‹ Discours (volume 2)Chapitre 38 sur 73 · OF. LA FIL4V · texte numérisé non relu

OF. LA FIL4V

Pendanl cô teni|js-là, sawcc-vous ce que fout It^ elraugec^'f Us profitent de dos pertes, ils ibut îles par^ivs proportiouik*^ à ce que je ne endos pas d'appeler uos désastre. Pendant tpie nous perdons tous ces bâtiments^ qu'est-ce qui se passe en Angleterre? L* Angleterre possédait, eu 1830, 23,000 ua- Tires; en 1843, elle en possède 30,000 : elle en a donc gague 7,000 pendant que nous en a^ons perdu l,iOO. Quant aux États-Unis, je n*ai pas trouvé le chifire de leurs tiàtinienls \ mais j*ai trou\é le chiflEre de leurs matelots. En 1838^ les États-Unis avaient 67,000 matelots; eu 1841, ils eu ont 90,000; ils avaient 1,100,000 tonneaux de navigation, ils en ont 2,100,000; c^est une augmentation du double. Euliu, j'ai honte de le dire, la ville libre de Brème, uue seule petite ville d'Allemagne, possède plus de gros bâtiments marchands au-dessus de 400 tonneaux que toute la France. [Nouveau mouvement.) Oui, Messieurs, voilà où uous en sommes.

Mais, sachez-le bien, ce n'est pas seulement chez eux que

les étrangers ont obtenu cet accroissement, c'est chez nous,

dans nos ports et à nos dépeus, comme vous le mouire le

tableau de la navigation de concurrence que je viens de vous

dler, et ce n'est pas seulement TAmérique, l'Auglelerre, ces

gnindes nations, qui ont gagné à nos dépens. Il est vrai ({ut;

nous n'avons pour notre pavillon national que io p. 0/0

dans l'ensemble de nos transactions avec l'Angleterre, <[ue

9p. 0/0 dans nos transactions avec r^iniériquc; mais, comme

^ ce n'était pas assez humiliant d'en être sur ce pied avec ces

deux grandes nations, nous en sommes au même point avec

^ plus faibles, les moins florissantes.

U en est de même avec la Norwcge, la Suède, l' Autiicht; cUes États romains. Il n'y a pas jusqu'à l'Espagne qui ne l'emporte sur uous dans le mouvement de notre navigation

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avec la Péninsule. Enfin la seule nation européenne qui nous unvoie moins de navires que nous n'en envoyons chez elle, c'est la Turquie! Est-il possible de concevoir un état d'abaissement plus complet? {Nouveau mouvement.) Les seuls pajjs où le transport se fasse en majorité sous pavillon ùauçâis, c'est-à-dire au prolîl de la uiaiine marchande française, sont des pays en enfance ou eu décadence, les mêmes où nous exportons plus de marchandises que nous n'en recevons, savoir : le Chili, le Brésil, le Mexique, la Toscane et la Gréa- ! Ne cniyez pas, messicui's, que je suis de ceux qui gcmisaenl le moins du monde de ce que nous importons plus ipie nous n'exportons ; mais je gémis de ce que toute cette masse d'importatious se fasse au détriment de notre marine et de noire populatiou maritime. L'honorable baron Dupin reconnall lui-même, daus son excellent rapport, que le coton et 1ï tabac, qui sont des éléments si précieux pour la navigation maritime, dont l'importation se monte à 80 millions de kilogrammes par an, sont apportés presque exclugÏTenicnl sur des navires américains ; il l'a déclaré dans son dernier rapport.

En un uiot, Messieurs, pendaut que notre commerce général augmente, notre navigation dépéril; et non-seulement le nombre de nos navires diminue, mais [karmi ceux qui nous rcEtent il en est un quart (jui pourrissent sans emploi dans nos ports, faute d'armements sulTisauts. Je l'aflirme, et je ne serai démeuti par aucun oHicier de marine, oir tous ccui que j'ai consultés oui été uuanmics pour déplorer cet état «le choses. L'un de nos honorables collègues, jeue sais si cï's* M. le bai-on Tupinier ou M, l'amiral Giivel, déclarait hie"» encore, comme une chose toute simple, que nos chaDtieir~ étaient abandonnés.

M. LK UAHoN Tli'Imeii. Je l'ai déploré.

DE LA FBANCE. 293

M. LE COMTE DE M05TALEXBERT. Je le CTOb bîeO, IDÛS TOUS

I ayez constaté, et Totre autorité Tient à Tappui de mon affirmation. Dans la Méditerranée sortoui, c*est là où notre décadence est fâcheuse. La Méditerranée , qui doit être , je ne dirai pas un lac français, mais qui doit être une mer française, quand on a Marseille et Alger! Ce n*est pas de Napoléon seulement, c^est de Louis XIV que date cetle idée. Nous y étions prépondérants alors et depuis, non-seulement par les glorieuses Tictoires des Brézé. des ViTonne, des Duquesne, des La Galissonnière, mais encore et surtout par notre im* mense commerce aTcc le Lerant et les côtes d'Italie et d'Espagne. Eh bien! aujourd'hui, où en sommes-nous?

