INDÉPENDANCE
pas du tout prévenu en faveur de la Pologne ; car dans une de ses dépêches du même temps, il qualifie le peuple polonais de frivole et de désordomié. Eh bien ! ce même lord Castlereagh, dans sa note officielle du 12 janvier 1813, adressée aux souverains assemblés en congrès, s'exprimait ainsi :
« L'expérience a prouvé que ce n'est pas en cherchant
à anéantir les usages et les coutumes des Polonais que Ton peut espérer d*assurer le bonheur de cette nation et la paix de cette partie importante de l'Europe. On a tenté vainement de leur faire oublier, par des institutions étrangères à leurs habitudes et à leurs opinions, l'existence dont ils jouissent comme peuple, et même leur langage national. Ces essais, suivis avec trop de persévérance, ont été assez souvent répétés et reconnus comme infructueux. Ils n ont servi qu'à faire naître le mécontentement et le sentiment pénible de la dégradation de ce pays, et ne produiront jamais d'autres effets que d exciter des soulèvements^ et de ramener la pensée sur des malheurs passés. »
Voilà ce que disait lord Castlereagh en 1815, avec l'adhésion des trois cours qui ont toutes trois officiellement adhéré à cette manière de voir. Or, je vous le demande, Messieurs, ces paroles, si vraies il y a trente ans, ne sont-elle& pas des paroles tout à fait prophétiques ? n'ont-elles pas annoncé tout ce qui est arrivé depuis?
Car, en eflet, la Pologne a-t-elle jamais plus vécu qu'elle ne vit aujourd'hui? Je ne le crois pas. Jamais, à mon avis, elle n'a occupé une si grande place en Europe.
Reportez-vous, je vous prie, à ce qui s'est passé en Europe lors du partage de J775 ; il a passé presque inaperçu en Europe, tant la vitalité de la Pologne était alors chose de peu d'importance, peu comprise ou peu sensible.
Aujourd'hui, c'est tout autre chose : on a beau égorger la
noblesse, peupler la Sibérie d'exilés, bâillonner tout ce qui reste dans le pays ; l'Europe sent que la vie est là. Il est impossible de le dissimuler, et il est également impossible d en désespérer. Comme Ta si bien dit Tbomme éloquent que j'aime tant à citer, surtout quand je ne le combals pas, M. Villemain, « depuis que le Christ a paru dans le monde, aucune nation qui a reçu le baptême n'a disparu de la chrétienté. » Voilà ce qu'il a dit, l'année dernière, dans un langage que vous n'avez pas oublié. Cette admirable vérité, proclamée par lui, est surtout applicable à la Pologne.
Toutes les fois qu'on a essayé d'anéantir une nation, cette nation est devenue le châtiment de la puissance qui a essayé de Tanéantir. La nation opprimée est restée attachée comme une plaie vengeresse, toujours saignante, toujours poignante, aux flancs de la puissance opprimante.
Voyez l'Irlande et voyez la Pologne! Qui pourrait mesurer le mal qui résulte pour les trois puissances du partage de la Pologne? Quel est l'homme sage, quel est le véritable homme d'État qui oserait affirmer que la Pologne, restée indépendante, eût été une plus grande cause de faiblesse^ de sollicitude, de troubles pour les trois puissances, que la Pologne dépecée et répartie entre elles?
Savez-vous, Messieurs, ce que rappelle la Pologne écrasée sous le poids de la Russie, de la Prusse et de l'Autriche? elle rappelle ce géant de la fable qu'on avait cru anéantir en l'écrasant sous l'Etna. Loin de l'anéantir, chacune de ses agitations faisait trembler la terre et éclater les volcans. Comme l'a dit le poëte :
Et fessum quoties inulat latus, inlromcre omnern Murmure Trinacriam...
