‹ Discours (volume 2)Chapitre 44 sur 73 · ÉLECTIONS DE · texte numérisé non relu

ÉLECTIONS DE

CIRCULAIRES DU COMITÉ ÉLECTORAL

l.\ DËFËNSE DE U LIBERTÉ RELIGIEUSE

■àtl mars, 6 juillet El U seplemliie lSi&. ;

La dissolution de la Cbambie des députés, annoncée par le Gou verneoicnt dans la séance du It février 1846, fut prononcée pu ordonnance royale du fî juillet de la même année. Les électionî géni^rales eurent lieu le I" août suivant. La nouvelle Chambre se réunit le 17 du luCmc mois, et, api-ës avoir pi'océdé à la vérification des pouvoirs, s'ajourna au mois de janvier 1S47. Le comité ileçtonl jjour la défense de la liberti religieuse publia A l'occasion des électiops les trois circulaires suivantes'.

le I" dea Œuvra poUmigai,

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in ealhoU^iàtt iam ht iUtHtmt.

COMITÉ ÉLECTORAL

POUft

Paris, 30 mars 1846.

MORSOBUR.

La diflsolntioii est certaine.

Le ministère l'a annoncée à la Chambre des députés , dans la séance dn 2i février. Les élections générales se feront sur les listes actuelles, et probablement vers la fin de juin.

Déjà les comités des diverses fractions de l'opinion politique se sont formés on reconstitués. Tous les partis se donnent vendei-vons sur le terrain électoral ; soyons-y exacts, nous qui avons l'honneur de défendre la liberté religieuse. Pendant cette session , véritable préface des prochaines élections , le Gmvemement et l'opposition ne se préoccupent que des électeurs. La séance du Si février en offre une preuve bien claire ; car, tandis que les partisans du monopole jmiversitaire ont tenté de soustraire aux électeurs la question de la liberté d'enseignement, en demandant une loi faite avant les élec« ^oti8 , les amis de la liberté religieuse ont voulu soumettre ^tte question aux électeurs, en ajournant, jusqu'après les élections, la loi à faire.

Le monopole se méfie des électeurs ; la liberté se confie en ^Ux. Le Gouvernement lui-même attend que les électeurs se prononcent. Quant à nous, notre action politique ne date que ^*liier, pour ainsi dire, et déjà tout le monde compte avec ^ons. Si timide et incomplète qu'elle ait été, notre interven- ^OQ dans quelques élections particulières a révélé ce que

iO(r ELF.CTIONS

nouR pouvons H qui.- nous pourrons. Non advera^res comprennent la force de notre action mieux qne nons-mèniRs, Parmi eux, les uns nous craignent; nous g€nons les antres; mais tous souhaitent nos BufTrages.

Avant que nos cris de liberté religieuse eussent retenti en France, M. Villemain présentrrit, et M, Thiera empirait, le projet de loi contre la liberté d'enseignement. Aujourd'hui, Rràce à quelques ctl'orls de nos amis, à leurs pétitions, â leur altitude, à la puissance de nos idi^es, le Gouvernement recon- ■ naît et les esprits p;énércux proclament avec nous la distinction entre l'État et l'Université, l'indépendance réciproque dei éi'oles universitaires et des écoles libres, les droits de la conscience et les droits de la famille. Le discours de M. Gnizot, dans le débat de l'adresse, et ses paroles contre la reprise du rapport de M, Tbiers, sont une avance peut-être sincère vers nos doctrines, et au moins calculée vers nos votes. Mais calcnl ou sincérité, cette avance constate la valeur de notre influence électorale.

Voilà où sont arrivées nos idées en peu de temps et avec peu d'efforts. Allons donc en avant ; car si nous sommes justement encouragés à agir, nous serions gravement responsables de n'agir pas.

Remarquez-le bien , Monsieur , la question du libre enseignement étant renvoyée au jury électoral, le concours de nos amis n'est pas facultatif, mais obligatoire. Les députés qui vont être noramÈs devant faire une loi organique de liberté ou de servitude, la liberté ou la servitude des intelligences dépendra évidemment des prochaines élections. Intervenons-y donc tous et chacun. En piireil cas, voter est moins un droit qu'un devoir; ne pas voter est à la fois une faute et one trahison. De même qu'à la Chambre, les députés chargés da mandat de la liberté religieuse sont responsables pour euxmêmes et pour leurs mandants, soit de leur action, aoit de leur inaction; de même, aux collèges électoraux, les électeurs représentant tous les amis de la liberté religieuse qui n'ont pas le droit de voler auront la double responsabilité de ce qu'ils feront et de ce qu'ils ne feront pas, du bien qui

DE 1846. m

sera omis et dn mal qui ne sera pas empêché ou diminué.