Dans cette Méditerranée, enserrée par Marseille, Toulon et Alger, nous risquons d'être primés par la Sardaigne et F Autriche. Trieste et Gènes menacent sérieusement la prrispérité de Marseille. Marseille Toit tomber son tonnage de 63,000 à 54,000 en neuf ans; et je tous disais tout à Theure où elle en était pour le nombre de ses bâtiments, tombés en cinq ans de 816 à 635.

Youlez-TOU3 saToir ce qui se passe en Egypte pendant que TOUS fêtez ici celui qui sera toujours pour moi le dévastateur de la Morée ' {rumeur) ; pendant que tous le comblez de tous les honneurs qu'on réserre en général aux tètes couronnées ou aux grands capitaines; pendant ce temps là que se passei-ildaosle port d* Alexandrie ? Il y entre trois fois plus de navires autrichiens que de navires français. En 18ii, c'est la dernière année dont les relcTés soient connus, il est entré 151 vaisseaux autrichiens et 51 tiàtiments franctiis. Pour la sortie, c est la même chose ; il va eu 131 Lâiiments autrichiens, 43 français. Je ne parle pas des vaisseaux anglais ; il

'ii)rahim-Pacba, fils de Mébémet-Ali, ^oyagf^it Aon en Fraucc, et y rece ^^it les plus grands honneurs officiels.

!HÏ KonrES MAniTtlIES

y en est entré 231). cinq fois plus que les nôtres! C'esl-à-dire que, pendant que \ous couronnez de fleurs la soî-disanl tivîlisntion égj'plicnne, c'est l'Aiitriche cl l'Angleterre qui en l cueillent les fruits! [On rit.) Dans la mer Noire, c'est la 1 même chose. Vous connaissez toute l'importance de nos ] échanges av^c ces parages, toute l'imporlnnce politique de ] cette mer ; eh hien ! nos échanges s'y font tous par des bâti- ' mcnts étrangers ; en f844, il y on a eu 272, cl seulemi;jil 4 français ; un par trimestre !

Voilà l'élal (le notre navigation dans la Méditerranée el ■ dans la mer Noire. En présence de œt état de choses, « l'on s'y résigne, si on le laisse durer, il ne faut plus donner pour raison de nos armements militaires la nécessité if protéger nos armements commerciaux, parce que bientdl, comme vous le voyez, il n'y aura plus d'armements commerciaux.

Mainleoant que j'ai bien constaté cet état de choses, je demande la permission de dire en peu de mois quelles en sont les eonséqucnces et les causes, ot quels en (wurraient être les remèdes.

.le dis que les conséquences de l'élaî de choses sont fiinest£s d'abord au commerce lui-niènie, et qu'elles le sont biffl plus enwre à la puissance et ù l'indépendance nationale.

Au commerce d'abord : en effet, le mouvement des exportations françaises n'a augmenté depuis vingt ans que d'tm sixième, taudis que la production fran^^ise a plus que doublé, Ue là surcharge el génc pour le commerce.

En outre, les grandes maisons de commerce disparaissent dans nos ]xirts [)Our faire place â des petites maisons, à de» maisons de itacotillcurs qui ne jouisseut pas de la meilleutt réputation dans les parages lointains. Les grandes maison* qui laisaient l'honneur de la rranœ commerciale, qui tra^-

Uiail arec le Péroo. le Bencile, iwc tous ks çrands^ purfs de TAsie et de rAménqop. £^»ra»9enl. H IVononMe M. Ducns, dqNilé. 4fiie je câtùs Irai à llieiirr. àuis le <loa)ment que le Gumemaacqt i fait distribuer, prodame le résaltal de la maaiète «oivante :

c Noa-frelemeol la marine étmigèfY eoTahit notre firopiv mardié» mats $i la loi de progreasion eontimie à |ireffakiir,<Hi pent, dès ce moment, pressentir Fcpoque à laquelle elle se sera entièrement sohstitiiée à la nôtre. »

Ce n'est pas moi qui le dis; c'est l'Iionorable député de la Gironde, dans un rapport admis et approuvé au conseil général du oonuneroe.

Mais ce résultat est bien plus (acbeux pour la puissance et Famour-^ropre national. Allez au Havre ; c'est bien près de Paris. Que Terrex-TOtts dans œ port pour lequel on tous demàide, avec tonte raison, des fonds considérables? Vous Terrez en grande majorité des paTilkms étrangers. Les jours de fête, liNrsque tous les bâtiments arborent leurs paTÎIlons, TOUS ne TOUS croiriez pas dans un port français ; tous y Toyez en majorité des paTillons étrangers. [Mouvements divers.) Il n'en est pas ainsi à Londres, à Hambourg ; il n'en est jamais ainsi dans aucun port florissant. Comme le disait Thonorable M. Ducos, le paTÎllon français disparait peu à peu de nos ports, et Bordeaux et le Havre dcTiendront ce que sont dcirenus Constantinople, Smyme, Canton; c'est-à-dire des ports très-firéquentés par toutes les marines du mondr, excepté par les marines du pays même où ces ports sont situés. Est-ce un pareil état de choses auquel vous voulez ^ous résigner? Non; mais, sachez-le bien, c'est celui qui se prépare pour vous.

Je vous le demande, voulez-vous compter parmi ces populations paresseuses et opulentes qui ont été exploitées tuur à

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