Voilà le symbole parfait de la Pologne, chaque niouvementde son cœur héroïque ébranle l'Europe. On a cru anéan-
mOltPEItt>ANCR
lir lin |>eii[)le, nri a créé iiii volcan. [ApproOation.) Essayet Aonc d'en éteindre les éruptions : autant vaudrait essayer d'éteindre le Vésuve,
Nous verrons si, quand le colosse russe, comme on l'appelle, se brisera ; quand il en sera de même de la monarcliié autrichienne, ce composé bizarre de vingt nations, que la justice, je me hâte de le dire, aurait pu maintenir, mais que l'iniquité Tera tomber en dissolution, nous verrons si ces nationalités subsisteront, survivront comme la nationalité polonaise. Non, depuis que le monde existe, de même qu'on n'a jamais vu un crime semblable à celui qui se commet sur la Pologne, de même qu'on na jamais vu pendant soixante ans trois puissances acbarnées à écraser lentement une autre nation, de m^me aussi on n'a jamais ru une vilalité tt uni' résistance pareilles.
Il y a des insensés parmi nous qui disent que c'en est fait de la Pologne; qu'elle est eondaninée, qu'elle est morte et qu'elle ne fait plus que se débattre. Messieurs, sachez bien que, quand la Pologne aura cessé d'exister, vous voua en apercevrez bien autrement qu'aujourd'hui. Quand la Pologne n'existera plus, c'est-à-dire quand ses 20 millions de Slaves aurontété agrégés, non {tasàrAulricbe, non pas à la Prusse, cela est impossible, mais à là Itussie, ce qui peut bien arriver, vous venv/ ce qui se passera en Europe ; l'indépendance^ de l'Occident tremblera sur sa base, et les destinées de la civilisation seront menacées comme elles ne l'ont jamais éttâ depuis les jours d'Attila.
Si la Pologne pouvait cesser d'exister et de résister, si la noblesse, qui conserve la tradition nationale, pouvait être anéantie, counne on y travaille, savez-vous ee qui en résulterait ? C est que la Russie, ayant 20 millions de Slaves de plus, dévoués à sa cause, 20 millions d'hommes qui, J)our se veiîger
DE CRACOYIE. 439
eux-rnëmes, deviendraient les instruments dociles de ses entreprises, la Russie serait irrésistible, et ces millions de Polonais, transformés, enrégimentés dans ses armées, soudés, pour ainsi dire, aux destinées moscovites, viendraient, après avoir châtié, après avoir anéanti TAllemagne, viendraient jusque sur le Rhin bouleverser l'Occident. [Sensation,) C'est alors que vous retrouveriez cette avant-garde qui, comme on l'a dit, s'est rclournée en 1830 contre le corps de bataille; vous la retrouveriez prête à vous faire payer, pour le compte de la Russie, la rançon de l'abandon où vous l'avez laissée.
Je souhaite que ce ne soit pas là une prophétie ; mais, en présence de tout ce qui se passe en Europe au sein de la race slave, il est impossible et il serait insensé de ne pas ouvrir les yeux. Cette révolution n'est pas encore consomniée, elle est loin, j'espère, de se réaliser, mais elle le serait du jour où la Pologne cesserait de résister.
Jusqu'à présent la Pologne n'a pas cessé de résister ; jusque dans les étreintes de son agonie, cette nation sert de frein à la barbarie et de boulevard à l'Europe occidentale. La garantie qu'une diplomatie bien intentionnée, je veux le croire, mais bien étroitement inspirée, chercha dans le congrès de Vienne, savez-vous où nous la trouvons? C'est dans les angoisses et les révoltes perpétuelles de la Pologne. Le jour où elle sera résignée à son sort, où elle acceptera de servir d'instrument à la puissance qui l'opprimera, vous verrez des choses dont vous ne vous doutez pas, et qui vous serviront à la fois de leçon et de châtiment. [Nouveau mouvement.)
Voilà donc ce qui me fait croire que cet acte, destiné à ouvrir les yeux à l'Europe, n'est pas un malheur complet pour la cause de la Pologne. Il en est tout autrement du droit public àe l'Europe.
