DU MINISTÈRE
dont VOUS Favez pratiquée , par cette inégalité entre les deux pays que vous avez supposée dans votre conduite, je ne dis pas dans votre âme, mais qui résulte de vos actes. Voyez la différence de l'impression produite en Angleterre. J*en adjure tous ceux qui connaissent ce pays ; ils vous diront qu'en Angleterre Talliance française, si elle rencontre des adversaires, des critiques, comme toute chose dans ce monde, au moins ne blesse ni n'humilie Topinion publique. [Réclamations.) Non , Messieurs, on peut Tattaquor et la blâmer, maiselle ne blesse point le sentiment national. Jen*ai jamais vu un Anglais en être humilié comme nous le sommes. Et pourquoi, en effet , les Anglais en seraient- ils humiliés? Elle ne les gène en rien ; elle n'empêche, en aucune façon, le développement naturel de leur politique; elle les sert au contraire. L'Angleterre fait son métier ; elle tire tous les profits possibles de cette alliance , et jamais elle ne désavoue ses agents comme vous. [Murmures.)
Chez nous, au contraire, on parle toujours de craintes, de guerre , de dangers que nous avons à courir à la moindre chance d'une rupture avec cette puissance dont on nous montre toujours l'alliance comme le gage unique de notre sécurité et de notre prospérité.
Messieurs, je n'admets pas cette inégalité. Je crois qu'il y a tout autant de dangers pour l'Angleterre que pour la France dans des chances d'une rupture quelconque.
Je ne suis pas de ceux qui exagèrent les périls de l'Angleterre , à l'exemple d'écrivains selon moi mal informés ; je ne crois pas , par exemple , que l'Irlande , ce grand embarras que je signalais tout à l'heure , en soit un pour l'Angleterre, en temps de guerre. Je crois que l'Irlande est beaucoup plus à redouter pour elle dans la paix que dans la guerre; mais puisqu'elle nous parle toujours du mal que
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les (liingei'S dont uue lulli; quelconque nteiiaceiuil l'éditice inuçnifiquo. iiinis iiHifîcicl^ de sa puissance commcmalc el inamiructunéie, de son ei'cdit, de son iudustrîe, de sa proliriétii fondère.
Ces dangers, elle les sent ailleui's qu'avec vous. EUo !i (i'auta's rivaux, ou, si l'on veut, d' autres alliés (car souvent les iiUics sont des rivaux) ; elle a rAinérique , rivale, non pas plus puissante, mats plus entreprcnanlo que nous. Kllc a eu u^'ec rAniéiique, ]K'nduul ces dernièi'es années, trois grands sujets de coiileslailun : la fi-onliiii-e du Maine, l'Orégon, et le'lVxiis.
filais je ne vois jas qu'elle ait pris, à l'égard des États-Unis d'Amérique, l'attitude qu'on lui supjwse envers nous. Elle a cédé sur la l'rontière du Maine, et tout annonce qu'elle cédera sur rOi-éfon et le Texas.
Il n'y a qu'avec nous qu'un lui attribue rini{iossibilité de cétler; il n'y a qu'avec nous qu'on lui suppose le droit du tenir ce langage roidc, menavaul, dont nous avons vu l'écho, j'^ regret de le dire, dans la corres|Jondauce qui nous a été soumise dernièrement sur les alTaii-es de Mai'uc et de 1 alti. t^tte correspondance, je ne veux pas l'examiner en détail, inaisjc ne puis m'empêcber de la qualiGer et de la déplorer; elle porte l'enqireinte de cette inrériorité, de celte inégalité facliue qui a si singulière ment compromis l'alliance anglaise dans l'esprit du {leuple français. Elle m'a rapiielé péniblement un dernier contraste par lequel je terminerui, cor rien n'est plus instructif que les contrastes.
On a publié récennnent et on u lu dans une séance d'académie (je crois igue c'est noti'c honorable collègue le baron Lupin] une lettre qu'écrivait Louis XIV à son ambassadeur, au sujet de dillicultés seiublubles. Je ne la citerai ps tout
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entière, mais je rae souviens bien de celte phrase, qui mérite d'être gravée dans toutes les mémoires : « Le roi d'Angleterre et son chancelier, disait ce grand ix)i, connaissent bien mes forces, mais ils ne connaissent pas n)on cœur. » Noble parole, bien digne d'un roi, et d'un roi français. Eh bien! aujourd'hui, c'est tout le contraire : le roi d'Angleteri-e et son chancelier, ou ceux qui les représentent dans le monde d'aujourd'hui, ne connaissent pas nos forces; ils ne savent pas lout ce qu'il y a enc( re d'énergie, de fc :re, de vigueur dans cette nation mécontente ; ils ne savent pas tout ce que l'union des partis et des colères refoulées produira dans ce pays, quand il aura cessé de subir l'influence du narœtique que vous lui administrez depuis quatre ans {mouvemeîit) ; mais ce qu'ils connaissent trop bien, c'est le cœur de ceux qui nous gouvernent ! C'est là le secret de leur force et le secret de notre faiblesse. J'en veux au muiistère de le leur avoir livré ; et c'est pourquoi je vote contre sa loi et contre lui. (.I/a?^ ques réitérées d'approbation.)
(Extrail du Blonileur du 6 mars 1845.}
M. le niai'quis de Gabriac répondit à M. le coinle de Monlaleinbert, et soutint que la politique du gouveinenicul avait été digne et bienfaisante tant au dedans qu'au deiiors. 11 termina en disant que si le ministère succouibait sous les erreui*s de Topinion publique exaltée et égarée, sa cbute serait glorieuse, et que Topinion même qui Taurait renvei*sé ne lui ferait pas atten<he longtemps sa réliabililalion.