DU CONSEIL ROYAL DB L'UNIVERSITÉ
avec nous la liberté de renseignement. Oui, la liberté de renseignement, et non pas seulement pour les professeurs du Collège de France ou de la Faculté des lettres, mais pour nous, pour les catholiques, et même pour les érèques. {On rit.) Je suis surtout porté à nourrir cette espérance par la généreuse sollicitude avec laquelle il suppliait hier M. le garde des sceaux, probablement en sa qualité de patriarche des évéques de France [noitoeaiuc rires) ^ de réclamer en faveur de ces pauvres évéques oubliés par M. le ministre de Vinstniction publique, et omis par lui dans la composition des conseils académiques. ( Hilarité générale.)
Et cependant ces vénérables évéques, Thonorable M. Cousin n*a pas précisément à s*en louer : il sait que son enseignement n'a pas été toujours agréable, toujours sympathique an corps épiscopal; et le voilà qui demande maintenant leur intervention dans les conseils académiques. Oh! que la philosophie est généreuse, Messieurs. Il y a bien longtemps que nous n*en avions eu une preuve aussi éclatante, et c'est cette preuve qui me fait espérer qu'un jour la conversion du œ brillant orateur sera complète, et qu'un jour vous l'entodrez demander avec nous la liberté de l'enseignement pure et complète. {Même mouvement .)
Puisque j'ai dit un mot des évéques, permettez-moi, à leur occasion, de confirmer par une preuve éclatante ce que j'ai établi en premier lieu, sur le peu d'intérêt que les réformes de M. de Salvandy offrent à la cause de la liberté de 'enseignement. Il faut savoir que, dans les nombreuses '^lamations publiées par le corps épiscopal de France, on Qe trouTe pas la moindre allusion à la composition plus ou '^oins étendue du Conseil royal. Il est 'donc vrai que cette V^^tion est complètement en dehors des préoccupations de tous ceux qui réclament la liberté de l'enseignement, et per-
sonne ne la fait avec plus de constance et d'énergie que les é^éques auxquels M. Cousin s'intéresse maintenant si tî veinent.
Les réclamations de tous nos évêques contre rUniversité sont publiées en deux volumes; je ne puis mieux faire que de les reconunander à Texamen et aux méditations de la Chambre : elle verra qu'il n*y a pas un mot sur la composition du Conseil royal , et que la question de la liberté de renseignement reste entière, après comme avant l'ordon* nance du 7 décembre.
En résumé , il n*y a dans ces ordonnances, à mon sens» qu*une mesure favorable, d'un côté et dans une certaine proportion, aux professeurs d*un ordre inférieur; d'un autre côté, à la prén^tive ministérielle. Or, ni le sort des profcs^urs d'un ordre inférieur, ni l'extension de la prérogative ministérielle, n'intéressent en quoi que ce soit la grande question de la liberté d'enseignement que la Charte nous jNTomet.
Il résulte de tout cela la nécessité, non-seulement d'une loi, comme l'a dit Thonmable M. Cousin, mais de deux Ids, comme tout le monde doit le savoir : la loi de la liborlé d'enseignement d'abord , conune l'a très-bien prouvé M. le comte Beugnot ; ensuite, cette loi sur Tinstruction publique, que la Charte conunande en même temps qu'elle commande la liberté d'enseignement, et qui mettra un terme à loos ces malentendus dont on vous a entretenus si longu^nent aujourd'hui.
En attardant, et en œ qui toudie aux intérêts el aux droits de la liberté de la conscience, de la Cunille, ils sont en dehors de la lutte actuelle, ils n'ont été ni satisbits par Thottorable M. de Salvandy, ni détendus p«r rhonorable M. Cousin, ni trahis par nous, q;iii les axons
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autrefois défendus. Et j'ajoute , en ce qui touche à ce dernier point, que, quoi qu*il arrive, nous ne les trahirons jamais.
(Extrait do JfoiitlMir do 10 janvier 1816.)
La discussion sur la noQTeUe organisation du Conseil royal se termina par un discours de M. Villemain, contraire à la mesure, et par quelques obseryalions du ministre de Tinstruction publique.