Ainsi, je crois pouvoir poser en principe que l'incorporation
440 INDEPKNDANCE
de Oacovie ote au Imité de Vienne Ja force obligatoire qui liait par un engagement commun et réciproque loulcs les puissances signalflircs. Toutes les disposilions de ce traité étaient solidaires; c'est la première loi et la première condllion de tous les traités du monde : les unes ne peuvent engager toutes les puissances, si les autres n'emportent pas le même engagement; jamais, dans un contrat quelconque, on ne peut se dégager des clauses onéreuses pour maintenir celles qui sont agréables ou commodes. Eh bien ! du moment iiù les cinq ou six articles du congrès de Vienne, qui sont relatifs à Cracovie, n'engagent plus personne, il est évident (pie les articles subséquents n'engagent plus personne non plus. Il n'y a plus de garantie pour personne. Ainsi, [«r exempli-, la Prusse n'a plus rien qui lui garantisse la possession de la Poméranie suédoise ou de la portion de la Saxe qui lui avait été attribuée par le congrès de Vienne.
Lleei n'a pas d'ineonvéuient pour les forts : ils sont les maîtres; ils abusent de leur force; mais pour les faibles, celaa de tout autrus conj^équences. A l'heure qu'il est, il n'y a plus de frein pour les forts, il n'y a plus de garantie pour les faibles, et il n'y a plus de sécurité pour personne.
En un mot, le droit public européen est sapé jusque dans sa base, et je demande la permission à la Chambre de lui indi(]uer très-rapidement quelques applications de ce principe nouveau dans l'avenir.
Il y a d'autres villes libres que Cracovie dans k monde; je ne parle pas de Francfort, qui n'est plus depuis longlemps que le bureau de la confédération germanique [hilarité); mais il y a une autre ville libre très-importante, Hambourg. Eh bien ! tous ceux qui soûl au courant des aflfaires de l'Alleluagne savent qu'eu ce momenl-ei la position de Hambourg est Ircs-délicate, car cette ville libre ayant une grande ma-
rine, un grand commerce, n'a pas voulu adhérer à ce système que la Prusse a inventé, qu'a adopté presque toute l'Allemagne, moins le Hanovre et l'Autriche, et qu'on appelle l'union douanière. L'ambition de l'union douanière est d'avoir un port, et elle n'en a pas; une marine, et elle n'en a pas; mais elle trouverait l'un et l'autre dans la ville de Hambourg. Eh bien ! avec la nouvelle théorie dont l'incorporation de Cracovie donne le signal, rien ne serait plus facile que de dire : L'indépendance de cette ville de Hambourg est incompatible avec la sécurité et la prospérité de rAUemagne, et il serait dangereux de la maintenir ; il faut l'incorporer à la monarchie prussienne; l'unité et la nationalité allemande, dont l'union douanière est le premier gage, trouveront ainsi l'élément maritime qui leur manque.
De plus, cette nouvelle théorie s'appliquera à tous les petits Etats d'Allemagne, à la Bavière, à la Saxe, à tous les États constitutionnels de l'Allemagne; car croyez-vous que leur existence n'offre pas de grands dangers et de grands inconvénients pour les grandes puissances ! Comment! ces petits États se sont permis de tenir leur parole ! [On rit,) On avait promis au congrès de Vienne des constitutions, et ces petites puissances, probablement parce qu'elles étaient petites^ ont cru que la bonne foi leur faisait un devoir de donner ces constitutions , et elles les ont données ! Or, vous savez que la Prusse et l'Autriche n'en ont rien fait. Eh bien donc, quand on voudra, on dira et on prouvera que leur indépendance est incompatible avec la sécurité et la prospérité de la monarchie autrichienne ou de la monarchie prussienne, et on les mutilera, on les supprimera, on les incorporera, on les détruira conune Cracovie; rien de plus facile et rien de plus légitime, toujours selon le précédent de Cracovie.
