DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT LOUBET
C’est vraiment l’œuvre qui s’impose aux générations d’aujourd’hui, car notre avenir unique, — mais très beau, — c’est d’achever dans la démocratie républicaine la patrie française.
Discours de M. le président Loubet
Messieurs,
Votre Association est prospère et j’éprouve une joie bien vive à le constater.
Ici, vous avez voulu créer un foyer de travail, de discussions courtoises et de plaisirs honnêtes, où se fondent les différences que les origines, les tempéraments, l’ambition et la fortune peuvent mettre entre les hommes.
Vous savez que, si la liberté n’est possible que par l’obéissance de tous à la loi commune, elle impose à ceux qui veulent connaître ses bienfaits l’exercice d’une vertu difficile : la tolérance. Vous montrez ce que peut faire la force des volontés unies, quand une pensée sage les dirige, et qu’elles joignent au plus pur patriotisme le double charme de la gaieté française et de la jeunesse.
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En venant apporter à une telle œuvre un témoignage de cordiale sympathie, attristé tout au plus par le regret de vous parler aujourd’hui d’un peu loin et de n’ètre plus jeune que par le cœur, je suis heureux de constater combien ont raison ceux qui ont foi dans un lendemain réparateur de nos orages et dans le triomphe prochain, définitif, de la paix sociale.
Vous serez les artisans de cette paix, Messieurs, vous la France de demain. Et vousle serez en restant fidèles aux sentiments généreux de votre Association, si bien formulés tout à l’heure par le maître illustre qui s’est fait pour vous un camarade et qui doit son autorité à l’ardeur avec laquelle il défend vos propres principes : la passion de la science, de la justice et de la liberté, le respect de la personne humaine, l’amour de la patrie et de la République.
L’Association des Étudiants de Paris a été fondée en 1884; l’Université de Paris a été constituée en 1896. L’Association des Étudiants a réalisé êntre les élèves des Écoles et par l’initiative privée l’union qui, douze ans plus tard, devait être établie par l’État dans le corps professoral. Les Étudiants furent donc ici des précurseurs : ils ont mis en pratique la réforme universitaire, ils l’ont accréditée dans l’esprit public par une probante expérience avant que la loi soit venue la consacrer et la généraliser. Sans faire aucunement remonter à eux le mérite de la transformation, il est juste de dire que leur acte fut un incMce et un appui précieux pour la conviction des législateurs. Partout des hommes éminents ont affirmé ce rôle, et les discours que nous avons réuilis dans ce chapitre vont permettre de constater l’évolution parallèle des Universités et des Associations d’Étudiants.