‹ Discours (volume 2)Chapitre 26 sur 73 · DU CONSEIL ROYAL DE L'LNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

DU CONSEIL ROYAL DE L'LNIVERSITÉ

bons et Talables les articles desdits décrets dont vous avez besoin, je vous répliquerai par tos propres paroles. On ne scinde pas des lois connexes. Et si vous avez le droit d'adopter telle fraction et de rejeter telle autre, nous ferons comme vous; et comme ces préférences et ces exclusions porteront probablement sur des objets tout à fait différents, c'est Tensemble de la législation qui se trouvera contesté et périmé.

De plus, vous avez réclamé une loi nouvelle! Grande et neuTe parole dans Totre bouche ! Je ne suis pas aussi bien muni. de citations, et surtout de citations aussi intéressantes que celles que Féloquent préopinant a apportées à la tribune; mais si j'ai bonne mémoire, il y a quelques années, il a déclaré, il a écrit qu'on pouvait parfaitement se passer d'une loi nouvelle, qu'il n'en fallait pas...

M. Cousin. Permettez.

J'ai promis, à mon départ des affaires, de ne pas y reparaître sans y apporter une loi sur renseignement, et j'ai laissé en partant un projet de loi écrit, et quelques jours après il a été imprimé.

M. LE COMTE DE MONTALEMBERT. McS SOUVCUirS UC s'appH-

quent pas à votre ministère, mais à une époque antérieure, où vous auriez écrit et imprimé que toute loi nouvelle sur rinstruction publique serait superflue. Mais, enfin, je n'insiste pas sur ce point, je dis qu'il est heureux pour nous d'entendre dans votre bouche la demande qui jusqu'à présent Q avait retenti que dans ce que M. le garde des sceaux appelle '^ parti catholique, et parmi les partisans de la liberté de l'^seignement. Jusqu'à présent il n'y avait qu'eux qui dei^^^andaient une loi, et quand j'ai entendu M. Cousin terminer ^n manifeste par ces paroles : « Je demande une loi, » j'ai ^Rti qu'une sorte de justice nous était enfin rendue, et que

su ORGANISATION

tout ce que nous avions dit n'avait pas été inutile, puisque nos plus redoutables adversaires invoquaient désormais le niènie remède que nous.

En outre, M. Cousin a dit que la France avait marché depuis 1808, et qu'on ne pouvait plus l'enchaîner aux errements de cette époque; il l'a avoué ! Et il n'a pas songé que c'est précisément là ce que nous maintenons aussi, et ce pourquoi nous demandons un changement radical dans cette législation de 1808, que vous nous avez si longtemps opposée comme le nec plus ultra de la sagesse humaine. Mais ce qui m'élonne, c'est que l'honorable M. Cousin, après avoir dit que la France avait marché depuis 1808, a semblé affirmer aussitôt qu'elle n'avait pas marché depuis 1806; car il a aussitôt invoqué la loi de 1806, cette loi en deux articles, sur laquelle repose, a-t-il dît, l'cxislencc de l'enseignement public en France, et dont il a parlé comme du palladium de la civilisation et de la société française. Cette loi , par parenthèse, contient, non pas deux articles, mais trois ; cl, dans le troisième, elle stipule que l'organisation de l'Université sera réglée par une loi rendue dans la session législative de 1810. Or, évidemment, une organisation dont le principe seul se trouve dans une loi dont les détails sont renvoyés à une autre loi, que l'on attend encore, n'a jamais pu être regardée comme complète et satisfaisante. Et si la France, au dire de l'ingénieux orateur, a dépassé depuis longtemps les prescriptious de 1806, à qui fera-t-on croire qu'elle soit enchaînée aux doctrines et aux principes de 1806?

En vérité, Messieurs, après avoir ainsi suivi les progrès de l'honorable M. Cousin, les concessions considérables qu'il nous a faites, les forces nouvelles qu'il a apportées à notre opinion, je ne désespère pas de le voir un jour réclamer

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