DISCOURS DE M. LE RECTEUR GRÉARD
de la prévenir. » Aujourd’hui ni les chaires ne manquent aux enseignements, ni les maîtres aux chaires, ni l’autorité du savoir et du talent à ceux qui les remplissent. N’oubliez pas, mes amis, que c’est pour vous qu’ont été créées et multipliées ces précieuses ressources. Travaillez à devenir capables et montrez-vous toujours dignes d’en recueillir le bienfait. Soit que, pressés par les nécessités de la vie, vous n’ayez que le temps d’acquérir une éducation professionnelle, soit que l’ambition vous saisisse de devenir, vous aussi, des maîtres, maintenez et propagez les traditions de l’esprit français. Portez haut l’objet de vos pensées; aimez la science : elle est bonne conseillère. C’est une école de sincérité et de respect. Comme la religion, elle a ses apôtres et ses martyrs. Elle inspire le dévouement, elle prépare à tous les devoirs ; et entre ceux qu’elle a rapprochés un jour dans le sentiment d’une noble émulation pour le progrès des arts de la paix, —je ne serai pas démenti par ces étudiants, vos camarades, qui de tous les pays ont répondu à votre appel, — elle crée les liens d’une commune patrie.
Discours de M. A. Fallieres
Ministre de l’Instruction publique
Monsieur le Président de la République, Messieurs,
Je ne dissimulerai pas la joie et la fierté que j’éprouve à prendre la parole devant une telle assemblée et dans une telle circonstance. Cette inauguration de la nouvelle Sorbonne, célébrée dans l’année du Centenaire de la Révolution française, à côté de l’Exposition universelle, réunissant de tous les points de la France, autour du chef respecté de l’État, les maîtres du haut enseignement, qui créent la science, et les étudiants, qui la reçoivent en dépôt, a une signification et une portée bien faites pour réjouir des cœurs français et pour inspirer une légitime fierté à tous ceux qui ont contribué à l’œuvre du renouvellement de notre enseignement supérieur.
De toutes les œuvres de la République, il n’en est pas qui soit plus assurée du jugement de l’histoire : car il n’en est pas qui ait répondu à des besoins plus réels, qui ait été menée avec plus de méthode et de persévérance, et qui se soit inspirée d’un plus haut souci des intérêts de la patrie.