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un idéal, peut-être trop élevé» et TavoÂr servi, que de Kavoir ignoré ou trahi. Éclairé désormais sur le degré de syiapathie que la vraie liberté inspire aui niasses démocxatiquea» je n'éprouvQ a^uoe confusion à con* fesser une illusion prêchée par tant de grandes âmes et partagée par tant d'honnêtes gens. Je m'en console en remontant dans le passé, pour y suivre la traînée lumineuse des aspirations magnanimes qui ont animé, de sîède eu siècle, TEftpital, Féœlon, Montesquieu, Turgot, madame de Staël, Chateaubriand^ Casimiir Périer, Royer*Gollard, Tocqueville, presque tous méconnus ou abandonnés par le pouvoir, tous désavoués ou dépassée par la démocratie moderne. Je me range humblement à la suite de cette élite qui , toujours vaincue et disgraciée, jamais anéantie ni découragée, a toujours reparu à travers toutes les phases de notre histoire, a toujours voulu, rêvé, réclamé pour elle et pour les autres une liberté sincère, honnête et réglée. Je reste échoué sur le promontoire où m'avait porté le flot des généreuses croyances de mon jeune temps, et je m'y console du naufrage qui m'a préservé de suivre la marée dtôcendante de l'ingratitude et de la peur.
Nul ne comprend mieux que l'auteur d'un recueil comme celui-ci les inconvénients nombreux de son entreprise et les objections inséparables de toute publication semblable. Essayer de remettre en lumière des polémiques à la fois contemporaines et oubliées.
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c'est braver rinattention du lecteur, c'est provoquer sa froideur et son éloignement. U se défie et se détourne d'une étude qui n'offre ni l'attrait de la nouveauté, ni le prestige d'un passé lointain, et qui semble vouloir l'affubler, comme on Ta dit avec raison, « d'une de ces modes de l'année dernière; que personne n'aime à porter*. »
Toutefois, grâce à la mobilité des impressions du public français, grâce à l'agilité et à l'unanimité des conversions qu'on a vues s'opérer de nos jours, ce passé tout récent est tellement éteint, tellement renié, tellement enseveli dans l'oubli, qu'il peut offrir à quelques esprits curieux et oisifs le genre d'intérêt qui s'attache à une exhumation archéologique. Y déterrer quelques indices de ces luttes qui ont si vivement passionné la France, rassembler ces fragments épars pour reconstruire un coin quelconque de l'édifice oii se concentraient naguère l'attention et la sympathie publique, c'est peutêtre rendre d'avance un service modeste aux investigateurs futurs de nos annales. C'est donc surtout à titre de documents, ou plutôt de renseignements historiques, que l'on a cru pouvoir réunir ces pages empruntées au Moniteur et y joindre quelques écrits destinés à préparer ou à développer diverses opinions produites à la tribune nationale.
Ce ne serait pas sans une souveraine injustice que l'on me supposerait une trop haute opinion du mérite
* Albert de Brogue. Étude sur Armand Carrel.
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de ces productions. Je n'ai eu d'autre intention que celle de recueillir quelques-uns des éléments d'une histoire sincère de l'époque où les débats législatifs et la polémique des partis ont tenu une si large part. Ce n'est pas un monument littéraire que l'on a prétendu élever, cê n'est qu'une collection de matériaux qui peut-être serviront un jour à quelque annaliste curiem. Si la vanité oratoire eût présidé à cette entreprise, elle eût à coup sûr conseillé la suppression de la plus grande partie de ce recueil. L'amour-propre le moins exercé eût jeté un voile épais sur tant de discours et d'opuscules insignifiants, oubliés de tout le monde comme de moi-iûéme, sur ces bégaiements d'une parole inexpérimentée, sur ces jugements d'une naïveté juvénile, sur ces efforts le plus souvent infructueux et consacrés à des questions devenues étrangères ou indifférentes aux générations nouvelles. Ma renommée littéraire, quelle qu'elle soit, aura beaucoup plus à perdre qu'à gagner à cette résurrection trop fidèle de mon passé. Mais j'ai tout laissé tel que je l'ai retrouvé, et cela pour deux motifs. D'abord, par respect pour un régime qui n'est plus, mais que j'ai aimé et servi de mon mieux, et que la France avait semblé identifier avec sa grandeur intellectuelle et sociale. Puis, par le désir de conserver la trace exacte du sillon que pouvait creuser un honnête homme, laborieux et indépendant, dans le champ de la vie publique d'un pays libre.
Tel discours, de nulle valeur en lui-même, pourra