Maintenant, si nous sortons des frontières de la Confédéra-
1NDEPF.NDVNCE
lion germanique [Crncovie et !a Gallicic n'en étaient pas), et si nous entrons en Italie, c'est là que nous trouverons à appliquer le principe. Il se développe aujourd'hui en Italie un esprit sagement libéral auquel nous applaudissons tous, mais qiii est accompagne d'une violente indisposition conire l'Autriche. Eh bien ! quand l'Autriche voudra, elle dira que cet esprit, se propageant dans les populations qui touchent la Lombardie, est un danger sérieux pour elle; elle dira que les Légations où elle a droit de garnison, à Ferrare et à Comacchio, d'après les traités de Vienne, deviennent peu à peu des Toyers de sédition incompatibles avec sa sécurité [mouvemenls divei's), et elle aura mille fois raison. Certainement la liberté et l'indépendance de Cracovie n'offraient pas à la domination autrichienne en GalHcie des dangers analogues à ceux que l'existence et l'effloreseence, si je puis parler ainsi, d'un esprit libéral et modéré à la fois dans les Légalïons n'en offriraient au maintien de la domination autrichienne en Italie. Si le prétexte a été bon, valable, acceptable pour l'incoi^ poration de Cracovie, il l'est dix fois plus pour l'incorporation des Légations : car, comme à Cracovie, [lar rapport à la Gallicie, il y a dans les Légations j>ar rapport au royaume Lombardo- Vénitien, il y a identité de race, de langue, de religion, toutes choses qui rendent le mal plus contagieux, le remède plus pressant. Voilà ce que IWutriche dira. Que l'Europe y songe et y avise!
11 en est de même aussi pour d'autres pays qui nriériteot tout votre intérêt et toute votre attention, pour les principautés du Danube, la Moldavie et la Valacbie, placées sous le protectorat de la Hussie. Là aussi il y a un foyer d'idées françaises. La jeunesse de ces pays vient se faire élever en France, elle rapporte chez elle les idées françaises. Ainsi, quand on voudra, on publiera un acte, un manifeste comme celui quia
bE CRACOVIE. 443
eu lieu au sujet de Cracovie ; on dira que, ne pouvant atteindre l'esprit reTolutionnaire là où il a sa source, c est-à-dire chez nous, on veut du moins atteindre le foyer qui menace la sécurité, la prospérité des puissances limitrophes.
Mais il y a plus. Tout le monde a compris, a entrevu le chemin qui conduisait de Cracovie à Constantinople. Et ceux qui Tont compris les premiers sont les habitants de Constantinople eux-mêmes. Personne n'ignore l'impression produite
en Turquie par cet attentat, impression profondement légitime, qui n'a pas été favorable, il faut le dire, à la politique française ei anglaise ; impression qui a permis aux Turcs de se demander si les trois puissances du Nord n'étaient pas plus audacieuses, et par conséquent plus sûres de leur fait que les deux puissances de l'Occident, et qui, dans tous les cas, est de nature à faire comprendre le chemin qu'aura à suivre, pour arriver à son but, l'ambition la plus connue et la plus enracinéç ({u'il y ait en Europe.
Eh biep ! chose étonnante, ces conséquences si évidentes et ri redoutables, surtout pour l'Allemagne, n'ont pas été senties dans ce pays, et c'est ici un point sur lequel je demande à la Chambre de fixer spécialement son attention. L'Allemagne semble cependant être plus menacée que personne par cette politique. La Russie forme déjà, à l'aide de la Pologne, un bastion des plus menaçants au cœur même de l'Allemagne. Pour y pénétrer, elle n'a plus que l'Oder à franchir.
