SITUATION GENERALE
avez la plus grande sympathie pour sa politique, pour sa mission; et cette politique, cette mission yous donneront peut-être l'occasion heureuse de relever votre politique en lui prêtant votre concours. Mais je me demande comment, en présence de ces grands exemples, Thonorable M. Guizot s'est résigné à passer au pouvoir sans y laisser une seule trace de son dévouement à la liberté religieuse, lui (qu'il me permette de le dire, sans Tombre d'une intention hostile), lui protestant, lui porté sur les ailes de ce grand principe de la liberté religieuse à la hauteur qu'il occupe. Il y était n;iturellemeut appelé par son talent, par sa capacité^ par son patriotisme; mais, enfin, c'est en vertu du principe de la liberté religieuse qu'il y est arrivé; et il n'a rien fait, depuis sept ans qu'il est là, pour efiacer de nos codes toute cette législation surannée qui persécute et qui condamne ce principe !
Maintenant, Messieurs, je n'ai pas la simplicité de croire ({ue le remède que je viens de vous indiquer soit le seul, le seul efficace ; je le crois très-efficace, mais aussi je le crois très-lent et d'une application souvent difficile; il en est d'autres que je vais tâcher de vous indiquer. Je lis tous les matins, comme vous tous, que M. Guizot est un ennemi de la gloire du pays^ que M. Duchâtel est un corrupteur, que tels autres de ses collègues sont incapables, etc. ; je n'en crois pas le premier mot ; je les tiens pour des citoyens intègres, honnêtes et capables; mais je suis obligé de reconnaître avec leurs ennemis, et même avec certains de leurs amis, qu'ils ne gouvernent pas très-bien. D'où cela vient-il, à quoi cela tient-il? Cela tient-il à leur personne, à leurs idées, à leurs passions? Gagnerait-on quelque chose à les remplacer, comme on dit qu'on va le faire d'ici à la session prochaine, par d'autres personnes, par d'autres idées, par d'autres passions? Je ne
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le crois pas, et j avais hâte de vous le dire ainsi qu'à euxmêmes, je crois qu'on n'y gagnerait rien; car, pour moi, le mal ne réside pas en eux, le mal réside dans le système, dont ils sont, malgré eux, je le crois, les instruments et les agents, je veux dire dans le système qui consiste à trop gouverner en France, à se mêler de trop de choses, à intervenir trop fréquemment, par une immixtion perpétuelle, générale, fatigante, du pouvoir politique dans les moindres détails de la vie civile et sociale.
C'est là, Messieurs, c'est cet excès de gouvernement qui rend à la fois la corruption si focile, et le gouvernement si dillicile.
Je ne viens pas faire ici une sortie contre la centralisation en soi : je l'accepte comme un faitaccom|)li, comme un grand i*ésultat politique qu'il ne s'agit pas de débattre aujourd'hui. Mais je dis que, pour des hommes d'État prévoyants et sensés, le premier devoir est d'en atténuer les conséquences, au lieu de les étendre comme on le fait aujourd'hui; d'en diminuer la portée et le poids, au lieu de se livrer à ces envahissements graduels et quotidiens qui s'opèrent, par toutes les lois qu'on discute, par toutes les circulaires qu'on publie, siu* le domaine de la liberté et de l'intelligence, et même de la propriété. C'est cet excès d'action gouvernementale qui entraîne l'excès du nombre des fonctionnaires; on a dit qu'on en avait créé quarante mille nouveaux depuis la révolution de Juillet, je n'en crois rien, mais il est certain qu'on en crée de nouveaux tous les jours.
M. LE MINISTRE DES FINANCES. Cc sout dcs douauicrs OU des facteurs.
M. LE COMTE DE MoNTALEMBKRT. DoUaulcrS OU factCUl'S,
peu importe, ce sont toujours des fonctionnaires nouveaux, ce sont toujours des hommes aux ordres du Gouvernement,