela d’une manière admirable : c’est Lavisse, un camarade — pour moi, c’est plus qu’un camarade, c’est un Labadens — il a dit : « le rap-