‹ DiscoursChapitre 14 sur 23 · ET LES TRAITEMENTS DU PERSONNEL DE CE SERVICE · texte numérisé non relu

ET LES TRAITEMENTS DU PERSONNEL DE CE SERVICE

La guerre à Dieu et aux consciences n'est pas seulement une atteinte portée à la morale et à la liberté religieuse, c'est encore une détestabli; opération financière. Chasser des maîtres dont le dévouement se contentait de traitements des plus modestes et bâtir pour loger leurs successeurs des palais scolaires souvent dépourvus d'élèves, tout cela ne se fait pas sans imposer au budget des charges énormes. Si, comme dit le proverbe, les conseilleurs (qui font les lois) ne sont pas les payeurs, ceu\-ci sont toujours les pauvres contribuables qui d'ailleurs ne sont jamais consultés sur l'emploi qu'on fait de l'argeut pris dans leurs poches. Après le vote des lois de 1881, 1882 et 1880 qui bouleversaient de fond en comble l'enseignement primaire, il fallut se préoccuper des dépenses considérables que nécessiterait cette nouvelle organisation*. Tel fut le but de la loi du 20 juillet 1889.

Séance du 5 avril 1889

Cette loi qui permettait d'assurer le fonctionnement du nouveau système scolaire ne pouvait laisser indifférent M. Chesnelong. Aussi, lors de la discussion générale au Sénat, la combattit-il avec toute l'ardeur de sa foi et de son patriotisme, en reprenant un à un les arguments du rapporteur M. Combes, qui n'avait pas encore donné toute la mesure de son esprit étroit et sectaire. S'il est nécessaire d'améliorer dans une juste mesure la situation des instituteurs, il n'y a pas lieu pour cela Je les soustraire à tout contrôle de la part des communes et des pères et mères de famille, pour en faire exclusivement des fonctionnaires de l'Etat omnipotent.

La gratuité instituée par la loi de 1881 * n'est qu'un leurre et .M. Ghes-

1. M. Ernest Boulanger, sénateur de la majorité, constatait, clans la séance du 4 avril, que les sommes prélevées depuis 1877 sur les budgets ordinaires s'élevainnt, pour l'instruction primaire, à 8^)0 millions.

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