Chacun de nos amis agira donc et votera. L'inertie serait coupable. Qui resterait neutre renierait sa foi.

Tout soldat qui n'est pas les rangs de sa compagnie le jour du combat est un déserteur.

Faut-il rappeler qu'en 1831 , contre le vœu bien connu du Gouvernement et des Chambres, les électeurs ont aboli l'hérédité de la pairie ' ? Et le monopole universitaire, attaqué par le' Gouvernement lui-même, condamné par l'opinion publique libérale, résisterait aux électeurs dévoués à la liberté religieuse !

Quand donc nous compterons-nous? Nous n'avons qu'à vouloir. L'ancien régime de la fausse Uberté pour quelques-uns finit. Le nouveau régime de la vraie liberté pour tous commence. Notre situation au centre du mouvement des hommes et des choses met à notre portée bien des renseignements que nous tenons à votre disposition, et en échange desquels nous attendons toutes les communications qui pourront nous servir à coordonner les efforts de nos amis. £n première ligne, nous vous recommandons de former un comité local dans chaque arrondissement, ayant, s'il se peut, des correspondants dans chaque canton, ou du moins dans les cantons principaux. Aux comités locaux appartient l'initiative de tout ce qui tient à l'élection. C'est d'après leurs appréciations particulières que devront être prises les décisions

1* Sur le candidat;

2® Sur les moyens et les influences à employer , soit pour obtenir des adhésions, soit pour déterminer les démarches préparatoires ou finales , en vue d'assurer le triomphe de la liberté.

{^ Du candidat.

Nos préférences doivent naturellement se porter sur des candidats dont la moralité, l'indépendance et le patriotisme puissent garantir le respect de leurs engagements. La liberté

* Nous cilons ce fait comme un exemple de la puissance des électeurs , sans prétendre ici apprécier les conséquences politiques de cette mesure.

ÉLFXTIONS E étant pour nous un intérêt supérieur à tout antre, nous ne devons exclure aucun candidat qui s'engagera à défendre et à fortifier celte liberté consacrée par la Charte de 1830. Nous ne demanderons à personne l'abandon de ses opinions politiques. Conservateurs ou opposants, votons pour le candidat de la liberté de conscience, qu'il soit pour ou contre le ministère.

Voilà notre rë!;lG ; voici notre situation : Aujourd'liui , nous sommes en minorité dans presque tous les collèges, de sorte qne nous aurons moins A porter nos propres candidats qu'à donner entre divers candidats une préférence intelligente. C'est d la solution de cette difBcnlté que se reconnaîtra le discernement des comités locaux et que pourra éclater la puissance de notre intervention. La Chamhre actuelle compte près de cent députés élus à moins de vingt voix de majorité ; dans plusieurs arrondissements, les compéliteurs ont des chances presque égales. Si rien ne nous désunit, ne nous décourage, ne retient ou ne détourne nos suffrages, nous devons être les maîtres de l'élection dans un certain nombre de collèges. Pour obtenir ce résultat, préparonsle. Les victoires électorales ne s'improvisent pas. Mais, tout en faisant ce qui peut assurer notre succès au jour do l'élection, ne négligeons pas ce qui peut l'utiliser après que l'électicm sera accomplie.

Enire les candidats qui viendront à nous, il s'en rencontrera peut-être qui souscriront à nos conditions de liberté, moins par conviction que par intérêt électoral.

Que ces conditions soient donc nettement et explicitement posées , de telle manière qu'un homme d'honneur ne pulise les violer, les éluder ou les tourner, saus que nous ayons le droit de proclamer aussitôt qu'il a manqué à la parole donnée. Qu'il n'y ait rien d'équivoque : évitez les généralités des engagements, parce qu'elles sont obscures el vagues. Tous las candidats, les amis de M. Thiers eux-miîmes, promettront la liberté d'enseignement sans hésitation. Mais qui pourrait accepter la liberté d'enseignement telle que l'entendent les Bi de M. Thiers; ~

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