‹ Discours aux étudiantsChapitre 47 sur 59 · DE L’ASSOCIATION DES ÉTUDIANTS DE PARIS · texte numérisé non relu

DE L’ASSOCIATION DES ÉTUDIANTS DE PARIS

9 Janvier 1893

Le 9 janvier 1895, le Ministre de l'Instruction publique, M. Charles Dupuv, vint à la Sorbonne remettre à l’Association des Étudiants la médaille gravée par M. Soldi que le gouvernement avait décidé d’offrir à l’Association sur l’initiative de M. Léon Bourgeois. Successivement, M. le recteur Gréard, M. le Ministre de l’Instruction publique, M. Devise, président de l’Association, docteur en droit, et M. Lavisse prirent la parole. Nous avons conservé les discours de M. Gréard et de M. Lavisse 1 .

Discours de M. le recteur Gréard

Monsieur le Ministre,

Dès son origine, l’Association générale des Etudiants s’est donné comme signe de ralliement le

1. Ces discours, ainsi que celui du président de l’Association ont paru dans L’Université de Paris , n° 52, février 1893.

drapeau national. Vous savez avec quelle dignité virile elle l’a tenu, ici, à l’étranger, partout où elle a été appelée à le déployer. Symbole de l’honneur et du devoir, le drapeau est en outre pour elle le vivant emblème de sa fraternelle union.

Ce lien, déjà fort de près de dix années d’existence, la médaille que vous voulez bien nous apporter au nom du Gouvernement de la République achèvera de le resserrer. Lorsqu’au moyen âge l’Université de Paris fut autorisée à adopter pour la sanction de ses actes le sceau qui consacrait son indépendance, un jeune clerc, s’il faut en croire la légende, s’écria : « Que ne pouvons-nous tous en porter l’image pour nous mieux reconnaître et nous mieux aimer ! » Le vœu était touchant dans sa candeur naïve. La belle médaille de M. Soldi permet aujourd’hui de le réaliser.

Un peu de temps encore et, avec son drapeau, avec sa médaille, l’Association aura sa maison. Ce sera la dernière page de l’histoire heureuse de sa fondation.

C’est ainsi que, tandis que la question des Universités se discute, ici elle se résout. Elle se résout naturellement : chez les étudiants, par l’élan et l’accord de ces volontés jeunes, ardentes, librement unies ; chez les maîtres, par la compréhension chaque jour plus claire et plus profonde des intérêts coin-

Page 1