AVANT-PROPOS. XXIX
liberté, l'idée d'en appeler à la contrainte, au privilège, à l'alliance ou à la faveur compromettante d'un gouvernement quelconque, eût été regardée par nous comme une sorte de sacrilège. Des droits et non des places, disaient alors ceux d'entre les catholiques qui depuis ont renié et insulté notre constance ; ils ajoutaient : Les grandes âmes sont marquées au sceau de la tolérance^ et ils nous exhortaient à tendre la main, comme nous l'avons toujours fait, aux protestants de bonne foi. Avec toute la France de ce temps-là, nous voulions la liberté, non pas, comme d'autres, pour nous aider à chercher la vérité, mais pour nous aider à la défendre. Le triomphe de la vérité par la liberté était l'ambition hautement avouée de nos cœurs. Nous pensions et nous disions fièrement : La vérité a besoin de la liberté, et n'a besoin que d'elle. Nous sentions que toutes les conquêtes sérieuses de la liberté moderne ont profité au catholicisme, et au fond n'ont profité qu'à lui.
Aucune voix ne s'élevait alors parmi ceux qui avaient autorité dans l'Ëglise pour nous contredire ou même pour nous avertir. Aucune ne protestait contre notre confiance absolue dans la liberté , contre nos désaveux formels et perpétuels de tout ce qui pourrait tendre à priver la cause catholique des avantages et des obligations du droit commun. Je le déclare solennellement ici : pendant tout ce grand conflit sur la liberté d'enseignement et la liberté des ordres religieux qui a duré dix ans, au grand jour de la publicité la plus étendue,