Eh bien ! il s'est trouvé parmi ces Allemands qui parlent tant depuis quelques années de leur unité, de leur nationalité (ce dont ie les loue et je les approuve); il s'est trouvé des hommes, des écrivains qui ont porté un coup fatal, pour ne pas dire mortel, à ces espérances,^ à ces théories de fraîche date, dignes d'ailleurs de l'appui des esprits libéraux; et cela, en sympathisant avec l'attentat commis contre Cra*
m INDEPENDANCE
covio. Ils ont ùiè égarés par la complicité des deux puissances allemandes dans cet acte. Ils y ont applaudi, et vous pouvez voir tous les jours dans les journaux allemands de longues félicilations de ce que la proie soit échue à l'AIlc- Biagne, au lieu d'être restée à la Russie; de ce que Cracovle pourra Stre désormais une place fédérale comme Mayence; de ce qu'elle pourra devenir la picrn- angulaire de la Confédération germanique! Chose bizarre, ces mêmes publicistes revendiquent en même temps contre le roi de Danemark la nationalité allemande du duché de Schleswig, un petit duché de 400,000 âmes, en se fondant sur un diplôme qui remonte à l'an 1460 {et je tiens pour ma part qu'ils ont raison); et, par une monslrui.'usc contradiction, ils croient qu'il suffit de soixante ansd'oppressioD, interrompus par de perpétuelles et sanglantes protestations, |K)ur anéantir la nationalité de 20 millions de Polonais 1
Eli hien ! c'est là ce qui se dit malheureusement en Allemagne. Ce spectacle est donné tous les jours par des écrivains qui viennent, à côte de ce lion qu'ils croient mort, donner, non pas le coup de pied de l'âne, mais quelque chose de plus honteux encore, le coup de canif du pédant, du scribe stipendié et censuré.
Quant à moi, si -cela m'était permis, je leur souhaiterais, pour tout châtiment, le sort qu'ils approuvent, qu'ils trouvent si beau et si heureux de la Pologne ; je leur souhaiterais l'incorporation à l'Autriche, voilà touti Je souhaiterais que ces scribes de Leipsick et d'Augsbourg goûtassent un peu des douceurs du Spielberg, comme l'ont fait les écrivains les plus élevés, les âmes les plus généreuses de l'Italie, ou bien du ce régime paternel que l'Autriche a introdull à Cracovie, et dont je vous ai cité un exemple dans al arrêté qui condamne les guns qui pro[)agent de fausses nouvelles, et iwr
conséquent les journalistes qui auraient trop de zèle, à être fouettés tous les jours pendant un mois de suite. [Hilarité universelle,)
Du reste, dans cette improbation que méritent à un si haut degré un grand nombre d'écrivains allemands, je suis bien loin de comprendre T Allemagne entière. L'Allemagne subit le joug de la censure, toutes les opinions ne peuvent pas se faire jour : je ne blâme ici que celles qui se font jour au profit de la spoliation de Cracovie, parce que je les trouve aussi coupables que lâches; mais je respecte celles toutes contraires, dont on connaît Texistence, qui n'apparaissent pas maintenant, mais qui réagiront un jour contre ces iniquités dont on cherche à les rendre complices.
En Autiîche môme , l'opinion , autant qu'il y en a une , n'est pas unanime. Il y a une foule d'hommes estimables et honnêtes dans ce pays, d'hommes d'élite, qui maudissent le jour où Marie-Thérèse a mis la main sur la Gallicie , et a entraîné l'Autriche dans cette voie honteuse et sanglante ; et ce sentiment ne peut évidemment que grandir.
Pourquoi ne grandit-il pas plus vite en Europe et en Allemagne ? Voici pourquoi , et je demande ici la permission d'être complètement franc ; je touche à un point très-délicat, mais où il y a un véritable danger pour notre pays, et où, par conséquent, il importe à tout bon Français de tâcher de le conjurer. Qu'est-ce qui fait en Allemagne qu'on a les yeux fermés sur ce grand danger dont la menace la Russie, qu'on les a si ouverts sur celui qu'on redoute de notre côté? Eh, mon Dieu! il faut bien le dire, c'est que lorsque nous témoignons avec une sincérité dont personne ne devrait douter Tindignation que nous inspire cette violation de la nationalité, on nous dit : Mais vous en avez fait autant : vous blâmez cela aujourd'hui; mais il n'y a pas