AVANT-PROPOS. XXXV
reur, et que rien de ce qui les fait pleurer ou rougir n'eût été possible s'ils n'avaient été d'eux-mêmes le provoquer par un double travail, également empressés à enivrer de leur encens ridicule un maître déjà tout puissant, et à égarer les catholiques par l'extravagance de leurs doctrines. On pourra se taire sur ce passé lorsqu'ils l'auront désavoué, non comme une méprise accidentelle sur un homme, mais comme un système mille fois pire encore que la méprise.
Quand je luttais, à la Chambre des pairs, avec l'assentiment public du clergé et des catholiques, pour la liberté de l'Ëglise, mes collées et mes adversaires ne se faisaient pas faute de m'objecter que j'étais dupe de mon inexpérience, et qu'ils se croyaient tenus de refuser ou de marchander une liberté qui, une fois acquise et complète, serait déniée, comme un péril ou comme un crime, à tous ceux qui n'acceptent point le joug de l'orthodoxie. Je r^imbais alors, avec une bonne foi indignée, contre ce que je croyais une calomnie sans prétexte et sans excuse. Je suis obligé de reconnaître , après la période que nous venons de traverser, que l'objection de nos contradicteurs était fondée et que leur appréhension a été cruellement vérifiée.
Non-seulement la liberté a été reniée, insultée, vilipendée par beaucoup d'entre ceux qui l'avaient réclamée en protestant fièrement qu'ils n'en voudraient pas, si elle leur était accordée à titre de privilège ; mais de plus ils ont béni, acclamé la servitude provisoire qui sem-