POUCE
les champs, dans les mauvaises routes, dans les ornières, vous diront qu'une voiture dont les jantes ont huit centimètres de largeur suffit même à vide pour la charge d*un cheval dans les pentes fortes, dans les rampes, dans de mauvais chemins, comme il y en aura toujours , quelle que soit la loi que vous fassiez. Si vous voulez que cette voiture ait un chargement quelconque, il en résultera qu'un cheval n'aura pas la force de la tirer. Dans presque toute la France, vous supprimerez les voitures à im cheval , c'est-à-dire la grande ressource des petits propriétaires agricoles , qui , dans la mauvaise saison, lorsqu'ils ne peuvent pas travailler aux champs, emploient leur cheval, au lieu de le laisser oisif dans l'écurie, à faire des transports sur les routes de l'Est.
Je ne demande pas mieux, comme tous les représentants des départements de l'Est, que de voir apporter à ce système de roulage toutes les limitations exigées par la raison. Que l'on arrête surtout cet abus, que M. le directeur général dénonçait avec raison, des longues lignes de voitures se suivant à la file les unes des autres dans les mêmes ornières. Nous serons d'accord avec lui pour adhérer à l'article ultérieur par lequel il est interdit à ces voitures de former des convois de plus de quatre ou cinq voitures. Que l'on introduise ensuite de nouvelles limitations pour le poids ; qu'on limite le chargement de ces voitures à quatre roues, à un cheval et à jantes étroites , au maximum de quinze cents ou de mille kilogramnties (la voiture non comprise), à la bonne heure; mais qu'on ne détruise pas ces voitures elles-mêmes; que l'on ne force pas ces agriculteurs à sacrifier des voitures auxquelles ils sont habitués depuis très-longtemps.
Savez-vous ce qui en résultera? C'est, comme le disait très-bien M. le comte d'Argout, en répondant à un autre système, c'est que les gros ix)ulages auront le monopole des